Jeudi 22 novembre 2012

55 km

Col de Somossiera

N 41°10,106' W 3°35,108'

1311 m

Jour 54 – Col de Somossiera

Fanchic: Il y a des jours comme ça, où la galère se dispute à la beauté des lieux, car en ce bas monde tout n’est pas comme dit le poète, « luxe, calme et volupté »…

Depuis le lever du jour nous observons, fébriles et excités, les montagnes qui se dressent devant nous, telles une muraille. Deux heures de vélos pour se retrouver au pieds du col de Somossiera. Et là petit détail qui a son importance, nous ne pouvons passer  sur l’autoroute qui semble être le seul trait d’union entre Burgos et Madrid. Alors, il faut choisir. A droite se dessine un petit chemin qui semble suivre l’autoroute. On s’y engage. Au fur et mesure de l’ascension le pourcentage augmente et le chemin se détériore. Nous poussons les vélos jusqu’à 1300 mètres d’altitude pour nous apercevoir que cette piste est la mauvaise, arghhhhhhhhhh!!!! Le point de vue à quand même son avantage. Il nous permet de distinguer une ancienne route qui serpente le long de l’autoroute, mais à sa gauche… Entre le bas de la montagne et cette fameuse route, mystère. Une forêt de pin nous cache un hypothétique chemin. De toute façon on a pas le choix, alors on redescend, passage de l’autre coté de l’autoroute et… cul de sac!!! Je vais explorer un peu plus haut et découvre un chemin qui mène à la fameuse route « yes we can! ». Bon, reste plus qu’à monter. Je laisse mes deux compères et monte en solitaire jusqu’au col. Ce genre de montée donne l’impression de franchir un cap, la lenteur du déplacement intensifie le plaisir. Ou alors c’est juste que je suis content d’en avoir fini avec la montée… Je redescend en mode petit poucet, laissant des papiers pour Barth et Fanch à chaque intersection. Lorsqu’ils me retrouvent ils m’annoncent qu’il n’en n’ont pas vu un seul. Et ouais ils ont le GPS qui leur a (pour une fois) trouvé le chemin le plus court. Tant pis,  le jeu de piste m’a fait plaisir. Chaque personne croisée me refait un parcours, « cool, ce bled dans deux km », personne suivante trois km plus loin à propos du même village « le bled, ben dans deux km »!!!

Ce soir c’est défaite, Fanch est malade, aucun endroit ou se poser. Cette journée, la plus physique depuis le départ, nous a vidée. On abandonne nos habits de routard pour passer une nuit à l’hôtel. On a cette chance, la sécurité financière de payer une nuitée en cas de coup dur.

Barth : La nuit s’est passée au calme et pendant que nous nous préparons, le soleil se lève sur un paysage gelé. Le ciel est lavé et déjà quelques vautours planent au dessus de la ville. Fanch est malade, un gros rhume, le franchissement du col s’annoncent donc physique…

Nous empruntons un chemin de terre qui longe l’autoroute jusqu’au pied de la montagne. C’est le plus direct mais nous n’arrêtons pas de descendre et monter dans les cailloux si bien qu’au bout de 15kms il nous faut faire une pause café pour reprendre des forces. Nous décidons de répartir les provisions pour que chacun puisse monter le col à son rythme, sans attraper froid en attendant les autres… Nous poursuivons donc sur le chemin de terre qui se transforme petit à petit en sentier de haute montagne. Après avoir poussé les vélos sur un bon kilomètres, nous allons jeter un oeil plus en avant pour nous retrouver en pleine montagne bien au-dessus de l’autoroute. De là nous pouvons voir l’ancienne route dont on nous avait parlé, de l’autre côté de la vallée ! Nous écourtons donc notre ballade en montagne pour faire demi-tour. La route n’est pas visible sur la première centaine de mètres, envahie par la végétation et entrecoupée de quelques torrents, mais nous arrivons finalement sur notre objectif : une vieille route abandonnée mais goudronnée ! Fanchic part devant, nous nous retrouverons de l’autre côté de la vallée à Buitrago de Lozoya où nous pensons passer la nuit. Je reste avec Fanch le temps de manger un peu avant d’attaquer l’ascension. Le soleil tape toujours autant mais un vent froid de face nous empêche de vraiment nous réchauffer. La montée du col est pénible du fait que nous avons dépensé beaucoup d’énergie lors de l’escapade en montagne du matin, mais nous arrivons finalement au sommet où un café nous réconforte ! Nous discutons avec Luis qui nous dit qu’il a vu Fanchic une demie-heure avant. Le soleil commence à baisser, il ne faut donc pas traîner. Grâce au GPS nous trouvons l’itinéraire le plus court pour rallier notre point de RDV, toujours en suivant l’ancienne route totalement déserte qui longe plus ou moins la 4 voies…

Avec 50 kms au compteur, nous retrouvons Fanchic à Buitrago qui nous attend depuis une heure en cherchant des contacts couchsurfing sur l’ordinateur. Après avoir tenter différentes pistes d’hébergement pour la nuit sans succès, l’état de fatigue de Fanch devient préoccupant avec le froid qui accompagne la nuit tombante. Nous nous réfugions dans un bistrot pour un brief d’urgence et finissons par opter, une fois n’est pas coutume, pour une nuit à l’hôtel le moins cher de la ville.

Le Madrid-Paris sera donc notre refuge pour la nuit. Une bonne douche chaude et un rapide repas et Fanch s’endort aussi sec. Pour ma part, je prends le temps de trier des photos sur l’ordinateur en jetant un oeil distrait sur le match de foot que Fanchic regarde à côté de moi. Grosse journée !!

Fanch: Une journée intense… ce fut pour l’instant l’étape la plus difficile à gérer physiquement comme si je n’avais plus de piles. Je suis vraiment, vraiment fatigué. J’ai la flemme d’écrire et pourtant…