Jeudi 15 novembre 2012

65 km

Route de Bilbao

N 43°21,476' W 2°31,416'

139 m

Jour 47 – Route de Bilbao

Fanchic: Quand j’annonce le parcours aux espagnols, la réponse spontanée est quasi invariable: « Jooooooooooooder ». Ma traduction personnelle donne un peu près « nom de dieu de bordel de merde! vous êtes tarés?!!!! ». Google traductor ne sera sans doute pas d’accord, mais à observer leur tête je dois avoir raison.

 

Barth : Enfin une vraie nuit de sommeil ! Je suis debout avant le lever du soleil et je me sens d’attaque pour les 60 kms jusque Bilbao ! Un premier col pour commencer suivi d’une longue descente jusque Gernica où nous prenons un café dans le centre ville avant d’enchaîner un second col pour nous retrouver aux portes de Bilbao sur une route en travaux et très fréquentée. Petite halte pique-nique dans un parc à l’air abandonné, où les aboiements intempestif d’un chien parano nous poussent à reprendre vite la route…

A Bilbao nous fonçons directement sur le musée Guggenheim pour un café en terrasse. Nous tombons alors sur une famille de français qui font un voyage en camping car d’un an avec leur deux enfants. Nous échangeons nos impressions respectives sur le voyage, tout heureux de parler français.

Une fois posés en terrasse, et grâce au réseau wifi qui couvre toute la ville nous contactons quelques couch-surfeurs dans l’espoir de trouver refuge en ville pour une ou deux nuits ! Contact est pris avec Javi qui attend que ses collocataires soient rentrés de la fac pour savoir si ils sont d’accord. La nuit est tombée et les alentours du Guggenheim se remplissent de monde… Réunions de jeunes mamans qui pouponnent, ribambelles d’enfants qui profitent des tobogans quand Fanch n’est pas en train de tester ses micros dessus, toute cette activité ne m’empêche pas de sentir le coup de barre arriver. On part donc faire un tour pour tuer le temps, occasion pour Fanch de tester les micros binoraux accrochés à son casque audio. Nous reconnectons l’ordinateur avec le peu de batterie qu’il nous reste, juste le temps de voir que notre couchsurfing est validé ! Quelques courses et nous voilà rendus chez Javi, Juan et Laura qui écarquillent un peu les yeux en voyant tout notre chargement. La montée des vélos dans l’escalier de l’immeuble jusqu’au petit balcon est épique.

Une fois douchés et nos affaires un peu rangées, nous faisons plus amples connaissances en espagnol et en anglais avec nos hôtes. Javi est originaire de Bilbao et a pas mal voyager, en particulier au Mexique. Il cherche en ce moment du travail… Juan entame une formation d’instituteur et Laura fait des études de médecine. Tous trois sont en collocation depuis la rentrée.
Malgré l’énorme fatigue qui nous tient depuis que la nuit est tombée, nous passons une chouette soirée autour d’un plat de pâtes « carbognaisa » (viande hachée, oignons et crème fraiche)

Fanch: Après une nuit calme et reposante au son régulier des lames s’explosant sur la grande digue de Lekeitio, nous repartons l’esprit clair, direction Bilbao. Le temps anormalement doux nous bénis par sa clémence. Tous le monde va mieux et je me rends compte que le sommeil fait parti de ces petites choses essentielles à ne surtout pas négliger. Nos râles se dissipent peu à peu devant les montées qui se succèdent. J’accepte enfin le défi qui m’est lancé à chaque fois que se dessine au loin un nouvel obstacle pentu. De nouvelles sensations m’envahissent, peut-être à mettre sur le compte des endorphines.
Ce soir, nous changeons de technique. Ce n’est pas que nous nous lassons des porches et préaux mais nous tentons autre chose comme si nous voulions changer notre parfum de glace favori. C’est sur le site couchsurfing.org que nous trouvons notre bonheur. Javi et ses 2 colocataires nous accueillent à bras ouverts… mais cette journée ponctuée d’exercices physiques a pompée toute mon énergie. Je croule sous le poids de la fatigue et laisse mes compagnons de route répondre au questions de nos hôtes.