Jeudi 29 novembre 2012

80 km

A coté d'Iznajar

N 37°20,027' W 4°17,502'

617 m

Jour 61 – A coté d’Iznajar

Fanch: 2000 kilomètres au compteur. Nous progressons lentement mais sûrement, chaque tour de roue a son importance même si certains paraissent plus difficiles que d’autres. On avance. La montagne ne nous lâche pas et je repense au au pistes landaise sur lesquelles nous glissions sans même nous en rendre compte. Dans l’effort mon regard se perd dans les oliviers et mon esprit dans ses pensés. Les paysages disparaissent et seul le goudrons attire mon attention jusqu’au moment ou, les couleurs des collines, d’un coup réanimé par le soleil de 16h me ramènent à la réalité. Et là, Iznajar se dévoile au loin, la citée andalouse surplombe majestueusement le lac du même nom. Le spectacle est à couper le souffle même si mes yeux sont lamentablement plombés par la fatigue de ces dernières 80 bornes de montagne.

Quelques minutes plus tard, Barth explose littéralement sont dérailleur. Mais encore une fois, la chance nous sourit car la séquence se déroule à une petite centaine de mètres de notre point d’arrivée, un bistrot de bord de route derrière lequel se trouve un magasin de cycles… Au bistrot-satation service-épicerie, Barth et moi rencontrons Armelle, Greg et Cloé chez qui nous logerons pour les jours à venir. Ce sont des retrouvailles pour Fanchic car c’est ici qu’il a consacré un ans et demi au jeunes de l’association Ribinad.

Barth : Je ne regrette pas l’achat de mon nouveau duvet ! j’ai dormi sans interruption malgré le froid. La pleine lune se couche juste avant le lever du soleil et déjà les oiseaux chantent. La fraicheur humide du petit matin laisse vite place au soleil andalou, mais nous roulons face au vent qui est presque froid dans les descentes. Les kilomètres défilent toujours au beau milieu des oliviers, avec de part et d’autre de la route des montagnes qui nous obligent à suivre la vallée. Une petite pause café dans un bar où le patron est originaire d’Avignon et nous atteignons Loja à midi pour le déjeuner. Nous attendons que le pain cuise en sirôtant un coca. Ici nous avons du mal à tenir une conversation tant l’accent andalou s’avère incompréhensible… Les « s » n’existent pas et le débit de paroles prend le dessus sur l’articulation…

Après un pique-nique champêtre au bord d’un ruisseau où Fanchic manque quelques truites, nous renfourchons nos vélos. Nous sommes en terrain connu pour Fanchic, lorsqu’il travaillait ici les années précédentes, il a eu le temps de repérer tous les bon plans pour pêcher discrètement… Mais nous n’avons pas le temps de flaner, après avoir suivi la vallée toute la matinée, nous attaquons maintenant la montagne, avec des montées de 10kms ! Les pauses son rapides, il ne faut pas refroidir ! Je n’ai plus la force de sortir l’appareil photo au moment où nous découvrons Inznajar, notre objectif du jour, village perché sur une falaise qui surplombe un immense lac. À vol d’oiseau, nous sommes à une poignée de kilomètres, mais il nous faut contourner une vallée sur une bonne vingtaine de kilomètres de déscentes et de montées avant de pouvoir souffler vraiment. Une dernière pause à une station essence où nous rencontrons Armelle qui est venue au devant de nous, et c’est la dernière descente jusque Iznajar ! 80kms au compteur !

A 500 mètres du bar où nous devons retrouver Greg, Chloé et Armelle, les anciens collègues de Fanchic qui nous hébergeront, j’entends un bruit atroce provenant de ma roue arrière et je sens mon pédalier qui se bloque. Je viens d’achever mon dérailleur que je n’ai pas pris le temps de régler depuis Bilbao et qui je ne sais comment s’est retrouvé pris dans les rayons de ma roue… Je n’en crois pas mes yeux, il est complètement tordu et retourné ! Heureusement que cela nous arrive ici et pas en pleine montagne… Par miracle, il y a un magasin de vélos juste à côté de notre point de rendez-vous. J’y abandonne donc ma monture et prends le temps de souffler au chaud avec nos hôtes pour un apéro bienfaiteur !

Nous faisons ensuite les derniers 15kms de montée en voiture pour rejoindre la maison où nous allons passer les prochains jours. La soirée se prolonge un peu tard, autour d’un plat de pâtes ressourçant…

Fanchic : J’ai beaucoup de plaisir à approcher d’Iznajar. Les montagnes, les villes, deviennent peu à peu familière. A Loja, je retrouve un ruisseau à truite jadis pêché avec succès. Certain de ma victoire imminente, j’annonce la pêche de notre repas du soir. Effectivement, les truites sont là mais comment dire le lien ne s’établit pas. Elle me font la gueule, je suis parti trop longtemps, toute les mêmes!!! Mon ego encore endolori par leur manque de reconnaissance, je repars, vexé.
Première vue sur le lac d’Iznajar après une montée sans fin. Le soleil décline déjà, mais il brille encore sur la ville. Ca me fait quand même quelque chose de me retrouver ici…