Mercredi 27 novembre 2013

0 km

Maison du professeur

N 33°58,486' W 118°02,138'

97 m

Jour 424 – Maison du professeur

Fanch : Tout en sachant qu’il prendra connaissance de cette article, je me permet tout même de parler un peu de notre hôte, que dans mes écrits, j’aime à surnommer « le professeur ». Les, ou encore Leslie Laurence Howard.

Dès notre première rencontre (aussi courte fût elle) à Tijuana, le professeur s’était montré curieux et intéressé à l’égard de notre aventure. Et je fut marqué tant il est rare de croiser une personne de cette expérience concerné à ce point par notre sujet de recherche. Sa réactivité quand il apprit notre passage à Los Angeles nous avait alors donné l’espoir de l’y croiser et d’approfondir d’avantage cette belle rencontre. Quelques jours plus tard, nous habitons chez lui.

Les Howard se définit lui même comme un grand flâneur. Mais cette flânerie n’est à mon sens qu’un prétexte apparent pour observer le monde avec des yeux d’enfant passionné et c’est sans doute ce qui fait tout le charme de personnage. Franchement, qui a-t-il de plus intéressant que la présence d’une personnalité exalté par la vie qui l’entoure? Notre promenade du jour, dans un supermarché chinois illustre parfaitement ce que j’essaie d’expliquer. Nous ne sommes pas ici pour le shopping, le professeur nous guide en ces lieux pour nous dévoiler un pan de ce qui fait la richesse culturelle de Los Angeles. Un super-marché, c’est bien le dernier lieu que j’aurais visité, mais en sa compagnie, c’est un peu différent. Malgré lui le professeur me pousse à faire abstraction de ce qui d’habitude m’insupporte et à appréhender cet endroit comme un véritable phénomène social… Et j’y prends goût! Aussi, je le regarde observer avec un œil aiguisé l’agitation ambiante, ce que j’admire le plus chez cet homme, c’est définitivement sa capacité à s’émerveiller du quotidien.

Je ne parlerai pas de sa salade de fruit, de son café serré et de l’importance qu’il porte au « breakfast », je préfère laisser ce plaisir à Anaïs (elle le fera probablement mieux que moi). Mais le professeur est un bon vivant, il aime la bonne bouffe, le bon vin, le chocolat quand il est bien noir. Je crois aussi qu’il affecte autant que moi les histoires, la bonne musique, les voyages et les chapeaux, mais probablement plus que tout, il aime les livre (sa maison est un bibliothèque) et est addicte au « news paper ».

Ce matin, alors que nous étions tous le nez sur les écrans, j’entends un « wonderfull ». Alors que nous levions tout les trois la tête pour en savoir un peu plus l’origine de son enthousiasme, il nous dit avec un grand sourire, « j’ai hacké mon téléphone pour économiser de la batterie et ça marche! »
Enfin bref, inutile de préciser que cette rencontre est un privilège dont je me régale, sa compagnie est un honneur et tout cela sans compté son extrême générosité et son sens de l’humour incomparable. J’aurai l’occasion de te le redire Les, mais en attendant, thank you very much professeur, thank’s for all!

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Barth : Je n’ai pas assez dormi mais nous avons décidé de nous lever tôt pour anticiper la coupure de courant annoncée pour travaux pendant la matinée. Après un copieux petit déjeuner, Les nous emmène au « The Coffee Bean & Tea Leaves », un café où il a ses habitudes et nous pouvons travailler sur ordinateur sans problème. C’est l’occasion d’avancer dans la future mise à jour du site qui est toujours reportée tant que je n’ai pas remis la main sur mon iPod… Je surprends Les en pleine lecture de notre carnet de bord sur le site et il m’explique que malgré ses difficultés à s’exprimer oralement en français, il a toujours eu l’habitude de lire »Le Monde » sans aucune gène ! Nous voilà prévenus, pas intérêt à raconter n’importe quoi dans les jours qui viennent…

Vers midi, Phil nous rejoint au café pour nous montrer le vélo que sa fille veut vendre et qui pourrait peut-être faire l’affaire pour Anaïs. Tout compte fait il paraît un peu petit mais on se garde l’option sous le coude si on ne trouve pas mieux… Il est temps d’aller manger un morceau, direction le nouveau quartier asiatique à l’Est de Los Angeles pour une immersion dans un monde parallèle. Sandwich saïgonnais dans une baguette française, visite d’un supermarché chinois où nous faisons quelques emplettes pour le dîner du soir, il ne m’en faut pas plus pour accuser un méchant coup de barre et m’endormir avec la tombée de la nuit dans la voiture de Les. À mon réveil nous sommes arrivé à l’observatoire de Los Angeles, lieu très fréquenté par les famille en cette veille de Thanksgiving et où, à défaut d’admirer le ciel étoilé nous profitons du panorama sur DownTown et toute la mégalopole à perte de vue. Cela ressemble assez à notre point de vue de chez David lundi dernier mais nous sommes vraiment plus près de la ville ici, impressionnant !

De retour chez Les, après une petite heure de route, Fanch prépare un tajine que nous dégustons en discutant de tant de choses qu’il m’est impossible de tout résumer ici. Les est vraiment un sacré personnage, pas vraiment voyageur au sens nomade du terme, il a néanmoins vécu dans différents pays d’Afrique, d’Asie ou au Mexique, et sa curiosité n’a d’égal que sa patience et sa générosité. Nous ne sommes pourtant pas sur le point de partir mais je sens déjà que les aux-revoir vont être durs avec notre ami. Je ne peux m’empêcher de repenser à certains professeurs durant mes études, assez peu conformistes pour laisser la passion de leur métier sortir de la salle de cours à l’occasion de quelques dîners inoubliables…

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Anaïs : Ce matin nous sortons en ville pour un petit-déjeuner studieux dans un café. Phil, un ami de Les nous rejoint pour m’apporter en vélo que son fils veut vendre mais qui est trop petit pour moi et en trop mauvais état, une fausse joie donc, mais je finirai bien par en trouver un ailleurs! Mais c’est quand même sympa d’avoir pensé à moi et d’avoir voulu participer! S’ensuit une nouvelle journée de visites à travers Los Angeles avec Monsieur le professeur pour guide. À 73 ans je me demande où il va chercher cette énergie et nous sommes sur les rotules en rentrant à la maison!

La soirée instaure un nouveau rituel à base de dégustation de Porto et de chocolat noir, nous discutons de Truffaut, Godard, Fellini et autres géants du cinéma, en compagnie d’un amateur averti. Je pense à la strada, à la Dolce Vita, à 8 et demi, à Amarcord, à tous les films de Fellini à la douce exubérance, je pense à la jeunesse en Inde de Les et tout cela se mélange pour créer un nouveau film.

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