Vendredi 7 février 2014

0 km

Giri Indah, Banyuwangi, Java

S 08°11,985' E 114°21,438'

63 m

Jour 496 – Giri Indah, Banyuwangi, Java

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Fanch : Que se passe t-il quand on veut se couper la barbe à Banyuwangi? Ça paraît con comme question, mais c’est tout une histoire…

D’abord il faut rappeler que 24 heures après notre arrivée, une bonne partie du quartier nous a repéré. Nous sommes grillés! Mais ça facilite considérablement les choses quand il s’agit de rentrer en contact avec les locaux pour demander le chemin du barbier. Ici, et bien c’est mieux de parler l’indonésien, le javanais au pire mais comme ce n’est pas le cas, un langage de sourd s’improvise. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je garde le reflex de parler anglais alors qu’avec le français j’obtiendrai exactement le même résultat. Enfin bref, d’après les gestes et les grimaces de cette sympathique veille dame, mon objectif se trouve un peu plus loin à gauche, tranquille Émile! Mais… Je suis un peu plus loin, et rien à gauche. Je redemande mon chemin… Ah? C’est tout droit? Bon, ok… Mais rien. La quatrième personne interrogé me fait monter à l’arrière de son scooter, mon intuition me dicte de lui faire confiance et 1 kilomètre plus loin, il tourne à gauche (j’était sûr que c’était à gauche!) fais encore quelques mètres et me dépose devant le barbier. Il me propose d’ailleurs de m’y attendre pour le retour, ce que je décline, car il a surement d’autres chose à faire… Bref j’y suis et ce fût relativement simple (bien plus simple que la recherche du câble d’Ipod de Barth qui nous a bloqué toute une après midi)

BZzzrrzzrz… (entendre le bruit de la tondeuse)… Ça, c’est fait, je m’occuperai des finitions moi même.

Enfin le retour est assez funky puisque, commerçants, tenancier de boui-boui, clients et toutes autre personnes m’ayant aperçu sur le trajet aller, applaudissent ou explosent de rire en me voyant rasé comme un poulet plumé. Peut être est-ce la performance du barbier qui les étonne mais franchement, j’en doute fort. C’est un peu gênant quand même…

C’est une anecdote mais elle révèle bien notre situation. Banyuwangi est une ville bien peu touristique, aux antipodes du cosmopolisme Californien. Avec ou sans vélo, il nous est tout simplement impossible de se faire discret, les regards se tournent systématiquement vers nous, la plupart du temps avec le sourire et c’est tant mieux. Les rencontres sont nombreuses, les situations cocasses, mais il est aussi difficile de trouver un peu de tranquillité, un tout petit peu de tranquillité pour se vider l’esprits et c’est parfois très fatiguant de répondre à tout le monde d’un « Hallo, Aba kabar » (salut, comment ça va)… D’autant plus que les conversations sont bien souvent les mêmes et qu’inlassablement nous répétons les mêmes phrases. Enfin bref, je sens que ce n’est pas fini, on s’adapter à notre environnement… Une fois de plus.

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Barth : Journée plus ou moins off aujourd’hui, un peu de couture pour réparer quelques habits vieillissants, écriture, et une longue promenade en ville à la recherche de câbles électriques qui nous font défaut pour recharger notre matériel. Banyuwangi n’est pas une très belle ville et en ce vendredi plus ou moins férié pour les musulmans, avec un ciel chargé et une atmosphère orageuse, la balade est un peu épuisante…

Nous recroisons tout de même un homme rencontré la veille qui s’avère être prof d’anglais dans un centre de formation et qui nous tuyaute rapidement en vue d’une excursion au volcan Kawah Ijen, réputé pour abriter le lac le plus acide de la planète en son cratère et pour ses flammes bleues visibles la nuit. Le contact est pris, 20 euros pour se faire conduire là-bas en moto, nous allons y réfléchir. Nous allons donc rester encore quelques jours ici pour souffler un peu plus avant d’attaquer la route intérieur de Java. L’hôtel où nous logeons est très bas de gamme mais parfait pour notre portefeuille et le personnel est très sympa. Tout comme les différents marchands des alentours chez qui nous allons manger ou faire des emplettes. Comme toujours, notre arrivée en vélo n’est pas passée inaperçue et comme nous sommes les seuls touristes occidentaux du coin, impossible de sortir discrètement dans la rue.

Le dîner se passe au même endroit que la veille, un petit stand sur le trottoir tenu par un type d’une trentaine d’année et qui sert de repère à toute une bande d’adolescents à mobylette. Ambiance assurée et nourriture excellente, pas besoin d’aller chercher plus loin ! Et au lit tôt, sans cérémonie…