Jeudi 19 décembre 2012

40 km

Carmel

N 36°32,710' W 121°55,071'

33 m

Jour 446 – Carmel

Anaïs : Bon OK, j’ai un corps. Là il me hurle un truc, j’entends plus rien d’autre: ARRÊTE DE PÉDALER! C’est mon genou, il est pas content. Il me dit quelque chose du genre: « plutôt que de faire 1000 bornes en 3 semaines une fois par an, essaies d’étaler sur l’année la prochaine fois… »

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Fanch : La pluie de ce matin m’aide à me lever du pied gauche. Mais la véritable responsable de cette mauvaise humeur, c’est certainement la fatigue et je m’en rendrai compte dès mes premiers coup de pédales. Le vent se mêle de la partie ce qui à pour effets positifs de chasser les nuages et de sécher ma toile de tente en dix minutes, c’est pas mal mais s’il voulait bien souffler dans l’autre sens, je lui en serai reconnaissant.
Sur la route de Monterey, je m’accorde une longue pause à la réserve de « Point Lobo » à la fois pour refaire le plein de calories mais aussi pour une petite ballade sur cette côte qui il faut bien l’avoué rabaisse la Pointe du Raz ou le cap de la chèvre à une catégorie inférieur. Enfin, je ne me lasse pas d’observer les otaries surfer dans une mer agitée.

Mes jambes sont lourde et flemmardes, la fatigue ne me permet pas de pousser jusqu’à Monterey comme je l’aurais souhaité. je m’arrête un peu avant, dans une ville nommé Carmel. Je n’ai rien de particulier à dire concernant cette petite zone urbaine excepté qu’elle m’à donné du fil à retordre pour y trouver un lieu de bivouac à l’abri des regards indiscrets. Je découvre un petit coin dans parc publique qui devrait convenir. Interdiction de camper, de faire du feu, de fumer et de passer en vélo. Je note les coordonnés GPS et vais me connecter au Starbuck (aucune réponse positive à mes demandes de couchsurfing, il me faut en contacter d’autres) en attendant que la nuit me permette de m’installer.

C’est vraiment pas simple le bivouac en Californie et s’en est parfois très énervant. En ville je vieux bien comprendre (et encore) mais, même au milieu de nul part, dormir en mode « sauvage » relève du vrai défi. J’aime ça les défis mais à la longue de devoir se cacher, cela devient usant. Depuis que nous roulons aux States, nous avons adopté malgré nous le statu de sans-abris (avec souvent les regards qui vont avec) et nous campons illégalement, c’est fou non? À chaque fois que nous plantons notre tente nous risquons une amande de 200$. Dormir n’est donc pas un droit, ici (comme en France) dormir n’est pas un droit… Ça craint…

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Barth : Deuxième journée de montagne avec pour ma part un mal de crâne épuisant que j’attribue aux fumée d’eucalyptus de la veille. Le ciel bleu se laisse entrevoir mais le vent rend notre avancée difficile. Enfin, un peu après midi, le soleil est de retour pour une pause déjeuner près d’une source où je prend le temps de faire un micro-lessive. Le paysage se laisse enfin admirer mais la fatigue du jour précédent se fait sentir. Peu avant la nuit, une voiture s’arrête pour nous demander une rapide interview pour une revue norvégienne spécialisée dans les voyages. Un peu de pub pour Geocyclab ça ne peut pas faire de mal mais il nous faut avancer encore pour trouver un endroit où planter la tente ce qui n’est vraiment pas évident car les seuls endroits où le dénivelé permettrait un accès sont généralement de magnifique propriétés avec villas suspendues sur la falaise. Le genou d’Anaïs grince un peu, nous allons nous faire piéger par la nuit sur cette route de montagne quand enfin nous trouvons un petit terrain libre, à l’abri des sapins, et qui doit régulièrement sauver la mise de voyageurs tels que nous si l’on en croit le nombre de traces de feux et de tentes. Nouilles chinoises et au lit !

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