Vendredi 6 décembre 2013

60 km

Malibu

N 34°00.941' W 118°49,238'

7 m

Jour 433 – Malibu

Barth :Le froid nous a empêché de bien dormir et le réveil est un peu dur. Des ouvriers mexicains nous font comprendre que nous les genons pour qu’ils puissent déplacer leurs engins, nous ne traînons donc pas à lever le camp. Pause dans une station service pour un petit déjeuner et un café chaud qui fait du bien après tout ce froid et nous enchaînons la route entre montagne et océan. Partout de splendides propriétés se laissent entrevoir, accumulées le long de l’océan dans des quartiers privés ou perchées dans les hauteurs… Nous faisons halte sur une petite plage plantée de sycomores au pied d’un des nombreux canyons qui débouchent sur la mer, histoire de manger un morceau avant d’avaler les derniers kilomètres de la journée. C’est le début d’un paysage enfin naturel, sans construction, mais de courte durée car nous débouchons ensuite sur une immense plaine et la route nous éloigne d’un coup de la côte. Après avoir longé une immense base militaire nous traversons une zone agricole où les panneaux « danger pesticides » rivalisent avec les « buscas trabajo » s’adressant aux travailleurs immigrés venu du Mexique et d’Amérique latine. Le même tableau qu’en Espagne ou dans les vignes française avec les travailleurs d’Afrique du nord…

Il fait bientôt nuit, et les derniers kilomètres jusqu’au supermarché sont un peu durs. Nous trouvons de quoi manger et une sorte d’alcool pour faire fonctionner le réchaud avant de rejoindre la citronneraie que nous avions repéré pour passer la nuit. Le dîner est chaud mais le fond de l’air est froid et humide, à 19h nous sommes au chaud dans les tentes pour un peu d’écriture avant de dormir… Vivement la nature, la vraie, où on pourra faire du feu sans peur du propriétaire !

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Fanch : Mon sommeil à été plus fort que le froid. Ce ne fut apparemment pas le cas pour mes compagnons. C’est le jardinier qui me sort de mes rêves ce matin, il me glisse d’un ton gêné qu’il à besoin de sortir la remorque et qu’il faut que nous décampions sans traîner. C’est presque parfait, juste 5 minutes avant que mon réveil ne sonne.

C’est donc de cette manière et sans regrets particuliers (excepté le rendez-vous loupé avec Pamela) que nous faisons nos adieux à Malibu. Nous roulons encore quelques kilomètres entre de luxueuses villas, généralement bien gardées avant de découvrir un littorale plus sauvage avec les falaises à notre droite, le Pacifique à notre gauche. Nous avançons à rythme soutenu, une bonne trentaine de bornes sont avalées avant la pose déjeuner. Trente bornes ce n’est pas énorme mais pour Anaïs c’est un bon début. Nous continuons à longer la côte jusqu’au moment de se trouver nez à nez avec une autoroute traversant une base naval, impossible d’aller tout droit, il nous faut la détourner. Anaïs commence à fatiguer, et il nous faut pousser jusqu’à Camarillo, la prochaine ville pour y acheter un peu de nourriture, nous n’avons pas d’autres choix. En pénétrant vers l’intérieur, le paysage se transforme en vaste terrain agricole, vaste, plat et sans grand intérêt pour le regard. Sur certaines passerelle, c’est la saison des récolte et je ne suis pas surpris d’y croiser essentiellement (pour ne pas dire totalement) des travailleurs d’origine mexicaine… Le schéma se répète. Nous trouvons finalement de quoi nous ravitailler et à défaut d’avoir trouvé mieux, champs de citronniers au cœur duquel nous planterons nos tentes.

Camper sur une propriété de ce genre (privée) comprend toujours quelques risques, surtout quand elle se situe juste en face de la maison du shérif, mais franchement, c’est le meilleur plan dodo que nous ayons trouvé pour ce soir. Il nous faut juste savoir être discret et espérer que le propriétaire, s’il nous tombe dessus, ne correspondra pas aux critères du stéréotype du fermier américain, aigris, à tirer sur tout ce qui bouge. Enfin, les citrons n’ont pas l’air mûrs, nous ne serons probablement pas dérangés, qui peut bien se douter que trois voyageurs campent au milieux du verger… Je vais pouvoir dormir serein, j’espère!

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Anaïs :Gast, ça caille ici la nuit… On m’avait point prévenu… La différence de température entre les journées ensoleillées et les nuits est quelque peu déstabilisante.

Aujourd’hui, je préviens les gars assez tôt que je me sens pas assez en forme pour faire plus de 40 kilomètres, bon allez 45 dernier carat… Mais certainement pas 60, disais-je alors innocemment. Aujourd’hui, on a fait 60 kilomètres ! Même pas mal! Enfin si un peu, mais quand même! Je deviens sportive! Ô capitons ennemis, craignez la colère de la sportive! Ô bourrelets disgracieux, préparez vous à souffrir, un long chemin de croix cyclabique vous attend…