Mardi 4 février 2014

50 km

Yeh Sumbul, village de pécheurs

S 08°24,901' E 114°48,192'

1 m

Jour 493 – Yeh Sumbul, village de pécheurs

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Barth : La nuit fut longue mais pas vraiment réparatrice. La chaleur du soleil fini par nous sortir du lit et comme nous n’avons rien à manger nous filons directement. Pas beaucoup de kilomètres ce matin, mais un itinéraire très pitoresque qui zigzague entre les rizières et les temples, avec des creux et des bosses vertigineux, et sur une route qui tient plus du chemin de randonnée parfois. Le plaisir des yeux n’égale pas celui des molets hélas, et après deux petites heures laborieuses, nous finissons par rejoindre la route principale. Il est midi, l’heure de se poser à l’ombre, d’essorer les t-shirts dégoulinants, de manger un peu, en attendant que les nuages du soir viennent voiler le soleil meurtrier qui interdit toute avancée.

Le petit restaurant où nous avons trouvé refuge est tenu par un vieil homme indhou, qui avec ses rudiments d’anglais comprend les grandes lignes de notre voyage et se fait un plaisir de raconter l’histoire à ses clients qui vont et viennent. Le ventre plein, nous reprennons la route en direction de la mer avec une petite pause pour avaler un mie ayam (soupe de poulet) juste avant de débarquer sur une immense plage prisée par les surfeurs et pour cause ! À droite se trouve un hotel plutôt chic que nous éliminons rapidement des possibles pour bivouaquer et nous filons à gauche jusqu’à un petit village de pêcheurs. Madi nous y reçoit avec un thé chaud, qui réconforte malgrés les trente-cinq degrès de l’air, et nous pouvons accrocher nos hamacs entre les arbres devant sa maison. Il nous promet qu’il n’y aura pas de pluie cette nuit malgré l’orage qui fait office de coucher de soleil au dessus de l’océan… S’il se trompe nous sommes autorisés à toquer à sa porte pendant la nuit pour nous réfugier au sec ! Nous discutons donc un bon moment, toujours avec difficulté étant donné son niveau d’anglais, mais assez pour nous faire comprendre sur l’essentiel. Et la fatigue de cette deuxième journée de route dans la fournaise nous attire bien vite dans les hamacs…

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Fanch : Nous quittons notre plage de sable noir avec comme plan de route un dizaine de bornes hors des sentiers battus, avant rejoindre l’axe principal que nous suivrons jusqu’à l’embarcadère ouest de Bali. Mais pour l’instant, nous nous enfonçons un peu plus dans le Bali rural, sur les chemins secondaires, voir tertiaires, traversant des rivières aux rives abruptes, slalomant sur de petits sentiers au milieux des rizières. Les temples bouddhistes et hindouistes ponctuent notre chemin, parfois symboliques dressés de trois pierres volcanique sculptées, parfois plus imposant, certains doivent êtres plutôt récents mais à chaque fois ils sont d’une finesse incroyable. L’odeurs de l’encens se mêlent se mêle à celle de la jungle et parfois de la ferme. C’est assez fantastique mais ce décor à un prix, le relief associé à une chaleur déjà rude (à 10h) rendent notre évolution lente et périlleuse. La route est accidentée, les cotes sont trop raides et souvent, nous poussons péniblement nos bécanes sur un sol recouvert d’une pellicule de mousse autrement dit, glissant. On se vide littéralement de notre flotte et ce à une vitesse impressionnante du coup les pause sont régulières. 10 bornes en une heure et demi, même pas… Mais croyez moi, même si on en bave physiquement, le jeu en vaut largement la chandelle. Encore une fois nos vélo nous guident sur des sentiers ou personne ne nous attend au virage, loin loin des tourbillons de l’effrayante industrie touristique de Kuta.

Nous rejoignons finalement la grande route et gouttons à la folie du trafic sur nationale. Ça roule vite, camions, bus, bagnoles et scooter se doublent en permanence, « surtout rester bien à dr… Gauche!! » Après quelques frayeurs, et une petite cinquantaine de kilomètres, nous faisons halte pour la nuit dans un village de pécheurs, juste en face d’un spot de surf 5 étoiles. Madi nous accueil en bon musulman avec un verre de thé, alors qu’au loin, les chants du muezzin retentissent et s’évaporent jusqu’à l’horizon. En face de nous l’océan avec l’un des plus beaux swell que je n’ai jusqu’à présent rencontré… Le spot semble réputé et d’après Madi, avant hier c’était 6 mètres… Cool pour les surfeurs mais en attendant, le bonheur des uns ne fait pas celui des autres, on sort pas en mer avec de telle conditions, sur de telle embarcations et forcement, Madi lui s’impatiente… affaire à suivre

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