Dimanche 10 août 2014

65 km

Biji Biji Initiative/Harmony Hub

N 03°11,545' E 101°40,859'

65 m

Jour 591 – Départ de Kuala Lumpur

Fanch : Avec le départ qui approche c’est l’heure du bilan qui sonne et en se retournant vers ces dernières semaines, je remarque que malgré ces « vacances » Geocyclab n’a pas cessé d’évoluer.

Quitte à me répéter avec les deux derniers articles, je m’accorde une petite liste des événements qui ont marqué Geocyclab depuis le début de notre séjour chez Biji Biji Initiative. Les listes, j’aime bien, c’est clair, rapide à lire, ça en dit beaucoup et c’est pas chiant à rédiger :

  • Animation du Work Shop « Crackle Box » ou comment hacker un petit amplificateur pour en faire un instrument de musique.
  • Présentation du projet Geocyclab aux membres de Biji Biji.
  • Interview des membre de Biji Biji Initiative.
  • La Fondation de France rejette notre demande de bourse.
  • Barth part en vacance avec Anaïs.
  • Réalisation d’une installation sonore avec Biji Biji pour le « Belia festival » à Kuala Lumpur.
  • Vol de mon sac à dos, mon passeport et pas mal de matériel qui disparaît.
  • Deuxième installation pour le festival Coola Lumpur.
  • Réalisation d’un traceur GPS basé sur Arduino.
  • Édition et mise en ligne d’une carte interactive Open Street Map.
  • Réalisation d’un « trailer » et préparation d’un nouveau crowfounding que vous découvrirez bientôt.
  • Bonus: Beaucoup d’expérimentation Arduino
  • Bonus #2: De nouveaux potes, de nouveaux contacts et des « Jam session » à n’en plus finir.

Bon, que se passe-t-il quand il faut dire adieu à tout une ribambelle de joyeux lurons avec qui nous avons partagé quatre mois de vie commune, quelques fiestas, du boulot, un peu de stress (mais pas trop), des bonnes bouffes, mais par dessus tout, quatre mois de joie et de bonne humeur. Non, on ne pleure pas mais on ressent quelque chose d’intense qui grandit dans l’estomac puis remonte dans la cage thoracique et fini par titiller les sinus et les glandes lacrymales. Stop, non on ne pleure pas j’ai dis, mais franchement, je n’en suis pas loin. Alors oui, c’est avec plaisir et émotion que nous remercions toute l’équipe de Biji Biji Initiative pour cette inoubliable accueil, un accueil et une énergie fondés sur les mêmes valeurs humaines que celles qui animent Geocyclab et qui viennent confirmer que la culture et le partage au sens large du terme sont des sources d’élévation intellectuelle et spirituelle de la pensée. Une fois n’est pas coutume alors, merci les amis, merci pour tout !

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Crédits photos : Megumi Otsu

 

Et nous revoilà sur le départ, le vrai, prêts à reprendre la route pour un nouveau voyage, enfin…

Personnellement, j’appréhende un peu la reprise de l’exercice, la chaleur, la sortie de Kuala Lumpur sans GPS pour nous orienter, la pluie qui menace de tomber et de frapper fort, mais je suis aussi excité à l’idée de reprendre le projet, de goûter un peu plus à l’aventure, d’aller un peu plus loin tout simplement. Même si ces derniers mois ont été productifs, la sédentarisation fut aussi synonyme d’hibernation et aujourd’hui enfin, le réveil sonne.

Il est déjà 15 heures, comme prévu les aux revoir s’éternisent et il faut vraiment qu’on y aille maintenant ! Le premier coup de pédale est rassurant, la sortie de la mégapole se gère sans accrocs particulier, il ne pleut pas mais le ciel reste couvert, la température s’avère donc supportable (disons que l’on à vu pire). Je redécouvre mes muscles et mon genou gauche qui commence déjà à grincer, les joies de la transpiration et la saveur de l’eau quand on a vraiment soif. En chevauchant nos montures nous changeons aussi de statut, nous ne sommes plus deux blancs-becs aux allures de touristes et redevenons des étrangers qui pédalent allongés sur des vélos sortis du futur, un peu fous sur les bords, des aventuriers des temps modernes que les routiers aiment à saluer du klaxon et que les curieux questionnent sans retenu. Nous attirons l’attention, c’est parfois chiant mais cela nous donne l’avantage de rencontrer pas mal de monde sur les bords de route.

65 kilomètre en 4 heures de temps… On est pas mal. Nous arrivons donc à Kuala Sengalor, ville située au nord ouest de Kuala Lumpur, à quelques centaines de mètres de la côte. La nuit est tombée, il pleut et nous éprouvons quelques difficultés à trouver de quoi dormir. C’est après quelques recherches via l’oncle google que nous trouvons enfin le campground que nous cherchions désespérément. La nuit masque de décor, tout ce que je sais c’est qu’à la place d’une plage de sable fin, nous profitons des moustiques de la mangrove voisine. Le gardien du parc, après nous avoir refusé l’autorisation de camper accepte quand je lui précise que nous avons de quoi payer le loyer (1 euros par personne), il dit « ok ok ok » mais ne nous à jamais réclamé son dû… Ok ok ok, il y a surtout un problème de communication. Quoi qu’il en soit, une chose est certaine, on a bien repris la route et Geocyclab est de retour.