Samedi 25 octobre 2014

10 km

Moreh, frontière Indo-birmane

N 24°15,3120' E 94°17,7971'

244 m

Jour 667 – Déjà l’Inde…

Fanch : On est bien, la Birmanie est derrière, l’Inde devant. Le moment est idéal pour saluer une dernière fois le peuple birman, je le remercie pour ses sourires sincères par centaines. Je lui souhaite aussi du courage pour affronter ces prochaines années qui vont être déterminantes pour le développement du pays. Il y a beaucoup à faire, ce qui veux dire que tout est possible mais aussi que c’est maintenant qu’il faut agir pour un avenir meilleur. Plus facile à dire qu’à faire ? Certainement (tout est plus facile à dire qu’à faire de toute façon) mais en se reposant sur l’exemple de la communauté Linux Myanmar et de ce qu’elle accomplit depuis 5 ans, on se dit encore une fois que tout est possible, il faut simplement y aller de bon cœur et en douceur.
Mais en tant que voyageur, c’est aussi sans nostalgie que je quitte le Myanmar, ce pays où il est difficile de se déplacer en dehors des sentiers balisés, où malgré un dépaysement réel et bienfaiteur, je ne me suis finalement pas senti à ma place. Mais l’aventure continue, l’Inde promet d’être haute en couleurs…

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Déjà, le passage de frontière se démarque des précédents. Les deux gardes indiens, après avoir pris notre température (dispositif ebola) nous ordonnent de déclarer nos véhicules aux douanes, un imposant bâtiment suréquipé mais complètement vide. Hello (écho) ? Namaste (écho) ? Il est efficace le système douanier Indien !!! On passe donc directement à la case immigration pour y faire tamponner nos passeports, le bureau est situé plus loin au village et nous mettrons un certain temps à le trouver. Là encore, personne, l’officier prend son petit déjeuner. Alors on patiente, hors de question de partir d’ici avec un visa non validé. 20 minutes plus tard, l’affaire est pliée puis nous ferons finalement une autre ultime halte dans autre bureau de douane, habité ce coup-ci avant de négocier pour repasser en Birmanie par un autre poste frontière (interdit aux étrangers) pour changer nos derniers kiats Birmans en roupies Indiennes. Puis enfin, après la phase administrative arrive celle de l’observation, nous prenons repos sur le banc d’une petite cantine, commandons notre premier chapati, tournons la tête à gauche, à droite… Nous y sommes, nous sommes en INDE!

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Barth : Passer une frontière est toujours un moment symboliquement fort au cours de notre avancée, mais je dois avouer que je ne suis pas prêt d’oublier notre arrivée en Inde. Nous entrons par une petite porte, loin des autoroutes touristiques et en débarquant dans cette région du Manipur coupée du cœur de l’Inde par le Bangladesh, je ne m’attendais absolument pas à un changement aussi radical. Moreh est une toute petite ville coincée entre la frontière birmane et une chaîne de montagne qu’il va nous falloir traverser en minibus pour ne pas perdre trop de temps. Les vélos sont chargés sur le toit du van, notre chauffeur attend d’éventuels passagers supplémentaires pour prendre la route, c’est le moment que choisi Mithun pour nous aborder avec un enthousiasme à peine atténué par la sieste dont il vient de sortir en apercevant nos vélos depuis la fenêtre de sa chambre d’hôtel. Mithun a la trentaine, il vient du sud de l’Inde et il est ici en repérage pour son activité d’organisateur d’excursions à vélo. Inutile de dire que le courant passe tout de suite très bien, d’autant plus qu’il semble que nous ayons des amis en communs en plus de pas mal de centres d’intérêts. Une rencontre improbable qui nous donne le ton de notre séjour en Inde ! Nous avons juste le temps de boire un tchai ensemble et d’échanger nos contacts en se donnant rendez-vous prochainement quelque part en Inde avant que notre chauffeur ne nous fasse signe qu’il est temps de prendre la route…

Mithun

Mithun

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Pas d’autre passager finalement, sinon ce type alcoolisé qui sort des funérailles d’un de ses amis et avec qui nous avons tout le loisir de sympathiser durant la longue et sinueuse route, au fur et à mesure qu’il dégrise, le froid de l’altitude aidant. Notre chauffeur ne s’attendait sans doute pas à passer autant de temps aux innombrables checkpoints militaires où nous devons montrer patte blanche. Il faut dire que les touristes sont rares ici et notre présence attise la curiosité des militaires qui tiennent tout autant à entendre notre histoire qu’à appliquer le protocole de contrôle qui s’applique sur la narco-route que nous empruntons… Nous arrivons finalement à Kakchin avec la nuit qui tombe une heure plus tôt, et le temps de poser notre barda dans une petite guest house il est déjà trop tard pour trouver un restaurant encore ouvert. Le dîner sera donc composé de chips et de gâteaux secs, pas terrible pour une première soirée en Inde, mais on se rattrapera bientôt !

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