Mardi 10 décembre 2013

30 km

San Marco Pass

N 34°31,907' W 119°50,610'

468 m

Jour 437 – San Marco Pass

Anaïs :C’est aujourd’hui que Jack nous quitte! Avec ses jambes de droïde, il grimpe la montagne comme si la gravité était inversée… On essaie même pas de le suivre, et on préfère lui dire au-revoir en bas de la longue côte qui nous attend. Une dernière photo souvenir, et pouf, disparu le petit Jack!

Nous nous tapons une étape de vraie montagne, le haut est à environ 1000 mètres d’altitude, le bas à 0, et la route qui sépare les deux longue d’une dizaine de kilomètres… Je vous laisse calculer le dénivelé, moi je préfère pas savoir!

Mais bon, fatalement, après la montée vient la descente…
🙂

IMG_7047IMG_7059
P1020606P1020611

Barth :La nuit n’était pas si froide, mais le petit déjeuner à l’ombre du sous-bois ne nous réchauffe pas franchement. C’est donc transis par le froid que nous attaquons les dix kilomètres d’ascension pour rejoindre le lac de Cachuma, objectif du soir. Pour ma part je n’en mène pas large, la fatigue accumulée et le premier coup de chaud en pleine montée me fait perdre l’équilibre et je m’étale sur le bitume le pied accroché à ma pédale sous le regard étonné de deux voitures qui me suivaient. Plus de peur que de mal mais j’ai compris la leçon et finis la grimpette à pied en poussant ma bécane. Jack qui est beaucoup plus rapide et léger que nous décide de foncer devant, nous nous disons donc au-revoir dans un des lacets de la petite route que nous suivons. Ce fut vraiment un plaisir de partage ces quelques jours de pédalage, de froid et nouilles chinoises ! A la revoyure Jack !

Enfin le silence et la nature, ou presque car il y a toujours quelques pick-up qui croisent ou doublent notre lente ascension. Un peu après midi, c’est enfin le sommet et nous prenons le temps de nous faire chauffer un café en grignotant sur le point de vue aménagé qui ne donne pas sur grand chose vu l’épaisseur de la végétation. Ensuite la descente vers le lac se fait à toute allure et nous arrivons sur les rives bien avant le coucher du soleil. Là encore les propriétés, ranchs et autres barbelés nous empêchent de trouver un bivouac sauvage et nous nous rabattons, une fois n’est pas coutume sur un camping à 5 dollars…

Une douche chaude après une semaine sans se laver, ça reste quelque chose de magique, et malgré l’interdiction de ramasser du bois dans le parc et refusant de payer 7 dollars pour quelques bûches, nous glanons de quoi faire notre premier feu américain et dînons sans trop ressentir le froid sec qui est tombé avec la nuit. Sur ce, au lit !

IMG_7052IMG_1335

Fanch : 7h, je fait des abdos dans ma tente pour me réchauffer, les réveils sont de plus en plus froids. Je n’arrive pas à mettre la main sur mes gants (un comble!) depuis que j’en ai besoin… La vie de nomade n’est pas toujours facile, mais bon, le simple fait de tenir un gobelet de café chaud réconfort. C’est donc dans notre sous bois que nous petit déjeunons, le gardien du parc passe sous notre nez sans même nous apercevoir. Je continue à me remplir le ventre, l’étape du jour sera sportive.

Au programme, un ascension de 800 mètres qui commence… Maintenant. L’avantage quand ça grimpe, c’est que le corps se réchauffe à chaque coup de pédale. À 350 mètre d’altitude, il est temps pour Jack de faire route en solitaire, notre rythme le retarde. Une dernière photo de groupe, puis nous nous disons adieu avec le Pacific en arrière plan. Vas-y Jack, nous ne t’oublierons pas de si tôt, ta compagnie fut un honneur…

Il est parti.

C’est raide, très raide mais les paysages que dévoile la hauteur me donne la force de continuer. Je prends le temps et m’arrête régulièrement quand mon cœur s’emballe. Malgré tout, on peut dire que le plaisir est au rendez vous. Anaïs s’accroche et tient bien la marée, en revanche pour Barth, c’est plus compliqué car il accumule la fatigue depuis un certain temps et une chute lui brise le moral.

Notre objectif est d’atteindre le lac Cachuma Pour y passer la nuit. On s’en approche petit à petit, chaque coup de pédale nous fait avancer et nous atteignons enfin le col. Un autre paysage se dresse alors devant nous, un ruban de montagne se dévoile et la fin d’étape nous attends 500 mètres plus bas. Pas vraiment en fait, j’avais tendance à idéaliser la situation puisque que trouver un lieu pour bivouaquer s’avère plus compliqué que je ne l’imaginais. La plupart des terrains non accidenté sont privés et bien sur encerclés de barbelés. On peut régulièrement lire sur les panneaux gisants à l’entré des propriétées « keep out » littéralement traduit par « restez dehors ». Mouai, c’est pas très sympa tout ça. On tente notre chance à l’entré d’un ranch, sans succès. Avec une réel fatigue dans les pattes, la solution camping paraît être la meilleur. Les prix dérisoires et la perspective d’une douche chaude finissent par nous convaincre. C’est décidé, nous dormirons là ce soir.

IMG_1356P1020622
IMG_1391IMG_1380