Lundi 10 novembre 2014

0 km

Quartier de la gare, Lucknow

N 26°50,02' E 80°55,2787'

128 m

Jour 683 – Arrivée à Lucknow

Barth : Voyager autour du monde vous amène à battre toutes sortes de records personnels et cette fois je viens de battre celui de mon plus long voyage en train. Deux nuits et une journée en classe « sleeper » où nous sommes les seuls étrangers, se révèle être une expérience plaisante en dépit de la sinusite qui me tient. J’ai passé le voyage perché sur ma couchette a observer, souvent dans un demi sommeil, l’ambiance de notre wagon… Familles, enfants, vieillards, militaires, étudiants se succèdent au gré des stations, la plupart du temps sans réservation ce qui donne lieu à de joyeuses négociations pour trouver une place. Je me retrouve ainsi pendant quelques heures avec un homme ayant choisi mes jambes en guise d’oreiller, mais je ne peux pas me plaindre quand je regarde l’empilement de corps qui recouvre le sol sous mes pieds. A chaque arrêt des marchands de tous poils font les allers retours pour vendre nourriture, boissons et autres bricoles en scandant la promotion de leurs produits avec des voix incroyables.

Vendredi 7 novembre, six heures du matin, notre train entre en gare de Lucknow alors qu’un soleil rouge se lève dans la brume poussiéreuse. Des aigles survolent les toîts occupés par une armée de singes, tandis que de nombreux passagers se brossent les dents en bavardant aux quatre coins de la gare. Nous arrivons à poser nos vélos sans provoquer d’attroupement le temps de boire un réconfortant tchai, avant de filer vers le centre ville en quête d’un petit déjeuner et d’un hôtel pas trop cher…

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Fanch : Lucknow sonne pour nous comme la fin du premier épisode Indien. C’est de cette ville que nous prendrons un train pour Calcutta d’où nous décollerons ensuite pour Kuala Lumpur. Mais d’ici là, notre emploi du temps s’annonce chargé. A commencer par le tournage du checkpoint 011 que vous avez peut-être déjà découvert. Un gros checkpoint qui n’a pas été évident à tourner, premièrement parce qu’il a fallut faire le tri dans ce que nous voulions raconter, montrer, deuxièmement parce qu’en Inde plus qu’ailleurs, il est difficile de trouver un lieu à la fois calme et exposé à la lumière du jour. Et comme le veut la tradition, c’est sur une autre terrasse, celle de notre petit hôtel devenu notre QG, à l’heure où les singes acrobates font leur première ronde que nous avons trouvé notre bonheur.

Geocyclab s’installe donc dans le quartier de la gare pour cinq jours de boulot. Mon compère s’enfonce dans le montage vidéo et ne sortira bientôt que pour profiter des douceurs culinaires que notre cantine élabore à chaque repas (ainsi va la vie du gros bosseur qu’il est). Ma mission consiste à trouver un endroit sûr où stocker la majeure partie de notre matériel jusqu’à fin décembre, de réserver les tickets de train (une affaire délicate puisqu’ils sont apparemment tous complets) et enfin, d’entretenir le contact avec Navin de Biji-Biji qui s’active déjà à Kuala Lumpur pour nous trouver le matos nécessaire à la future installation artistique.

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Trois jours que nous sommes ici et nous avons bien avancé. Barth finalise le checkpoint et j’ai trouvé un couchsurfer qui accepte de garder les bécanes au chaud, nous l’avons brièvement rencontré ce soir dans sa maison-musée aux accents coloniaux prononcés. Birenda de son prénom, un personnage intéressant avec qui nous devrions passer plus de temps à notre retour. Reste cette histoire de train qui me met un peu la pression. Un problème qui va se résoudre la veille du départ après trois allers-retours à la station, quelques heures de queue et deux ou trois formulaires à remplir, nous embarquerons pour Kolkata le mercredi 12 novembre à 8H45, à bord du Doon Express. Ouf…

Entre temps, je me suis fait surprendre par une petite et douloureuse tourista qui me met KO pour 24 heures et qui durera jusqu’à… Et qui en fait est encore d’actualité quatre jours plus tard. Nous sommes en Inde rien de très surprenant là-dedans. Mais tout de même, le voyage en zone tropicale est physiquement éprouvant, surtout depuis l’épisode dengue (qui commence à dater) j’accumule les petites merdes de santé et je sens la fatigue qui s’accumule. Infection pulmonaire, indigestion, crève, infection non-identifiée autour des narines (probablement dûe à la poussière), mycoses, torticolis, tourista… Il y a des signes qui ne trompent pas, mon corps à besoin d’un petit break et le Népal va me faire le plus grand bien. Barth aussi à besoin de repos, il traîne une toux depuis trop longtemps, avec des hauts et des bas mais sans jamais se remettre complètement d’aplomb. Ceci dit, ne vous inquiétez pas, maintenant que nos vélos sont à l’abri, que le train est réservé et que le montage du checkpoint est achevé, le moral est bon… Il ne reste plus qu’une grosse mise à jour du carnet de bord d’ici notre arrivée à Kuala Lumpur et tout sera parfait !

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Lucknow? Et bien nous n’en avons pas découvert grand chose si ce n’est le coin de la gare, ses singes et ses cerf-volants qui à l’heure du soleil couchant volent au-dessus des toits par centaines. Mais nous y reviendrons bientôt pour faire d’avantage connaissance et pour explorer un peu plus en profondeur les mystères de cette ville délaissée à tort (selon Birenda) par les touristes. Tant mieux pour nous ! Aller, on file, à bientôt Lucknow !