Jeudi 10 avril 2014

0 km

Biji Biji Initiative

N 03°11,553' E 101°40,866'

61 m

Jour 558 – Kuala Lumpur

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Fanch : Quand on sort de la gare de Kuala Lumpur, notre premier réflexe est de lever la tête… Où sommes nous tombés? Une clôture de grattes-ciel nous encercle et la première étape va consister à sortir de là.

Je charge la carte dans le GPS, direction Biji Biji Initiative, cap plein ouest, à vol d’oiseau nous ne sommes qu’à six kilomètres, mais l’écran du petit appareil indique qu’il va falloir pédaler 12 bornes. Jusqu’ici tout va bien… Et c’est fatigués par quarante heures de transport en commun et une dernière nuit fragile que nous enjambons nos montures pour un premier « ride in KL ». Rapidement, (c’est à dire après avoir trouvé la sortie de la gare ferroviaire) nous plongeons dans un complexe de voies rapides, trop rapides, que nous tentons d’éviter sans y parvenir. L’urbanisation me replonge sur les Highways de Los Angeles. L’asphalte est propre, tout est bien rangé, les grattes-ciel s’élancent vers le ciel, les petites échoppes de bord de route ont disparu, bienvenu dans la capitale malaisienne. Nous tentons d’échapper au danger en empruntant la première sortie, pas de bol, on se retrouve sur une autoroute perpendiculaire, Mister GPS indique une autre sortie qui pourrait éventuellement nous arranger, mais cette dernière n’existe pas et nous roulons maintenant plein Nord. Il fait déjà très chaud, la faim et la fatigue ne nous aide pas à nous concentrer et on commence tout les deux à râler… Euh, on fait quoi? Bah on retourne à la case départ pour manger un bout, se (re)poser, pour ensuite prendre un train et rejoindre Biji Biji.

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Le ventre plein et l’esprit un peu plus clair, nous parvenons à joindre les sous-sols de la gare en empruntant plusieurs ascenseurs, traversant quelques galeries commerciales, négociant avec le contrôleur le transport des bécanes à bord des wagons. OK, le métro est là, les portes sont grandes ouvertes, on fonce dans la première voiture dérangeant au passages les usagés du train avec nos montures trop chargées pour ce genre de manœuvre. Mais, il y a un truc qui ne colle pas… Ah oui, effectivement, ce wagon est réservé aux femmes. Et bien, on est là, on reste là, c’est comme ça, on ne va pas faire les difficiles… Enfin bref ce voyage s’éternise il est vraiment temps d’arriver au terminus.

Après avoir traversé la ville en observant notre environnement tout lisse et tout neuf à travers les vitres du métro aérien tout en posant avec une coréenne pour une photo souvenir, nous voici donc (enfin) à Biji Biji. L’heure est à la découverte de l’équipe, de l’espace et de ses objectifs. Biji Biji est tout d’abord une entreprise sociale et solidaire qui oeuvre dans le domaine de « l’Upcycling », autrement dit et en français, le recyclage créatif, ou comment faire du neuf avec de l’ancien. Rashvin, Zoe et Jé se sont installés ici il y a tout juste deux mois, dans cette grande demeure qu’il ont nommé Harmony Hub et ils jonglent maintenant entre leurs activités principales et l’aménagement de la maison. Mais il y a une autre particularité qui les caractérise et qui nous intéresse. Biji Biji fonctionne sur la base du volontariat, c’est à dire que n’importe qui est invité à séjourner ici en échange d’un coup de main (bricolage, ménage…) ou de quelques bonnes idées susceptible de faire évoluer ce lieu plein de potentiel. Le « staff », international, est en perpétuelle évolution. En ce moment, mexicain, australien, français, allemand, malais d’origine chinoise ou indienne, hollandais, vivent ensemble et travaillent dans une bonne énergie poussée par une volonté de bien faire affirmée. On va se faire plein de nouveaux potes je pense !

