Jeudi 06 décembre 2012

0 km

Cortijo El Lanchar

N 37°20,027' W 4°17,502'

617 m

Jour 68 – Cortijo El Lanchar

Fanch : J’ai fais, sans m’en rendre compte, une grosse, très grosse connerie. Hier soir en rentrant de notre petite soirée, je me suis remis au boulot (toujours sur Arduino). Et là, à la suite d’une fausse manip, j’ai semble-il, gravement détraqué le système d’exploitation de l’ordinateur, évidemment, en essayant de réparer mon erreur, j’ai agavé le problème. Ma plus grosse connerie informatique… D’un coup plus rien, des messages d’erreurs s’affichent en blanc sur écran noir, je flippe et tourne en rond une bonne partie de la matinée. Le montage de Marinaleda est devenu impossible, l’accès au serveur local de notre site aussi, pour l’instant, nos données sont coincées à l’intérieur de la boite informatique et j’ai peur qu’on ne puisse plus les récupérer. Je culpabilise, forcément… En panique, je contacte Piero du collectif Linux Quimper qui répond rapidement à mon appel à l’aide. L’heure est grave, il me confirme l’ampleur des dégâts. Le système est bien endommagé. Et c’est parti pour 7 heures de lignes de code, la boule au ventre. Finalement, nos données sont sauvées mais le système est bel et bien endommagé et il va falloir patienter jusqu’à samedi, la prochaine Install Partie de Linux Quimper (les experts vont se réunir pour étudier notre cas) pour espérer résoudre la totalité du pépin. Nous devions partir samedi matin pour traverser le petit bout de méditerranée nous séparant de l’Afrique. Cette affaire va nous retarder et une re-plannification s’improvise en fin de soiré. Nous quitterons Iznajar lundi matin pour monter à bord du bateaux mardi soir.
Je souhaite vivement et sincèrement remercier Piero et ses acolytes LinuxMasters pour leurs disponibilités ainsi que pour leur réactivité. Ce méandre de ce malencontreux épisode témoigne une fois de plus de la générosité des acteurs du « Libre »

Fanchic : Journée funeste. L’ordinateur est hors service. Je me réveille, la seule vision des têtes décomposées de Fanch et Barth me laisse imaginer une sinistre nouvelle. L’ordinateur dans Geocyclab est un élément incontournable. Pour la tenue du site, la création artistique.

Comme je suis un peu extérieur aux projets « objets libres » et création, je peux me permettre de parler du caractère extrèmement ambitieux du projet. Pour cela je vais énumérer les contraintes de la partie vélo et celles que se sont fixées Fanch et Barth.

  • Rouler 50 km par jour. Certains diront c’est peu. Mais d’une, c’est pas du vélo pépère. Il faut trainer 50 kilos de matériel. Et de deux, il faut manger, faire des courses, s’arrêter parfois dans un bar pour réchauffer nos corps frigorifiés. Tout cela prend du temps et ne nous permet quasiment jamais de se poser avant 16H.
  • Trouver un lieu ou dormir. C’est pas forcément évident qand on ne va pas à l’hôtel. La recherche demande du temps, de l’organisation, beaucoup de discussions.
  • Rédiger et mettre en page le carnet de bord. Trier les photos.
  • C’est l’hiver… On serait partis un peu plus tôt… Mais c’est maintenant que l’on roule. Les organismes sont éprouvés. Les nuits parfois difficiles. Et surtout les jours sont courts.
  • Trouver un objet du jour, l’intégrer sur le site.
  • Répondre aux mails, rester en contact avec des proches.
  • Réaliser des Haikus. C’est des prises de sons, plusieurs plans et un montage.
  • Faire de la création, des « installations sonores ». La chose est pour l’instant passée à la trappe à la plus grande frustration de Barth et Fanch. Et pourtant, au départ le terrain technique était vierge, les outils pour le faire sont en train de voir le jour, car tout n’est que bidouille, expérimentations (l’ordinateur justement en a fait les frais).
  • Réaliser des portraits des personnes ou des lieu rencontrés. Je le découvre mais c’est beaucoup de travail. C’est pas seulement une prise de son et d’image.
  • Faire évoluer le site internet en permanence et donc trouver des connexions internets fréquemments. Au départ c’était même créer le site internet et le rendre fonctionnel pour le voyage.
  • Rechercher des systèmes D, prendre le temps de discuter avec leurs « inventeurs », réaliser des plans.
  • Découvrir les Fab Lab. Pour l’instant nous jouons de malchances et les villes dans lesquelles nous passons en sont dépourvues (pour exemple, il n’y en à pas à Madrid, mais 3 à Barcelone!) ou certaines contraintes nous empêchent d’y rester…
  • Et puis ce qui n’est pas une contrainte, bien au contraire, mais qui prend du temps, discuter avec toutes les personnes qui viennent nous voir à chacune de nos pauses.

Au quotidien, les trois premiers points énoncés nous prennent pour l’instant 80% du temps, je vous laisse imaginer le challenge pour la réalisation de tout les autres…

Barth : Jeudi noir pour Geocyclab… La joie de Fanch hier soir lorsqu’il était enfin parvenu a installer les librairies Arduino qui nous serviront à faire différentes installations, s’est transformée ce matin en panique. L’ordinateur ne fonctionne quasiment plus, ses fonctions vitales sont atteintes (wifi, montage de disque, son…), je fais donc une croix sur la journée de montage que je prévoyais…

Nous lançons quelques bouteilles à la mer dans l’espoir d’un sauvetage – heureusement qu’il nous reste la tablette et l’iPod pour communiquer sur le web – et vers midi, Piero de Linux Quimper vole à notre secours !!! C’est lui qui avait réussi à débloquer notre wifi au tout début du voyage, merci Piero !

S’en suit une longue après-midi de tchat entre Fanch et Piero, et lignes de commandes après lignes de commandes, le diagnostic s’affine. Le système est bien abimé, il faut sauvegarder toutes les données sur notre disque externe…

Tout en gardant un oeil à cet étrange dépannage à distance, je profite de l’occasion pour faire un peu de courrier personnel et administratif, et pour ajouter à l’ambiance de folie de cette journée je m’écrase quelques doigts sous trois buches que j’amenais pour le feu de cheminée… Il y a des jours comme ça… Rien de grave mais ça fait trés mal sur le coup !

En fin de journée, petite réunion de crise pour reporter notre départ. Piero nous propose d’intervenir à distance sur l’ordi samedi, à l’occasion de l’install-party qu’organise Linux Quimper à Concarneau. Comme souvent, nous devons choisir entre prendre le temps de régler nos outils et nous dépêcher d’avancer… Décision est prise de reporter notre départ au lundi pour repartir avec un ordi en état de marche.