Mercredi 21 novembre 2012

50 km

Route du lac de Mareduelo

N 41°33,864' W 3°34,237'

970 m

Jour 53 – Route du lac de Mareduelo

Fanch:  Nous voilà à un peu plus de 1000 mètres d’altitude et le froid grignote peu à peu notre énergie. J’ai choper une petite crève qui va très certainement me gèner pour les jours à venir.

Il est 18 heure, nous sommes dans un café, attendant patiemment la nuit pour rejoindre discrètement la petite gare routière ou nous projetons de passer la nuit. C’est le moment ou le crépuscule vient frapper la bande de zinc du comptoirs inondant du même coup la salle principal du bar-hotêl-restaurant d’une lumière dorée. A l’entrée, dans une semi obscurité, les LEDs d’une machine à sous scintille pour attirer désespérément les joueurs qui ne se pousse pas au portillon, à croire que ça n’amuse plus personne. Un groupe de quelques marocains, assis autour d’une table, agitent bruyamment les dés dans un gobelet en plastique pour tuer le temps tandis qu’un vieux à moustache, absorbé par le feuilleton de 18H se diverti silencieusement devant l’écran plat situé sur un distributeur de friandise, au fond du bar. La jeune femme du comptoir attends sagement, les main derrière le dos, qu’un client lui commande un verre tout en observant du coin de l’œil, son collègue serveur discutant avec le vendeur de melon venu se réchauffer avec un « café con leche ». Chacun semble à sa place, nous assistons à la routine d’un bistrot de bord d’autoroute, tout simplement.

Notre casa du soir est un local clos. C’est un mixe entre une gare routière et un abris bus avec électricité et eau courante. C’est une aubaine car les 2 nuits précédentes n’ont pas été des plus reposantes et la journée de demain s’annonce sportive car nous devrons franchir le dernier col avant Madrid culminant à quelques 1400 mètres, le tout sur un route non goudronnée.

Plus tard dans la soirée, la Guardia passe et nous demande de quitter les lieux… Je n’y crois pas, je ne veux pas et nous avons vraiment besoin de repos… Fanchic sort ses meilleurs cartes… il emporte la partie et nous pouvons dormir en paix.

Barth : La journée commence par l’ascension d’un petit col qui surplombe un lac presque asséché. Nous quittons la province de Burgos pour celle de Segovia et l’état de la route s’en ressent directement, désormais il faut être à l’affût des nids de poules… Au bout d’une trentaine de kilomètres, le manque de sommeil me coupe les jambes et il faut une pause café et grignote pour me réchauffer et me redonner des forces pour les 15kms suivants. Nous arrivons un peu après midi à Bocaguillas. Sur les derniers kilomètres, nous apercevons le col que nous allons devoir emprunter le lendemain. La chaîne de montagne qui nous sépare de Madrid se noie dans les nuages et seule la petite percée où passe l’autoroute semble offrir un accès vers le sud. Pour être en forme demain il nous faut passer une bonne nuit. Nous avons donc repéré un abri au sec dans la station de bus, avec l’électricité et des sanitaires.. En espérant qu’on ne nous en chasse pas. En attendant que la nuit tombe et que les magasins rouvrent leurs portes, nous filons vers un des seuls cafés de la ville pour une session web, principalement pour anticiper notre possible séjour à Madrid (couchsurfing et contacts avec des Fablabs…). Nous sommes accueillis par une bande de Marocains qui tentent de vendre quelques fruits et tapis devant l’hotel restaurant qui jouxte l’autoroute. Apparemment il a neigé au Maroc il y a une semaine… Je vais sûrement devoir investir dans un duvet plus chaud quand nous serons à Madrid. Une fois la nuit tombée après un splendide couché de soleil sur l’autoroute, nous regagnons notre abri. L’espace est clos ce qui nous protège du froid, mais entièrement vitré ce qui ne nous permet pas de rester discret… Je profite des sanitaires pour prendre une douche froide au lavabo et nous avalons rapidement le dîner. Au moment de se coucher, nous avons un instant de doute avec la visite d’une patrouille de la Guardia Civil que Fanchic réussira à amadouer. Juste après, le débarquement d’un car nous empêche de fermer l’œil tout de suite (nous sommes tout de même dans la station de bus) mais avec les heures qui passent nous devrions pouvoir dormir tranquilles…

Fanchic: Aujourd’hui je retiens les affiches et banderoles que nous croisons constamment dans les villages. Elles demande le maintien des hôpitaux et offices d’urgence médicale en milieu rural. L’Espagne est en pleine période de coupe budgétaire, alors en plus des salaires c’est la santé qui trinque. Je regarde tristement ces banderoles, signe d’un temps ou les marchés ont raison de l’essentiel.