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C’est Adrian, notre ami portugais de Jogja, qui après avoir fait un petit tour à Kuala Lumpur nous avait parlé de cette initiative. Une initiative qui nous interpelle tant pour notre recherche sur les objets libres que pour trouver de quoi se poser une quinzaine de jours afin d’y achever le travail (en particulier les montages vidéo) qui traînent depuis trop longtemps dans les sacoches de notre atelier mobile. En échange des quinze jours d’hébergement et pour que Barth puisse se concentrer sur les montages, nous leur proposons une présentation du projet, l’animation d’un workshop d’initiation au hacking électronique et si je trouve un peu de temps, je me pencherai sur un système de visualisation de consommation électrique basé sur arduino pour compléter l’équipement de la maison. Le programme s’annonce… Chargé, mais ce « contrat » semble satisfaire les deux parties, on va pouvoir se donner à fond.

Nous sommes ici depuis trois jours maintenant, le travail suit son cours et ne nous laisse pas vraiment l’occasion de visiter les environs. Les seules sorties que nous nous autorisons ont pour seul but de faire le plein de calories dans un resto populaire indien situé à quelques mètres de Biji Biji, c’est bon, pas cher et ça change de la cuisine Indonésienne. Mais ces micros excursions nous donnent déjà à voir un bel échantillon de la population de KL. Nous voici dans une ville cosmopolite. Indiens, Chinois, et Malais se côtoient et se respectent les uns les autres, un bon point pour la Malaisie. La plupart des locaux avec qui nous avons conversé expriment d’ailleurs leur fierté vis à vis de ce métissage de couleurs, de religions, de cultures et de gastronomies !.. Ça commence à me plaire.

Ce soir, alors que nous installons le matériel de projection dans l’idée de présenter Geocyclab en bonne et dûe forme à Biji Biji, le courant saute (c’est pas de ma faute!) et le quartier est plongé dans l’obscurité. Les bougies sont posées sur la table, un jam s’improvise naturellement et l’ambiance commence à chauffer… La lumière revient une heure et demie plus tard, il faut se re-concentrer car nous ne sommes plus dedans… Mais, une fois lancés, tout se passe pour le mieux et nous parvenons à capter l’attention de notre public.

Crédits © Indh Bough

Crédits © Indh Bough

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Avec ce genre de présentation, nous prenons le temps d’expliquer le sens de ce voyage qui n’est pas forcément limpide pour tout le monde. Finalement, même si chacun l’interprète à sa manière, je pense que toutes les personnes présentes ce soir ont compris ce qu’il y avait derrière notre démarche. Les retours sont positifs et je crois que nous avons dorénavant carte blanche concernant les activités que nous allons proposer durant les jours à venir. Un bon point pour Geocyclab.

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Nous avions également une petite réunion avec Anaïs pour faire avancer le « dossier financement ». Pour le moment, nous attendons toujours quelques réponses et cherchons à débroussailler le terrain des fondations. Peut être qu’un deuxième crowdfunding verra le jour incessamment sous peu. Notre principale difficulté reste de trouver le ratio temps/rentabilité. Désolé d’insister encore là dessus mais ces démarches prennent énormément de temps et d’énergie. Autre sujet sur la table: la diffusion du projet sur les réseaux sociaux et plus généralement sur le web. Là encore, il nous est difficile de nous dégager d’avantage de temps sachant que l’actualisation du site internet rempli déjà un bon tiers de notre planning… La situation de LibLab est aussi à l’ordre du jour car l’association est en standby et il va falloir d’une façon ou d’une autre actualiser son statut.

Enfin bref, beaucoup de questions sont soulevées aujourd’hui, quelques réponses ont vu le jour, mais décidément on se sent un peu seuls face au challenge administratif qui découle de Geocyclab. On est jusqu’à nouvel ordre dans la merde financière, mais ne pouvons et ne voulons pas perdre espoir d’autant que depuis notre arrivée en Asie, il est clair que le duo Geocyclab se porte beaucoup mieux!

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