Mardi 13 novembre 2012

50 km

Deba

N 43°17,905' W 2°21,391'

2 m

Jour 45 – Deba

Fanchic : Que dire… C’est dur, mais c’est beau. Le corps souffre mais j’apprécie. Super, le masochisme me gagne!!! Le sadisme c’est pour quand?

Barth : Je n’ai pas bien dormi du tout cette nuit, énervé par les longues heures d’ordinateur de la veille et je me sens presque plus fatigué qu’en me couchant… Pour commencer la reprise du pédalage, un petit col à presque 400 mètres qui me casse au bout de 2kms à peine. Le temps est radieux mais le soleil qui chauffe un peu dans les montées ne suffit pas à éviter le coup de froid dans les descentes. Il va falloir s’y faire, c’est la première fois qu’on fait de la montagne mais sûrement pas la dernière.. Fini le rythme de croisière à 20km/h sur du plat, place aux ascensions à 7 km/h et aux descentes qui frisent les 50 km/h avec les mains crispées sur les freins !

Au bout d’une vingtaine de kilomètres nous arrivons juste à temps à Zarautz pour faire quelques courses. S’ensuit un pique-nique devant la plage avec pour changer en spectacle : des surfeurs.. Je manque de m’endormir sur place mais il faut avancer encore. Le long de la corniche j’ai le temps de réchauffer mes pauvres muscles en admirant le paysage grandiose de la côte nord de l’Espagne. Mais bientôt un nouveau col interminable engloutira mes dernières forces. De nombreuses pauses permettent finalement d’abattre les 30 derniers kilomètres de la journée, dont une où nous nous laissons doubler avec Fanch par un attelage de bœufs tandis que Fanchic nous attend au sommet. Une dernière descente jusque Deba, et nous nous installons pour la nuit dans un terrain de pelote basque couvert. Le vent est glacé et ivre de fatigue je m’écroule au lit à 20h… Dure la reprise !

Fanch : Ce que nous appréhendions arrive enfin. Dès le départ, une colline se dresse devant nos mollets encore froids. Une côte de 8 km nargue notre petite condition physique.  Mes membres inférieurs me brûlent, et mon cœur expulse violemment des litres et des litres de sang dans les veines de mes tempes. L’effort est intense pour un novice de mon espèce n’ayant pas assez dormi la nuit précédente. Je regarde Barth, son visage le trahi, ça coince, il n’est pas au plus haut de sa forme… mais cela ne empêchera pas d’atteindre le sommet, non sans satisfaction. D’ici,  l’océan nous salue, les montagnes se moquent, et nous admirons cette nature qui vient de nous faire souffrir. Et puis il faut redescendre pour ensuite remonter et ainsi de suite… Les lacets zigzague entre terre et mer, le dépaysement s’accentue et malgré une douleur physique réellement présente, le plaisir est au rendez vous.