Samedi 18 janvier 2014

10 km

Atelier burning man, South Berkeley

N 37°51,254' W 122°17,254'

37 m

Jour 476 – Atelier burning man, South Berkeley

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Fanch : Journée studieuse, une autre! Que dire… Pendant que mon équiper s’attaque aux finitions du flyer annonçant une présentation du projet à « The Place for Sustainable Living », je m’occupe de la paperasse, à savoir, je replonge un peu mon nez dans les assurances. Cela va bientôt faire un mois que nous ne sommes plus couverts, les risques sont minimes ici, en matière de maladie tropicale en tout cas… Disons que c’est aussi une manière d’appréhender la suite du périple qui risque d’être la plus délicate en matière de santé, faut pas se leurrer. Mise à part ça et une recherche désespérée du numéro de téléphone du bureau de réservation de Singapour Airlines à San Francisco, je ne sais plus exactement ce que j’ai fait d’autre aujourd’hui. Ah si, je crois bien que je me suis collé à un bon derushage audio, ce qui n’avait pas été le cas depuis Los Angeles. J’ai d’ailleurs eu un petit pincement au cœur en réécoutant un enregistrement capté dans la maison du professeur Howard le jour ou il posa sur un tourne disque voilé, son album fétiche de Keith Jarret. Ambiance studieuse donc, studieuse mais efficace.

Après l’effort le réconfort paraît-il! C’est ce que vient confirmer Jonathan en nous invitant chez lui pour une petite soirée. Nous acceptons sans savoir vraiment de quoi il s’agit et tout en ayant conscience de cette petite entorse à notre régime « boulot ».Mais l’envie de voir et de rencontrer un peu plus les coutumes locales est plus forte que celle de rester devant un écran donc…

J’avais en tête un petit apéro entre potes, assis à même le sol sur la moquette moelleuse d’un studio de 40 mètres carré. Nous avions même hésité avec Barth en achetant cette bouteille de rouge (juste histoire de ne pas arriver les mains vides) en se disant que c’est peut être une soirée sans alcool…Allez savoir pourquoi. Nous arrivons à l’adresse indiquée, au Sud de Berkeley. Inintéressant, c’est un hangar. Ah, il faut le code? Heu… Oups, on ne nous l’a pas indiqué… Heureusement que ce mec qui arrive en même temps semble savoir ce qui se passe de l’autre coté de la porte. Donc le code est #666, une fois validé, une voie de synthèse nous répond d’un ton monocorde: « Welcom to the party ». Ok, ça commence bien!

Quelle n’est pas notre surprise lorsque nous franchissons la porte et découvrons la réalité. Ce hangar ou habite John est en réalité l’une des succursale de Burning Man, le célèbre festival dont beaucoup d’entre vous ont déjà entendu parler. Si si, vous savez, le festival qui se déroule en plein milieu du désert du Colorado. Non ça ne vous dit rien? Alors regardez dans par ici!

Burning Man, nous l’avions tout deux fantasmé bien avant notre départ, il devait d’ailleurs être une de nos étapes mais le retard que nous avons pris à Mexico à posé les limites de la théorie, la réalité ne nous a pas donné le choix. Je prends cette découverte comme un bon signe. Comme quoi, nous sommes en retard, le projet n’est pas celui que nous avions en tête avant notre départ, mais mine de rien, nous finissons toujours par trouver ce que nous ne cherchons. Le plus frustrant dans cette histoire c’est que le matos est dans la caravane rose et que nous n’auront probablement pas le temps d’y revenir (ici, au hangar) en plein jour. Nous ne pourrons avoir d’autres traces de cette soirée que via ces quelques lignes. Dommage. Un entrepôt immense certes, mais aussi un atelier-musée érigé en l’honneur de Burning Man. Les sculptures monumentales pour la plupart entreposées en pièces détachées, se succèdent et imposent le respect en posant une ambiance surréaliste, à mi chemin entre l’univers de Jules Verne, celui d’E.T. et la galerie des dinosaures géants un muséum d’histoire naturels.

On sent aussi que Burning Man et ce malgré sa réputation underground (de plus en plus critiquée aujourd’hui par les puristes… C’était mieux avant paraît-il) brasse énormément d’argent, disons que ce n’est pas le même budget que Geocyclab. Mais qu’importe, primo, c’est beau, c’est grand… Ça a de la gueule quoi!

Enfin, c’est une fiesta privée, ok, mais une fiesta soirée privé avec… 200 personnes peut être? C’est la fête quoi, sound système et compagnie, j’hallucine et ne suis pas seul. N’y étant pas vraiment préparé, nous ne feront pas de vieux os mais nous aurons passé une bonne et surprenante soirée.

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Barth : Nous nous réveillons et petit déjeunons dans un camp désert baigné par le soleil du matin. C’est un gros week-end et The Place tourne au ralenti ces jours-ci. Parfait pour une journée studieuse entre lecture des réponses à notre carte de vœux et montage des derniers haïkus. Un mail en particulier fait écho à notre conversation de la veille avec Tyson au sujet des modifications territoriales qu’entraînerait un usage massif du vélo, il s’agit de Joeri, du fablab de Saint-Louis au Sénégal qui nous fait part de leur projet d’aménager un lieu pour accueillir des voyageurs à vélo tels que nous ! Le genre de rebondissement qui donne de la perspective à notre aventure, malgré le sentiment d’avoir un peu la tête dans le guidon en ce moment.

La journée s’écoule donc ainsi, studieuse, et seulement entrecoupée de quelques pauses repas ou par le passage de quelques membres du collectif. Nous croisons ainsi Jonathan qui me confirme la date pour notre présentation publique ce qui me permet de finaliser le flyer réalisé à cet effet et qui nous invite à passer le soir même chez lui où il organise une party. Après une journée de travail c’est une bonne idée de changer d’air, nous filons donc à pied jusqu’à l’adresse indiquée. En fait de logement nous nous retrouvons dans un immense loft et la « party » s’avère être gigantesque, avec au moins 200 personnes rassemblées ! Nous sommes tombés sur une des tribus qui organise et anime le festival Burning Man et l’espace est un immense atelier de création de sculptures et de machines gigantesques. Nous tombons sur quelques français, Ludovic qui est sculpteur et vient de débarquer ici pour y rester et Yves, originaire de Belle-Île, qui vit ici depuis quatre ans.. Étrange soirée, rencontres incongrues, mais nous sommes dans le cœur de la vie sociale de Oakland et Berkeley, du moins dans une de ses communautés les plus connues, so, very interesting ! Mais tout de même, malgré une ambiance et un décor qui sent bon la créativité et l’alternatif, les sommes d’argent colossales qui sont investies ici donnent encore une fois le sentiment d’être dans une autre réalité. C’est peut-être ça la Californie au fond…

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