Lundi 12 novembre 2012

0 km

San Sebastian

N 43°18,893' W 2°00,464'

30 m

Jour 44 – San Sebastian

Barth : Après une bonne nuit au sec dans le dortoir, le petit déjeuner se passe en compagnie de Manolo, un espagnol indigné qui vient d’Italie à vélo par le chemin de Saint Jacques. Ce petit homme bavard s’est fait renversé par une voiture il y a quelques années, et vit depuis comme si chaque jour était le dernier. Parmi le flot de paroles qu’il n’arrète pas de débiter, une formule revient souvent : « Liberté, fraternité, gratuité » suivie d’un éclat de rire !

Nous avons décidé de passer une seconde nuit à l’auberge. Je passe la journée à faire du montage vidéo pour rattraper un peu le retard accumulé depuis notre départ il y a plus d’un mois. Vous pouvez retrouver le montage de la fabrication des canstoves que nous avions fait chez Aurore et Julien… Pendant ce temps, Fanch et Fanchic font des courses et révisent un peu les vélos en prévision de la montagne qui nous attend… Le temps file vite devant l’ordi. Installé dans la salle principale de l’auberge j’ai un peu de mal à me concentrer au milieu des discussions incessantes de l’équipe de ménage. Plus tard dans la journée, je vois arriver au compte gouttes d’autres voyageurs, pélerins de St Jacques ou cyclistes tout comme nous. La soirée de boulot se termine après minuit malgré la fatigue.

Fanchic : Manolo me rattrape dès le petit dèj, dur dur. Pour ce qui me connaissent j’ai une mise en route matinale plutôt austère, quasi mutique même. Aujourd’hui, c’est direct le cerveau en ébulition pour déchiffrer la loghorré insatiable de Manolo.

J’arrive à m’éclipser pour faire provision de plaquettes de frein. Je suis assez fier de moi, car en 5 minutes elles sont installées. La suite de mon épopée mécanique sera moins glorieuse… Je passe 3 heures avec Fanch sur le nettoyage des chaînes et le réglage des dérailleurs. C’est fastidieux et notre stratégie n’est pas optimale. On commence par faire le pire puis on galère en tâtonnant pour retrouver le réglage d’origine.

Le soleil se couche, j’ai atteint mon seuil de tolérance mécanique. J’ai qu’une envie, shooté dans cette enfoiré de dérailleur. Mais l’essentiel est là, la mécanique ne fonctionne pas mieux, mais fonctionne encore…

Fanch : Journée travail. A l’ordre du jour:

  • Il y a du montage vidéo à rattraper. 5 vidéos exactement dont 2 ont été montées, une bien entamée et 2 restent à travailler.
  • Mise en page des 9 derniers articles.
  • Réparation des vélos, nettoyage et graissage des chaînes, révision des freins et dérailleurs car demain quelques belles côtes sont en perspective.
  • Tris et archivage des enregistrements sonores.
  • Mise à jour de notre collection d’objets.
  • Atelier d’électronique en vue de notre première installation sonore et lumineuse.

Nous ne manquons pas de travail… c’en est presque vertigineux. Nous commençons sérieusement à reconsidérer notre protocole de production. Il faut que nous prenions d’avantage en compte les contraintes liées au déplacement, à la météo, à l’énergie électrique sans oublier les facteurs temps et fatigue.
Il est 1h30 quand nous nous couchons enfin, après une journée presque trop remplie.