Lundi 19 novembre 2012

50 km

Avellanosa De Muno

N 41°58,154' W 3°48,742'

840 m

Jour 51 – Avellanosa De Muno

Barth : Cette bonne nuit au sec nous aura requinqué ! Après avoir rapidement salué nos hôtes, nous reprenons la route vers le sud dans un paysage de collines givrées. Le ciel est pur mais le soleil n’est encore assez haut pour réchauffer l’atmosphère glacée. Ce sont les premiers signes de l’altitude que nous avons atteint grâce à l’autobus de la veille. Une trentaine de kilomètres s’enchaînent ainsi avec une seule pause pour déguster quelques amandes sur une petite plantation que nous croisons…

Depuis très jeune j’ai eu beaucoup d’occasions de pratiquer la marche à pied et après un mois et demi de voyage en vélo je commence à mesurer les différences qui caractérisent ces deux modes de locomotion. Je crois que ce à quoi j’ai le plus de mal à m’habituer, ce sont les variations de vitesse. A pied, que ce soit en côte ou en descente, le paysage défile quasiment toujours à la même allure alors qu’en vélo c’est une toute autre affaire ! Dans les descentes, il n’y a presque pas d’effort à fournir mais le temps passe trop vite pour avoir le temps d’admirer le panorama. Dans les montées au contraire, on a tout le temps de regarder mais souvent c’est le sommet de la côte qui bouche le paysage… La vie est injuste !..

Arrivés à Lerma pour midi nous nous réfugions dans un café pour une session de travail sur internet. Après un rapide pique-nique nous sortons de la ville sur une piste de terre toujours très vallonnée et avalons ainsi une quinzaine de kilomètres dans un paysage sauvage jusqu’à tomber sur une sorte de bergerie abandonnée que nous décidons d’occuper pour la nuit. Il reste encore quelques heures de jour et la température s’est un peu adoucie. Les conditions sont réunies pour un troisième haïku ! S’ensuit une bonne soupe pour se coucher le plus tôt possible en vue des kilomètres du lendemain…

Fanchic : Nous quittons notre logis de rêve aux aurores. J’ai encore le feu de cheminée imprimé sur la rétine, mais alors plus du tout la sensation de chaleur. Ça caille sévère dans la région. Nous sommes quand même à 800 mètres d’altitude.

Le paysage est tout en rondeur aujourd’hui. Nous serpentons entre les collines. Ce que je vois à perte de vue  c’est une grande mosaïque de champs, un vitrail naturel. Les teintes, les tonalités de jaunes, de rouges sont accentuées par un soleil radieux. J’accompagne le tout de mélodies de Thierry Robin. Je suis bien…

Fanch : Même si les conditions climatiques sont parfois difficiles, l’Espagne m’offre ce que j’attends du voyage. Durant toute la préparation du projet, j’ai fantasmé de nombreuses situations, paysages et rencontres dont je me régale enfin. Mes cuisses s’adaptent à l’effort, je ne vois plus les kilomètres défiler, j’arrive enfin à saisir ma gourde située sous mon siège, tout en roulant, ce qui n’est donc plus un prétexte pour m’arrêter…

Nous sommes en ce moment sur un plateau culminant à quelques 800-1000 mètres d’altitude, les températures ont encore chuté depuis que nous avons quitté le littorale Basque mais cela ne perturbe pas notre admiration devant les courbes d’une horizon en permanent changement. Nous sommes, à quelques voitures prés, les seuls à emprunter cet itinéraire, au calme, attentifs à ce que racontent les collines. Les vautours dont je ne soupçonnais pas l’existence en ces lieux, planent au dessus de nos têtes, à l’heure d’une pause ou nous grignotons les amandes fraîchement cueillies par nos soins. De temps à autre le goudron se transforme en gravillons pour quelques kilomètres puis reprend sa forme initiale. Le soleil de neuf heure transforme le givre en mer de nuages qui glissent au loin dans la vallée.  Il est le bienvenu ce soleil tant attendu.

Quatre murs de pierre, un sol de terre battue et un toit relativement hermétique, notre baraque du soir borde une route oubliée par la plupart des automobilistes depuis la mise en service de l’autoroute. Un coin idéal pour s’endormir…

 

Haiku 003 – De repente

Pour ne rien manquer, nous vous conseillons l’usage d’un casque audio pour le visionnage de cette vidéo.