Vendredi 07 décembre 2012

0 km

Iznajar

N 37°15,936' W 4°18,608'

474 m

Jour 69 – Iznajar

Barth : Peut-être est-ce un peu par compassion pour notre ordinateur, en tout cas c’est officiel, j’ai la crève ! Depuis le début de semaine qu’elle me guette, il fallait bien que ça sorte. Je passe donc une journée au chaud à dormir et à réfléchir…

Un petit regain d’énergie en fin de journée me permettra de faire quelques mises à jour sur le site depuis ma mini-tablette pour que les publications continuent, et de mettre en ligne notre premier « objet libre« , avant de passer une bonne fin de soirée avec Greg et Armelle qui viennent de rentrer.

Au plus profond du brouillard dans lequel j’errais une grande partie de la journée, j’ai eu pour la première fois depuis le départ, l’impression de relire un peu le trajet parcouru à la mesure de ce qu’il nous reste à accomplir. Je me rends compte que nous sommes toujours en train de partir. Aux portes de l’Afrique, nous passons une semaine avec des français, dont une bonne part de bretons et profitons du confort d’une maison. Il va sans doute falloir remettre l’ordinateur à zéro, l’outil de travail central de notre atelier. Deux mois après le départ, j’ai toujours le sentiment d’être en rodage, en prise d’élan pour me lancer vraiment dans l’aventure. J’ai déjà séjourné trois ou quatre fois en Espagne, pas bien longtemps à chaque fois, mais assez pour ne plus avoir la totale sensation de découvrir. Et nous sommes toujours en Europe, les repères climatiques, économiques, culturels, ou sociaux sont sensiblement les mêmes… Je crois que même au Maroc, où j’ai fait deux voyages de trois semaines à dix ans d’écart, je me sentirais encore en terrain pas complètement inconnu…

C’est le temps et l’espace que je me donne pour finir de « partir » et entrer enfin pleinement dans le voyage et l’aventure Geocyclab. Trois ou quatre mois sur trois ans, ça me parait équilibré. Bien sûr, il y aura d’autres caps, comme la traversée des océans, le passage dans l’hémisphére sud, les chiffres ronds de kilomètres accumulés, mais je demande parfois si au retour il y aura aussi cette piste d’aterrissage de quelques mois… Mais nous n’en sommes pas là. Pour le moment, il nous faut prendre encore un peu le temps d’affiner nos protocoles, nos outils et les principes de notre nouveau mode de vie pour que l’atelier nomade tourne sans trop de heurts sur le reste du globe !

Fanch : Plutôt que de tourner en rond en attendant demain (le jour du dépannage informatique à distance), j’irais bien me balader… ah, non, il pleut… Aller! Je pars avec Fanchic au village pour nettoyer, régler et graisser les articulations de mon pauvre vélo qui n’a pas roulé depuis une semaine déjà… et qui ne demande que ça.