Vendredi 29 août 2014

100 km

Kuala Perlis, Kangar, Malaisie

N 06°23,940' E 100°10,938'

23 m

Jour 610 – Objectif Thaïlande

Barth : La fin de notre séjour à Penang s’est un peu éternisée, le temps de boucler et mettre en ligne le dernier Checkpoint assorti du trailer de présentation de Geocyclab, de lancer la campagne de financement sur Ulule dans la foulée, et de fignoler tout un tas de petites choses administratives avant de reprendre la route. Durant nos rares moments libres nous profitons des derniers jours de présence d’Armand, l’espagnol avec qui nous avons pris l’habitude de refaire le monde autour d’un dîner dans notre cantine indienne, puis avec Kamel qui débarque de Paris et se présente comme champion de bahasa (la langue parlée en Indonésie et en Malaisie), et bien sûr avec notre ami Zul que nous n’avons malheureusement pas le temps de visiter dans le sud de l’île… La pluie nous force à restée une dernière journée consacrée au repos, nécessaire après ce marathon de boulot.

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Jeudi 28 août, le temps de petit déjeuner, de boucler les bagages, de laisser un message dans le livre d’or et de faire nos adieux à Jeremy, et nous voilà partis en direction du port. Un varan barbote sous nos pieds le temps d’attendre le ferry qui nous amène rapidement à la gare. L’objectif consiste à tenter de prendre le train pour nous rapprocher au maximum de Bangkok et finir la route à vélo car le temps nous est compté avec notre visa birman et nous n’avons pas le temps de pédaler les 1000 kms qui nous séparent de la capitale thaïlandaise.. Pour avoir déjà pris ce train en rejoignant Anaïs il y a deux mois, je doute fort que nous puissions y embarquer nos vélos mais nous allons tenter le coup, on ne sait jamais.. Pas de problème pour acheter les tickets, le chef de gare nous assure que c’est possible.. Encore une bonne heure d’attente avant de démonter en dernière minute et en vain nos montures, car le chef de train lui n’est absolument pas du même avis.. Nous regardons donc le train partir, un peu énervés d’avoir perdu autant de temps pour rien, et après nous être fait remboursé les billets et remonté nos bécanes nous prenons donc la route à vélo en direction de la frontière où il devrait être possible cette fois d’embarquer nos vélos dans le train…

La météo est avec nous, et malgré ce départ tardif nous parvenons à enchaîner une cinquantaine de kilomètres avant que la nuit ne nous oblige à stopper. Nous bifurquons alors sur la gauche pour explorer une sorte de petit village de bord de route qui a l’air accueillant.. Pas le temps de chercher bien longtemps, Pin et Wey nous avaient repéré et viennent à notre rencontre. Cyclistes tous deux ils ont compris rapidement ce que nous cherchions et nous entraînent sur une sorte de place où se prépare la soirée d’ouverture d’une dizaine de jours de festivités chinoises.

Avec Wey et son adorable fille...

Avec Wey et son adorable fille…

Une douche, un dîner gratuit et deux lampes pour nos vélos nous sont offerts par nos amis. Quel accueil ! Puis un spectacle de théâtre traditionnel commence, les costumes et les chorégraphies sont magnifiques mais la sono foireuse rend l’épreuve assez insoutenable pour nos têtes fatiguées par le trafic de la route. Une pause pour nos oreilles le temps d’aller boire un verre dans la rue d’à côté et la soirée se poursuit entre discussions avec les curieux, réparation de fortune des sacoches de Fanch qui baillent aux corneilles par le fond depuis ce matin. Wey repasse nous voir avant d’aller se coucher et nous papotons un peu plus en sirotant une étrange soupe sucrée avant que le spectacle ne s’achève enfin. Les acteurs sont ensuite embarqués dans une cérémonie religieuse qui se tient en parallèle et que nous ne comprenons pas vraiment. Une sorte de rituel d’invocation qui s’achève sur les cris d’une des actrices dont les nerfs semblent avoir lâchés. C’est la fin, les bières sortent, la nourriture est toujours là, mais nous décidons de sortir les matelas à quelques mètres pour essayer de dormir un peu…

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Nos sympathiques hôtes chinois ont joué les prolongations jusque très tard dans la nuit avec la discrétion qui fait leur réputation, nous n’avons que très brièvement fermé l’œil cette nuit et le lever à six heures est un peu vaseux. Nous saluons Wey qui part au boulot, avant de reprendre notre route. Les kilomètres s’enchaînent bien entre quelques pauses pour manger ou boire un limau ais (citronnade) et nous croisons Tom, un cycliste allemand qui fait la même route que nous en sens inverse et qui nous donne des informations surprenantes sur le Pakistan, le Bengladesh et la Birmanie, gros points d’interrogations sur notre parcours à venir. Malgré les nuages, la chaleur et le manque de sommeil nous forcent à stopper au bord d’une rivière pour dormir à l’ombre une heure ou deux. Toujours quelques varans qui barbotent dans une eau café au lait…

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L’après-midi, notre avancée se poursuit dans un paysage changeant. Les palmiers à huile laissent la place aux rizières et on aperçoit quelques pitons rocheux qui annoncent notre arrivée prochaine en Thaïlande. Avec cent kilomètres au compteur, nous trouvons refuge à l’entrée de Kangar, la dernière ville avant la frontière et dînons à la cantine indienne locale en prenant quelques nouvelles d’Ulule sur internet. Déjà 30% en à peine quelques jours, ça démarre fort !

Dernière nuit en Malaisie, nous passerons la frontière demain matin si tout va bien. Comme jamais j’ai hâte de sortir de ce pays, de tourner cette longue page et de changer de culture…