Dimanche 22 décembre 2013

0 km

Watsonville

N 36°54,738' W 121°45,672'

10 m

Jour 449 – Watsonville

Anaïs : Retour en terre cimentée et super-marchée. Il va me falloir quelques jours pour retrouver un visage de femme du monde. Ça fait combien de temps déjà que j’ai pas pris de douche?

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Barth : Après avoir vite levé le camp, nous filons directement jusqu’à la zone commerciale qui se cachait à quelques kilomètres de là, pour y trouver un café, une connexion, et de quoi remplir dignement la sacoche destinée aux denrées alimentaires qui agrémentent notre quotidien. Nous sommes à l’entrée de Monterey, première grosse ville depuis San Luis Obispo et en traversant cette zone urbaine, la sensation est étrange, de retrouver un décor déjà vu et revu cent fois plus au sud, et de savoir qu’il faut avancer encore, même si la nuit est en train de tomber, pour trouver un coin discret pour monter la tente… Nous revoilà en terre civilisée…

Le seul espace un peu sauvage que nous finissons par trouver sont les immenses dunes qui séparent la highway de l’océan. le vent souffle pas mal, il ne fait pas chaud, mais la tente à l’air de tenir dans le sable et les nouilles chinoises sont cuites et avalées en pas trop de temps.

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Fanch : Je me sens bien ici et décide sous l’influence et les encouragement de Peter de rester 24 heures supplémentaires. Je ne suis pas extrêmement pressé et cela s’avère être un bon argument pour me laisser tenter. En fin de matinée, il m’embarque dans ce qui pourrai s’apparenter à une tournée des bars mais à la place des bistrots, nous allons de maison en maison, chez le frère, chez le cousin, chez la frangine, chez un pote et à chaque fois, le shot de tequila est offert, petit cadeau de bienvenu qu’il serai mal vu de refuser, tradition oblige.

Nous faisons également un saut au ranch familial que son père à fait construire il y a plusieurs décénies. C’est ici, alors que je ne m’y attend pas, que Peter décide de se confier un peu plus. Il me parle de sa famille, de la fortune amassé par son père grâce aux bénéfices de la drogue, du milieux dans lequel il a grandit et dans lequel il évolue encore. Il me fait part de conflits et de certaines histoires que je suis étonné d’apprendre d’une manière si naturelle. Je ne peux pas rentrer dans les détails mais, malgré les visages souriants que j’ai croisé jusqu’à là, il semble que tout ne soit pas rose, vraiment pas.

La journée se termine chez une autre frangine de Pedro pour un petit barbecue entre pote. La Bud light est dans le bac à glaçons, le poulet au chili crépite à la chaleur des braises, alors que le soir tombe, ça commence à sentir bon. Peter qui ne se lasse pas de cet exercice, fait les présentations. J’apprends rapidement que La moitié des invités sortent de prison, ils l’assument ouvertement et c’est avec une certaine fierté qu’ils exhibent les tatouages témoignant de cet épisode. J’avoue ne pas être très à l’aise mais il semble que ma présence ne dérange pas, peut être même qu’elle amuse, je suis clairement identifié comme le français sympa mais un peu taré qui fait le tour du monde en vélo. Ça passe bien. Silencieusement, je me détends en croquant dans une cuisse de poulet. La curiosité de connaître davantage chacune de ces personnes est bien présente mais malgré cela, en acceptant l’invitation de ce soir, j’ai le sentiment d’avoir pris des risques inconnus que je préfère ne pas prolonger. Je partirai donc demain matin.

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