Mercredi 5 février 2014

40 km

Candi Kesumah, village de pêcheurs

S 08°18,262' E 114°30,954'

12 m

Jour 494 – Candi Kesumah, village de pêcheurs

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Fanch : Pas de pluie, l’orage a pourtant grondé fort en soirée mais pas de pluie. Madi notre ami pécheur l’avait prédit et moi j’hallucine. Enfin bref c’est répartit pour un tour. Nous restons sur l’axe principale et ne le quitterons pas d’ici Gullimanuk le point finale de notre excursion Balinaise. Notre avancée se fait à bon rythme et constatant un compteur satisfaisant, nous décidons de nous poser plus tôt que les deux autres jour, dans un village de pécheur au centre duquel, s’est installé une fête foraine.

Nous arrivons tôt et tout est encore fermé. Plusieurs chapiteaux de fortune aux armatures de bambou et recouverts de larges bâches d’un bleu délavé encerclent quelques manèges mécaniques, véritablement usés par le temps. Ils sont immobiles, mais avec un sourire en coin, je les entends déjà grincer. Seul quelques enfants en bas-âge qui trottent maladroitement sur le carré de pelouse prouve que le temps continue sa course. La scène est tout simplement surréaliste.

Rapidement, nous rencontrons Rizal et Bachir, deux forains qui nous y accueillent avec un café local (café turque). Ici, pas vraiment d’anglais, les conversations sont laborieuse mais en faisant preuve de bonne volontés, il est toujours possible de deviner quelques mots. Pas énormément certes mais franchement, je me marre bien avec ces deux gars. Invités par Rizal, nous ferons une sieste sous une de ses tentes, au milieu des peluches, pistolets à ventouses et autres babioles de fête foraine. Vraiment, la situation est improbable et ce n’est là qu’un début.

Nous dégageons au moment des festivités pour trouver refuge sous le toit de la place du village. C’est ici que nous devrions passer la nuit, abrités des habituelles pluies nocturnes. Le rituels des nouilles chinoises (que nous avons un peu délaissé pour la bouffe local mais qui reste pratique) attire la moitié du village, autant dire que notre canstove fait sensation et intrigue les cuisinières. Les enfants communiquent par leurs rires, les adultes par des questions qui bien souvent sont sans réponse. Nous mangeons donc devant un public de curieux. L’autre moitié du bled viendra assister à la pose des hamacs, au brossage de dents, traînant leurs claquettes autours des vélos, ils nous observent, tantôt intrigués, tantôt amusés. Il nous faudra nous glisser à l’intérieur de nos cocons respectif pour voir les derniers curieux s’en aller, c’est notre seul échappatoire.

Enfin, la police nous rendra une petite visite surprise ce qui évidemment provoquera l’attention de quelques villageois. Vous l’aurez compris, deux européens qui préfèrent dormir au milieux du village plutôt qu’à l’hôtel, c’est davantage intéressant qu’une fête foraine… J’imagine que ça n’arrive pas tout les jour…

Une prière du soir hors du commun, une mélodie qui apaise quand tout autour de nous, tout va très vite…

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Barth : Après avoir fait nos adieux à Madi nous filons quelques kilomètres jusqu’à une station service où nous petit déjeunons sur le pouce. La chaleur arrive déjà mais la sur la route principale que nous empruntons, les kilomètres défilent assez vite. Nous rejoignons ainsi une ville un peu avant midi où nous trouvons un distributeur d’argent, une connexion internet qui nous permet tout juste de relever nos mails, et de quoi déjeuner. Dans l’idée de faire une pause au calme et au frais à l’heure la plus chaude de la journée, nous reprenons donc la route directement malgré le zénith. Quinze kilomètres plus loin, nous atterrissons dans une petite bourgade au bord de la mer où un bain fera décoller la sueur qui s’accumule depuis la veille.

À peine secs, nous sommes conviés par deux forains de Sumatra, Rizal et son ami Bakir, à partager un café dans la petite échoppe devant laquelle nous squattons. Ni l’un ni l’autre ne parle anglais mais malgré tout nous conversons, parfois sans nous comprendre. Les deux amis font le tour de l’Indonésie en tant que membres d’une fête foraine itinérante et il semble qu’ils aient vu du pays. Notre condition de voyageur leur parle donc assez pour nous proposer de venir nous réfugier quelques temps dans un des stands de la foire avant l’ouverture en fin de journée. Nous obtempérons et tentons une vague sieste au milieu de manèges paraissant sortis d’un autre siècle.

À l’heure de l’ouverture, nous prenons congé de Rizal pour aller installer notre bivouac sous un immense préau public qui doit servir de place du marché de temps en temps. Le réchaud à alcool et le montage des hamacs attire de nombreux spectateurs, dont la patronne d’un petit restaurant qui fait mine d’être vexée de ne pas nous avoir pour clients avant de revenir nous offrir quelques gâteaux. Je laisse Fanch aller jeter un œil à la fête foraine dont j’entends plus les groupes électrogènes que la musique, pour ma part il faut que je dorme.

Ces premiers jours en Indonésie sont épuisants physiquement. La chaleur, le bruit constant, les nuits un peu agitées par les orages et la pluie, tout ceci vient s’ajouter à une fatigue plus ancienne qui traîne depuis Mexico je crois, et j’ai pour le moment l’impression de ma laisser porter par les événements. Ceci explique le manque d’images de ces derniers jours, j’ai besoin de m’immerger sans le filtre de l’appareil photo, que je ne suis pas toujours à l’aise pour exhiber quand nous rencontrons des gens vivants avec si peu. Et il y a cette reforme du carnet de bord de Geocyclab qui me trotte dans la tête… Notre arrivée en Asie est un sacré déboussolement, nous avons du temps devant nous pour nous y adapter et j’entends bien ne plus céder à l’urgence parfois trop mécanique de nos captations.

Bref, tout ça pour dire que je m’en veux un peu de ne pas avoir sorti l’appareil photo un peu plus ces derniers jours, mais le déclencheur continu de me démanger ne vous inquiétez pas !

 

Haiku 057 – Entracte

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