Lundi 3 février 2014

50 km

Sortie Ouest de Denpasar

S 08°34,333' E 115°05,282'

73 m

Jour 492 – Sortie Ouest de Denpasar

Fanch : Nous voici sur les routes de Bali, à l’heure de pointe…. Autrement dis, dans un bordel innommable. Les scooters et autres deux roues à moteur se compte par centaines, on se bouscule, se double, se redouble se klaxonne dessus… La chaleur est elle au rendez vous, bien plus que nous l’espérions d’ailleurs. Dans cette ambiance moite et pesante, le moindre effort nous fait suer, la poussière nous colle à la peau et les premiers coups de pédales nous donnent un aperçu un peu plus précis sur le type d’effort physique mais aussi mental qu’il va falloir fournir sur les routes d’Indonésie.

Nous parvenons tant bien que mal à nous extraire du flux dense et discontinue de la circulation de Denpasar et de son nuage de fumée. Rapidement, nous traversons nos premières rivières, miroirs juxtaposés piqués de milliers de brins de verdure, bien rangés les uns derrière les autres. La nature est luxuriante, presque étouffante en cette période de pluie. Les arbres exhibent fièrement de larges et lourdes feuilles, fougères et les lianes tombent sur les bas côtés d’une chaussée étroite et déformée, chaque passerelle de terre non entretenue est inondée par la Jungle. Le relief n’est pas encore trop rude et nous permet d’avancer à bonne allure.

Après une grosse une trentaine de bornes, considérant le manque de sommeil de mon compagnons, nous décidons de ne pas en faire d’avantage. Suivant les conseils d’une villageoise chez qui nous nous sommes arrêté pour la pause déjeuner, nous poussons tout de même 5 ou 6 bornes plus loin, vers le nord pour tenter notre chance au poste de police. Iksan, lui aussi nous l’avais dit, « si vous ne savez pas ou dormir, vous pouvez toujours vous replier chez les flics ». Mais pas de bol Arnold, bien que très sympathique, l’officier auquel nous faisons face refuse notre demande prétextant que nous avons suffisamment d’argent pour nous payer une nuit d’hôtel. Malgré nos explications, il refuse catégoriquement.

Alors, on trace encore 10 bornes pour enfin trouver refuge sous un toit de tuile, face à l’Océan. Nous y tendons nos hamacs et la moustiquaire qui lui est associé, deux accessoire récemment achetés et qui vont probablement s’avérer très utile. Tout est près pour regarder avec une légère appréhension l’orage de mer qui fonce droit sur nous… On va bien voir si notre abris de fortune est étanche…

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Barth : Et c’est parti ! Neuf heures du matin, le soleil cogne déjà bien et la circulation est très dense en ce lundi matin. Nous mettons une petite heure à rejoindre la boutique de hamacs à quelques kilomètres à peine, en nous faufilant tant bien que mal dans les embouteillages de scooters. Une fois équipés de nos hamacs en toile de parachute et de nos moustiquaire, il nous reste à sortir de la ville sous le cagnard. Bien vite, les boutiques et fabriques laissent la place aux rizières et petite vallées à la végétation luxuriante et la route secondaire que nous empruntons est de plus en plus belle. Cependant la chaleur et les litres de transpiration que nous perdons nous obligent à stopper un peu après midi, pour une pause déjeuner bienvenue. Nous n’allons pas forcer pour ce jour de reprise, les premiers coups de soleil sont violents, il va nous falloir un peu de temps pour nous acclimater au vélo tropical.

Une femme à qui nous demandons s’il est possible de trouver une place pour dormir dans les environs nous conseille de pousser jusqu’à la prochaine ville pour soumettre notre requête au poste de police. Nous suivons ce conseil, mais le policier fort sympathique qui nous reçoit n’a pas mieux à nous proposer qu’un des hôtels les moins chers de la ville. Le bivouac en extérieur semble être une notion abstraite pour lui, nous n’insistons donc pas et poussons encore une dizaine de kilomètres jusqu’à la côte.

Après avoir traversé une série de petits villages paysans, nous voilà nez à nez avec l’océan indien. Le sable volcanique noir scintille de petits éclats de nacre quand il n’est pas recouvert par le limon des rizières qui s’écoule des cultures. L’ambiance est orageuse, la fatigue bien palpable après ces premiers cinquante kilomètres, un petit bain s’impose avant d’installer notre bivouac sous un petit préau abandonné. La tombée de la nuit et l’arrivée des moustiques nous sortent d’une sieste comateuse, juste le temps d’avaler quelques nouilles chinoises sous le regard d’une mange religieuse attirée par nos lampes… Première nuit en hamac, avec un orage qui se rapproche de plus en plus, je sens que ce n’est pas cette nuit que je vais me reposer…