Mercredi 5 novembre 2014

0 km

Gare de Guwahati

N 26°10,9596' E 91°45,0590'

61 m

Jour 678 – Route vers Guwahati

Fanch : Nous reprenons enfin la route, bien entendu escortés pas Rakib et quelques potes qui nous suivent sur encore 30 kilomètres. Les adieux, même si ceux-ci annonce un certain retour à la liberté, ne sont évidemment pas facile car ces trois derniers jours furent l’occasion de tisser des liens forts avec notre hôte et toute sa bande. Une chose est sûr, nous ne sommes pas prêts d’oublier notre séjour chez les Assamis. Quelques accolades plus tard, nous roulons entre les plantations de thé noir, un thé de qualité, qui fait la fierté des locaux. Le décor est somptueux pour ne pas dire magique quand la lumière filtrée par le feuillage des vieux arbres inonde les clairières. Les jardin de Versailles n’ont qu’à bien se tenir… 20 kms plus loin, nous entamons la traversée du parc national de Kaziranga, mondialement réputé pour sa large population d’éléphants sauvages, de tigres du Bengale et de rhinocéros unicornes. Le paysage est là aussi fantastique et quand mon regard fixe l’horizon je me perd à l’époque du Jurassique… Enfin presque.

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Un petit mot sur l’épisode des rhinocéros tout de même… Nous les apercevons au loin, en train de brouter nonchalamment une herbe probablement délicieuse. Mais nous ne sommes pas seuls, un petit groupe de touristes locaux s’est formé sur les bas côté de la petite route, pour beaucoup, ils observent tranquillement les mammifères via les écrans de leur smartphones et autres appareils à écran digital. Nous aurions voulu en faire autant mais notre arrivée va changer la donne. À peine arrêtés et tout ce petit monde se précipite vers nous, les téléphones changent de cible, nous nous faisons encercler en moins de temps qu’il en faut pour le dire, et le panorama disparaît aussi vite… Nous sommes coincés, hors de question d’abandonner les bécanes une minute, c’est les rhinos ou les vélos… Je perd patience et mon sourire avec, je ne supporte plus ces téléphones portables qui nous filment en permanence… On est tous deux d’accord, on dégage pour faire une pause plus loin, sans rhinocéros mais au calme.

100 bornes au compteur, nous rattrapons notre retard et demain on se fait la même ! Nous entreposons les vélos dans une petite chambre d’hôtel à la sortie du parc, à l’abri des regards indiscrets et des petites mains baladeuses, en ce qui nous concerne, une bonne nuit de sommeil s’impose.

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Le lendemain, c’est réparti pour un tour. Régulièrement un ou deux scooters nous suivent pour un interrogatoire filmé… C’est bientôt un militaire qui nous arrête tout excité de nous dire qu’il nous a vu sur la chaîne de télévision régionale. Il veut poser avec nous pour une photo souvenir. Assis sur mon siège, alors que je tente de m’adresser à lui, je tourne la tête vers l’arrière, fait un faux mouvement et me coince un nerf. Merde, la douleur est intense et me coupe la respiration… Et tout le monde continue de s’agiter autour, merde, merde, merde, je sature.

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Barth comprend rapidement que quelque chose ne va pas, le militaire aura besoin d’un peu plus de temps mais finira tout de même pas remarquer la chose, l’euphorie s’estompe. J’ai besoin de me détendre, de me poser au calme histoire de comprendre ce qu’il m’arrive. Une femme apporte deux chaises, du tchai et des biscuits, Barth sort en urgence son matelas et du baume du tigre, un massage plus tard et quelques minutes allongé à respirer profondément et je me sens déjà un peu mieux. Toute la scène est bien sûr filmée par une dizaine de téléphones… Je fini par m’endormir quelques minutes, à mon réveil la foule s’est dispersée, il ne reste plus que Barth qui discute avec Rupak, ce dernier nous invite plus tard à déjeuner dans la maison familiale en compagnie de son ami Raj.

