Samedi 31 janvier 2015

60 km

Pushkar

N 26°29,474' E 74°33,042'

509 m

Jour 765 – Arrivée à Pushkar

Barth : Jeudi 29 janvier, le rythme de patachons que nous avons pris durant les vacances et entretenu chez notre ami Biren à Lucknow rend difficile le réveil matinal. Mais cette fois nous sommes debout juste à temps pour lever le camp avant midi et reprendre enfin la route ! Et c’est bon de retrouver le bitume, de sentir les muscles se réveiller dans les jambes tout en assistant au spectacle inépuisable de la campagne du Rajasthan.

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Fanch a mal encaissé cette première journée de pédalage, sans doute à cause d’une surdose de piment dans une des cantines que nous fréquentons, et le pauvre ne profite pas vraiment des rencontres certes intenses mais ô combien vivantes qui nous attendent à chaque virage. On adopte donc un rythme léger avec de longues pauses pour ne pas forcer. Et les deux gamins qui tiennent le restau routier où nous nous soufflons ce midi ont décidé de tirer partie de notre assoupissement en essayant seuls mon vélo chargé sans trop de difficultés !

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C’est la saison des mariages en ce moment et il est impossible de trouver une chambre de libre dans les quelques guesthouses qui jalonnent la route. Le soleil est en train de tomber, le prochain village est à plus de 15 kilomètres et nous ne sommes pas sûrs d’y trouver un toit, il va donc falloir improviser… Le temps d’acheter de l’eau est un dîner frugal et nous filons sur une petite route dans l’espoir d’y trouver un endroit discret pour bivouaquer.. Quand nous sommes rattrapés par une moto conduite par un des hommes à qui je venais d’expliquer que nous allions nous débrouiller pour camper quelque part. Kalash a décidé de nous inviter à dormir chez lui, dans la ferme familiale que se partagent son père et son oncle. Nous débarquons donc quelques minutes plus tard dans la cour de la grande maison, accueillis par une ribambelle d’enfants et quelques femmes plus discrètes qui font apparaître un tchai, puis deux, puis une bassine de braises pour contrer le froid qui arrive avec la nuit, et pour finir un délicieux dîner de chapatis accompagnés de fromage blanc et d’un lassi ! Il ne reste plus qu’à nous glisser dans nos sacs de couchage sous le regard incrédule de la petite tribu et à nous étendre au côté de Kalash sur les trois lits qui ont été disposés dans la partie couverte de la cour…

Kalash

Kalash

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Une nuit de dix heures d’un sommeil de plomb, il y avait longtemps que ça ne m’était pas arrivé ! Et le réveil à l’aube n’en est que plus doux. Un feu à déjà été allumé et comme la veille les tchais apparaissent comme par magie ! Kalash est conducteur de tracteur et il se fait un plaisir de nous faire démonstration du sound system embarqué que tous les tracteurs du Rajasthan semblent arborer. Le temps d’une séance photos et de remercier toute la famille pour cette généreuse hospitalité, et nous reprenons la route accompagnés par des gamins sur le chemin de l’école. La campagne au petit matin est splendide, de nombreux oiseaux saluent les premiers rayons de leurs chants à peine perturbés par le passage régulier de ces fameux tracteurs crachant à pleine balle les derniers tubes de Bollywood à des kilomètres à la ronde. Les nombreux villages que nous traversons sont animés par les élections du district qui se tiennent en ce moment et il n’est pas toujours aisé de fendre la foule compacte qui se presse avec ferveur près des bureaux de vote !

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Plus nous filons vers l’ouest et le désert et plus nous entrons dans le territoire des gypsies, plus ou moins sédentarisés. Il est difficile de l’expliquer, mais c’est une autre énergie qui se fait sentir, plus folle, plus libre, plus impertinente, qui annonce un peu l’ambiance de Pushkar, la cité sacrée aux portes du désert où nous allons poser notre camp ce soir, et retrouver Thomas, le français que nous avions rencontré à Jaipur et à qui nous devons remettre son chargeur de portable oublié là-bas. Plus que quelques grimpettes dans la poussière et nous y serons, pour le grand soulagement de Fanch qui n’a toujours pas retrouvé la forme…

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