Jeudi 25 septembre 2014

40 km

Tak, Thaïlande

N 16°52,3380' E 99°07,386'

112 m

Jour 637 – Sur la route de Tak

Barth : Nous sommes le lundi 22 septembre, il est trois heures du matin, une pluie fine détrempe la gare de Nakhon Sawan où nous venons d’être jetés à moitié endormis avec nos vélos. Je regrette un peu que nous n’ayons pas opté pour l’option couchette, les cinq heures de trajet sur une banquette aussi raide que minuscule furent éprouvantes, mais c’eut été prendre le risque de nous réveiller à Chiangmai une douzaine d’heures plus tard… Pas question de prendre la route de nuit, surtout avec la pluie, nous installons donc un bivouac de fortune au bout du quai histoire de pouvoir dormir quelques heures un peu à l’abri des moustiques… Il n’y a pas de doute, on a bien repris l’aventure !

Sept heures, ce n’est pas le premier bruit que j’entend mais cette fois la voix semble m’être adressée. Apparemment on gène… Le manque de sommeil rend le lever de camp difficile, mais dix kilomètres jusqu’au centre, un petit déjeuner et un café wifi pour étudier la carte, achèvent de nous réveiller.

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On suit une petite route qui longe la rivière Ping, très calme et parsemée de quelques hameaux. Après ce long séjour à Bangkok on apprécie énormément le calme de la campagne, le chant des oiseaux et des grenouilles… Quelques pauses pour manger ou boire un peu, des sourires tout le long de la route mais toujours de grandes difficultés pour communiquer. En fin d’après-midi, la petite route se transforme en chemin, puis en piste au milieu des fourrés et nous débouchons tout à coup dans un temple empli de milliers de singes ! Un moine nous fait savoir que ce n’est pas possible de dormir ici, c’est sans doute mieux pour notre matériel avec cette armée de voleurs potentiels, on rattrape donc la route sous le crachin qui a repris.

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Nous trouvons finalement notre bonheur dans un autre temple, sans singes cette fois ci, et un des moines nous indique un endroit pour installer nos moustiquaires, les douches et même une prise électrique ! Le coucher du soleil et l’arrivée en masse des moustiques nous poussent au lit à 18h30, sans trop forcer vu la fatigue..

Cinq heures du matin, une cloche me réveille en sursaut, suivie de deux heures de sono à fond la caisse à quelques mètres de notre bivouac. C’est le réveil des moines, pas vraiment traditionnel, et ça sert aussi à appeler le petit déjeuner dans la campagne alentour car de nombreux visiteurs viennent apporter à manger pendant que nous levons le camp, boules quiès dans les oreilles. Nous n’attendons pas de nous faire inviter, le vacarme est trop insupportable…

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Quelques kilomètres dans un lever de soleil féerique, un pad-thai en guise de petit déjeuner et nous enchaînons… Il semblerait que ce soit un jour spécial pour les bouddhiste car tous les temples que nous croisons sont animés par des cérémonies. Cela pourrait expliquer le réveil en fanfare de e matin… L’un d’eux nous inspire un haïku, suivi d’une discussion limitée avec trois curieux dont un nous montre son lance-pierre sculpté et son couteau. La petite route n’est plus aussi linéaire, après quelques demi-tours et de nombreux chiens inhospitaliers nous décidons de regagner la grande route pour avancer un peu.. Malgré les nuages, il fait plus chaud que la veille mais les kilomètres défilent bien. À midi il fait trop chaud, nous nous arrêtons pour une sieste, et rencontrons Sukkhawit, un jeune d’une quinzaine d’années qui malgré un niveau d’anglais plus que sommaire tient à nous rendre service. Après nous avoir partager sa connexion wifi pour que nous remettions à jour notre itinéraire, il nous paye à manger sans nous laisser la possibilité de refuser..!

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Vers quinze heures nous reprenons la route et nous faisons offrir un pad-thai et quelques bananes par une femme qui nous parle beaucoup sans que nous ne comprenions grand chose. Le temple que nous choisissons pour passer la nuit est lui aussi animé d’une cérémonie, nous avons un peu peur de déranger, mais le verre de coca, les fruits et gâteaux qu’on nous offre nous rassurent vite ! Nous sommes autorisés à passer la nuit sous un toit au milieu de la cour, le meilleur emplacement étant déjà occupé par la dépouille d’un arbre, sacré sans doute… Douche et installation du camp pendant que la nuit tombe, entourés d’une bande de gamins biens sympas mais qui ne causent pas un mot d’anglais. La nuit les fait déguerpir et au moment de se mettre au lit le vent forcit et des éclairs illuminent l’horizon. Les trois moines qui sont nos hôtes viennent alors nous voir et nous proposent de nous réfugier dans leur maison commune. Déménagement nocturne donc et tentative de bavardage avec nos hôtes… sans grand succès, leur niveau d’anglais leur permettant tout juste de nous faire savoir que « Thaïlande is good ! »…

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Le rythme de la route est bien retrouvé maintenant, encore interrompu par quelques pauses administratives, particulièrement pour acheter nos billets d’avions en vue de notre séjour studieux à Kuala Lumpur fin novembre. Pour le reste, les petits restaurants aussi délicieux qu’omniprésents nous font dépasser les trois repas par jour ce qui nous permet d’enchaîner les kilomètres à une bonne allure malgré la chaleur. Plus nous avançons et plus le paysage se fait rural, les cultures variées sur de petites parcelles, les fermes en bois et les grand arbres qui nous offrent un peu d’ombre nous font un peu oublier nos kilomètres industriels en Indonésie et Malaisie ! Mais les temples se font rares, on décide de s’arrêter deux bonnes heures avant la nuit pour assurer le coup.. Un moine trônant dans une petite pièce surchargée de bibelots en tous genres dont quelques défenses d’éléphants qui encadrent son fauteuil, nous ouvre la porte du temple. Douche, électricité, 200 mètres carré de parquet, on en demandait pas tant ! On en profite pour bosser un peu sur le carnet de bord avant de dormir, en vue d’une synchronisation le lendemain, avant le cyber-vide de la Birmanie.

Il a plu toute la nuit, un gros orage d’abord suivi d’une pluie fine qui ne s’est pas arrêtée avec le lever du jour. La trentaine de kilomètres qui nous sépare de Tak, dernière étape urbaine avant la frontière, est assez vallonnée, annonçant la montagne qui nous attend pour bientôt. Les grenouilles et crapauds s’en donnent à cœur joie dans les marres avec le crachin qui ne s’arrête pas vraiment et on arrive un peu avant midi en ville. Le temps de déjeuner et nous trouvons une connexion wifi dans le hall d’un grand hôtel pour y synchroniser le site…

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Geocyclab est donc enfin de retour sur la route, les kilomètres vont de nouveau s’accumuler au compteur et les haïkus reviennent également ! Dans quelques jours nous serons en Birmanie, où les connexions internet vont se faire rares.. Le carnet de bord sera mis à jour dès que possible mais ne vous inquiétez pas en cas de silence un peu plus long que d’habitude !