Lundi 25 novembre 2013

0 km

Whittier campus

N 33°58,047' W 118°01,962'

113 m

Jour 422 – Whittier campus

Anaïs : Aujourd’hui a lieu la présentation de Geocyclab sur le campus de Whittier. C’est dans une ambiance décontractée que ça se passe, et nous sommes ravis de rencontrer le prof de français Andy qui parle un français époustouflant. Nous rencontrons également, un peu brièvement, un étudiant en philo qui étudie le nomadisme, et avec qui j’échange quelques minutes sur Deleuze. Nous nous reverrons avant de prendre la route car nous sentons que la discussion n’est pas terminée. Mais ça me permet de me replonger dans mes souvenirs et de raviver les écrits de Deleuze dans mon disque dur interne, notamment « mille plateaux », écrit en collaboration avec Félix Guattari, deuxième tome de l’ensemble « capitalisme et schizophrénie », le premier étant l’Anti-Œdipe. Je trouve un écho intéressant en vivant depuis quelques jours à Los Angeles, aux propos développés dans Mille plateaux. Deleuze explore les notions de collectivité sociale, et des changements sur l’individu que cela induit, notamment l’idée de défaire le visage pour devenir comme tout le monde.

« Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde.  » (Mille plateaux)
Je trouve dans le voyage le souffle sacré pour saisir plus profondément la pensée de Deleuze et Guattari, et j’ai bien envie de trouver un exemplaire de mille plateaux pour le feuilleter sur ma route!

Nous finissons la journée chez David, le prof d’arts, et sa fille Élizabeth, qui nous accueillent comme des membres de la famille dans leur chaleureuse maison perchée sur une colline, offrant un spectacle époustouflant, sous nos pieds, le ciel et la mer se sont inversés. Un océan de lumière sert de socle à une nuit noire comme de l’encre. Nous reviendrons, oui, hein, dis, on reviendra, hein!

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Fanch : C’est parti, on déménage. La disponibilité d’Eric nous permet de joindre le campus de Whittier en pickup. Ce n’est pas que j’affecte particulièrement ce genre de transport mais il est clair que d’une part, ce trajet nous fait gagner une journée et sans doute faut-il préciser qu’ici, les routes sont à l’échelle de la ville, énormes! De véritables autoroutes (freeway) à 10, 12, parfois 14 voix traversent L.A., ce petit coup de pouce nous permet donc d’éviter de prendre trop de risques inutiles.

Nous arrivons donc chez notre ami, le professeur Howard. Nous saluons Eric que nous retrouverons jeudi prochain à l’occasion de Tanksgiving, puis prenons place dans nos nouveaux appartements.

Nous ne tardons pas à faire route vers le campus de Whittier ou nous sommes attendu pour de présenter notre projet. L’ambiance est détendu, l’accueil dans la résidence « Garette House » se fait à coup de sourires, de café et de cookies. Rapidement nous faisons la rencontre d’Andrew, professeur de français, avec qui nous avions échangé quelques mails peu de temps auparavant. En plus d’être parfaitement bilingue, il maîtrise le sujet de l’Open Source puisque qu’il s’intéresse de très près à Arduino. Il sera bien plus qu’un interprète.

On compte une petit vingtaine de personnes dans le salon, parmi elles, des étudiants, enseignants mais aussi des amis venus par simple curiosité. Notre intervention se déroule sans accro, nous sommes de plus en plus à l’aise avec notre sujet (c’est une bonne chose) mais je tiens à précisé que la fluidité de notre discours découle de l’engagement du public et de la qualité des traductions d’Andrew. Ce fut donc un immense plaisir de partager ce moment dans de telles conditions.

Nous prenons une petite respiration de quelques minutes chez le professeur avant de gravir la colline voisine pour répondre à l’invitation de David, enseignant au département Art de l’université de Whittier. Isolée de folie humaine, sa demeure se situe sur les hauteurs de L.A. Nous arrivons de nuit et le spectacle qui s’offre à nous est tout simplement fantastique. Les étoiles couvrent le sol d’un tapis de lumières s’étendant au delà de l’horizon. Si la mégalopole ressemble de jour à un champs de bétons, de nuit elle se dévoile bien plus poétique, je dirais même scandaleusement poétique tant les dépenses d’énergie semblent ne pas poser questions.

Enfin bref, nous ne sommes pas ici pour compter les lucioles mais pour partager un dîner. David nous présente à sa fille Elisabeth et l’apéro est servi sur la terrasse, dans la fraîcheur du soir. L’ambiance est détendu « please, just relaxe » lance David. Le cadre est incroyable et nos hôtes d’une gentillesse sans limite. Je reste cependant frustré de ne pas parvenir à m’exprimer de façon convenable mais pas au point d’être désespéré. Nous parlons « boulot », David et le professeur Howard semblent tout deux avoir particulièrement apprécié notre petite conférence et il est probable que ce court passage à Los Angeles soit suivit d’un second épisode. Je ne sais pas encore bien sur la forme que cela prendra mais étant donné l’enthousiasme que montre David à cet égard je me réjouis d’avance. Le repas se termine un étage plus haut, pour une session haïku méditation. « Just relaxing ».

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Barth : Le réveil n’est pas très frais suite à la soirée d’hier et la matinée n’est pas de trop pour finir de boucler nos bagages et de tout charger dans le pick-up d’Eric. Nous sommes sensés faire la synchronisation du site aujourd’hui, mais la bousculade du déménagement compromet pas mal ce programme.. Une petite heure de route pour rejoindre la maison de Les de l’autre côté de Los Angeles et nous disons au-revoir à Eric que nous reverrons jeudi pour Thanksgiving. Nous avons un peu de temps avant la présentation, le temps de déjeuner avec Les, de rejoindre le campus et d’attendre un peu devant Garret’s house, la maison de Jenny.

Un peu avant quatre heures, les invités commencent à arriver. Je règle tant bien que mal la vidéoprojection du checkpoint sous-titré par Anaïs et Fanch et nous sommes prêts ! Les nous présente rapidement et c’est ensuite Andrew, professeur de français sur le campus qui nous aide à traduire nos propos et les questions des spectateurs. La présentation dure une bonne heure, devant un auditoire d’une vingtaine de personnes très intéressées, et la conversation se poursuit un peu après en dégustant quelques cookies et une tasse de café.

Je suis un peu perturbé car je viens de me rendre compte que j’ai perdu mon iPod, donc mes derniers écrits, ce qui repousse encore un peu la synchronisation du site. J’envois un message à Eric pour m’assurer qu’il l’a bien retrouvé dans sa voiture comme je l’imagine et nous quittons le campus pour aller dîner chez David, le professeur d’Arts Plastique que nous avions rencontré lors de notre première visite ici…

David habite une immense maison perchée sur les hauteurs de Whittier, ancien bar clandestin caché dans la pampa pendant la prohibition. La petite route sinueuse que nous empruntons pour y aller nous laisse entrevoir le spectacle irréel des lumières de la ville à perte de vue. Nous sommes reçus comme des princes par David et sa fille Elisabeth. Apéro au vin rouge sur la terrasse en bois qui nous permet d’admirer le paysage nocturne, dîner au coin du feu, discussions sur l’art et tant d’autres choses, une soirée féerique qu’il nous est difficile d’interrompre. Le retour est un peu compliqué dans le dédale de petites routes qui relient les villas du quartier mais nous finissons par retrouver notre route et rentrer chez Les pour une nuit de sommeil bien méritée.

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