Nous prenons donc le temps de faire connaissance autour d’un thali improvisé par la mère de notre hôte. Rupak et Raj sont hindous, tout deux brahmanes, ils nous expliquent sommairement le fonctionnement du système des castes qui aujourd’hui, même s’il n’est plus officiel, divise encore la société indienne. Nous les interrogeons au passage sur la nature multi-religieuse du pays et sur leur cohabitation avec les musulmans. La réponse est confuse mais il en ressort qu’Allah n’a pas la cotte.

???

Rupak

???

Raj

La douleur disparaît à coup de pommade anti-inflammatoire mais l’espoir de joindre Guwahati en vélo tombe à l’eau. Nous nous contentons des 10 bornes qui nous séparent de la gare la plus proche dans la ville de Nagaon. Rupak et Raj ont insisté pour nous accompagner et alors que nous arrivons en ville, ils nous demandent de patienter dans l’enceinte du commissariat où devrions être tranquilles le temps pour eux d’aller dégoter un hôtel bon marché, sympa les mecs ! Mais le calme est de courte durée puisqu’une équipe télé investira le petit bureau du commissaire. Ils nous suivaient déjà depuis quelques kilomètres, et continuent jusque dans le hall de l’hôtel, nous n’aimons vraiment pas leur façon de faire, délibérément intrusive. Je ne suis pas d’humeure et au risque de passer pour un con, je leur explique que je n’ai pas envie de parler à leur caméra et qu’ils perdent leur temps avec nous. Ça marche. La soirée qui suit se déroule tranquillement, Raj et Rupak se joignent à nous le temps d’un dîner et d’une rapide visite de la ville en moto. Une soirée posée qui nous fera le plus grand bien.

Bonjour!!! Comme je le disais dans l’article précédant, l’Inde est ordinairement extraordinaire…  En témoigne cet éléphant, qui vient nous saluer avec grâce à la porte de l’hôtel… Je pensais que ça n’arrivait que dans les films… Nous sommes sur le départ, objectif du jour, choper un train pour Guwahati en espérant pouvoir y caser nos vélos.

La suite au prochain épisode.

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Barth : Après quelques heures de train nous arrivons donc à Guwahati, capitale du pays Assam. On monte d’un cran en terme de densité humaine et il est impossible de stationner plus de deux minutes devant la gare sans créer un attroupement de plusieurs centaines de personnes qui a vite fait d’affoler les quelques agents de sécurité. On file donc vers le centre pour trouver un hôtel alors que la nuit est en train de tomber. Deux heures plus tard, après avoir explorer une vingtaine d’adresse en créant le même nombre d’attroupements, on finit par trouver un hôtel qui ne soit pas complet, à un prix un peu au dessus de notre budget habituel.. Certaines personnes s’adressent à nous en disant nous avoir vu à la télévision ou dans la presse, impossible de rester discrets tant que nous ne nous sommes pas débarrassé de nos vélos.

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Ce matin, Fanch s’est levé avant moi pour filer directement à la gare pour acheter nos billets pour Lucknow. Il nous reste une semaine pour y retrouver Sanjeev, un ami d’ami chez qui nous pourrons poser nos affaires avant de nous envoler pour Kuala Lumpur. Le compte à rebours commence à se resserrer… Après le petit déjeuner, nous retournons ensemble à la gare pour confirmer notre départ pour le soir même, et nous sommes reconduits gratuitement à l’hôtel par un tuktuk qui nous a vu passer en vélo la veille !

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Le reste de la journée est consacré à une exploration du quartier, entre les bidonvilles qui bordent les voies ferrées et un marché électronique qui nous rappelle de bons souvenirs d’Afrique. Une longue pause chez le barbier pour Fanch, une session internet pour apprendre que Sanjeev ne sera pas à Lucknow avant le 10 novembre (tant pis on improvisera) et après un rapide dîner dans la rue c’est déjà l’heure de retourner à la gare, et d’embarquer pour trente-six heures de train…

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