Dimanche 24 novembre 2013

0 km

Getty Museum

N 34°04,376' W 118°28,264'

259 m

Jour 421 – Getty Museum

Barth : Sunday, and sunny day ! Enfin, après cette semaine pluvieuse… Fanch et Anaïs poursuivent leurs travaux sur le sous-titrage du checkpoint tandis que je m’occupe de lancer une lessive générale. Puis, en fin de matinée, Eric nous emmène au musée Gide, que nous allons visiter plus pour le site que pour les collections qu’il présente étant donné le temps que nous avons. L’édifice date d’il y a à peine une dizaine d’année, perché sur un flanc de colline qui surplombe tout Los Angeles, les nombreuses terrasses pleines de fleurs permettent d’observer l’immensité de la mégalopole californienne. Après avoir bien profité de ce point de vue, nous visitons une exposition de photographies avant de déclarer forfait devant la faim qui nous anime tous les quatre.

Sur le chemin du retour, nous faisons un arrêt chez le glacier « Cool Haus » dont Eric nous vante les mérites depuis notre arrivée. Un apéritif sucré et glacé donc qui à défaut de nous rassasier, fait l’unanimité chez nos papilles. La fin d’après-midi est consacrée à un peu de boulot, quelques mails pour organiser la journée du lendemain, une pizza vite avalée, une sieste incontrôlée avant de repartir avec Nicole qui rentre tout juste du boulot (oui, ici le travail le dimanche ne fait plus débat depuis un bon moment apparemment..) en direction d’une salle de concert pour fêter notre dernière soirée à Venice.

Nous voilà donc au Harvelle’s, une petite salle historique dans le quartier très huppé de Santa Monica où l’on peut assister à des concerts tous les dimanche soirs dans une ambiance cosmopolite et intime à la fois. Quelques bières, du Jazz Noir en live, une atmosphère tamisée, l’effet fonctionne et nous passons une belle soirée immergés dans la nuit californienne. Le retour tardif nous fait passer par un resto Junk Food pour un hamburger d’urgence qu’il faut ensuite digérer en dormant !

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Fanch : Tout d’abord, Eric, notre ange gardien nous propose une visite du fameux Getty Museum, tout le monde accepte sans savoir trop ce qui nous y attend. Nous te faisons donc confiance Eric. L’impressionnante architecture du Getty Museum est posé à flanc de colline ce qui nous offre une vue imprenable sur l’immensité de Los Angeles. De ce point de vue, les hautes tour de Downtown se transforment en château s’élevant au centre d’un royaume de pixels. Seul le pacifique, à l’Ouest, impose une limite à l’urbanisation du territoire. En se tournant vers les trois autres points cardinaux, la ville s’étend comme un empire infini. Ce panorama, non content de régaler mes yeux et mon imaginaire, nous révèle un indice supplémentaire pour que nous puissions comprendre d’avantage la géographie des lieux et la folie dans laquelle nous nous immergeons petit à petit.

La suite se déroule à l’intérieur du musée ou nos pas sont rythmés par le travail du photographe Cubain Abelardo Morell. Ses photographies se situent au croisement de l’esthétique et de la recherche. Morell développe et explore ses concepts le plus loin possible avant de changer subtilement de direction pour ensuite tourner son objectif vers un autre sujet. Son travail illustre pour moi le moment ou la technique épouse le sensible tout en accordant une attention particulière au contexte et au protocole de production. Enfin bref, je vous conseil vivement d’aller y jeter un coup d’œil.

En prévision de la présentation de demain, Anaïs a traduit hier soir notre troisième checkpoint. Elle s’est donc occupée du plus chiant c’est clair mais il me reste à sous-titrer la vidéo et cela occupe un bonne partie de cette fin d’après midi, mais voilà une bonne chose de faite. J’enchaîne sur une rapide mise à jour du carnet de bord, la synchronisation du site doit être effectué avant demain 23h, pour que les publications quotidienne ne soient pas interrompues. Je termine juste à temps car l’heure est à la sortie du dimanche. C’est une belle surprise que nous réserve Eric et Nicole puisque nous nous retrouvons au « Haveller’s » le plus ancien jazz club de Los Angeles. Mes oreilles sont enchanté, mais genoux se plient et ma tête se balance malgré moi, ce soir (comme tout les dimanche) ça joue soul-funk et franchement, à chaque fois que ce genre de style est interprété par des musiciens afro-américains… Ça groove méchamment!

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Anaïs : Une nouvelle journée culturelle nous attend aujourd’hui, puisque Éric nous embarque pour une virée au Getty Muséum. Un complexe culturel colossal qui aura coûté la coquette somme d’un milliard de dollars, crée par Jean Paul Getty, milliardaire ayant « œuvré » dans l’exploitation du pétrole…
J’y découvre avec ravissement et délectation quelques très bonnes expos photos, dont la rétrospective de Abelardo Morell, artiste americano-cubain de 55 ans, connu pour ses formidables expérimentations photographiques avec le procédé de la caméra obscura. Un artiste intéressant et une expo qui l’était tout autant, pour la découpe minutieuse de ses différentes étapes de création. Un processus long et riche, sans cesse alimenté par de nouvelles trouvailles, et des images subtiles et intimistes.

Je découvre un peu plus loin une autre expo photo, « at the window », plusieurs artistes internationaux, réunis autour du thème de la fenêtre en photographie. Des portraits d’anonymes chinois m’attirent l’œil, et le procédé mis en place pour obtenir ces portraits est intéressant. Une artiste chinoise, dont j’ai bien évidemment oublié le nom , a déposé dans plusieurs boites aux lettres un courrier expliquant sa démarche, en gros, ça raconte ça: moi, artiste anonyme, je souhaite que toi, résident anonyme de cet immeuble, tu viennes te placer ce soir devant ta fenêtre de salon, entre telle heure et telle heure, pendant 10 minutes, et je te prendrai en photo. Nous ne nous rencontrerons pas, et c’est ça qui est chouette »…en gros, quoi. Ces portraits étaient intrigants, les gens sont restés 10 minutes devant leur fenêtre, mais sans prendre la pose et sans voir l’objectif, sans savoir quand la photo serait prise. En résulte comme une tension dramatique dans l’expression de ces personnes, mises à nu de leur plein gré dans leur propre chez-eux, leur propre intimité, et comme victimes fatalement de ce voyeur anonyme.

De la nourriture pour notre petit monstre créatif, toujours affamé, ça fait toujours du bien!

La journée n’est pas terminée puisque nous passerons la soirée dans un célèbre club de Jazz de Los Angeles, le Harvelle’s, où nous assistons au concert endiablé du Toledo Show, avec un chanteur proche de l’univers doux-dingue de Screamin’ Jay Hawkins, avec un petit grain à la Tom Waits. Du bon son, très bon même! On en oublierait presque qu’à la fin d’une journée traditionnelle, en général, on va se coucher.

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