Samedi 15 décembre 2012

45 km

Route de Tiztoutine

N 35°04,299' W 3°12,784'

172 m

Jour 77 – Route de Tiztoutine

Barth : La nuit aurait été parfaite sans ces insupportables chiens qui aboient sans cesse pour un rien… C’était déjà le cas en Andalousie, je mènerais mon enquête pour comprendre ce qui fait qu’ici on laisse les chiens aboyer. Je suis le premier levé et profite du petit plaisir de relancer le feu sur les quelques braises restantes de la veille. Le soleil se montre vite et fait sécher les tentes pendant que nous buvons le thé, puis nous reprenons la route.

Il fait chaud mais ça grimpe moins qu’hier. Je ne sais pas bien ce qui m’arrive, mais à ma grande surprise je me retrouve en tête de notre petit peloton sur une grande partie des 40 kms qui nous séparent de Tiztoutine. Nous suivons plus ou moins une vallée et les montagnes qui se profilent à l’horizon me rappellent que ça ne va pas être aussi tranquille dans les jours qui viennent.

Nous arrivons sur le coup de midi dans cette petite ville traversée par une route, avec pour objectif de manger un morceau et de trouver un endroit pour brancher l’ordinateur. Nous devons mettre à jour la version locale du site pour synchroniser demain afin que les publications s’enchaînent sans coupure. Nous passons donc la fin de l’après-midi à siroter des thés à la menthe devant l’ordinateur, dans un café où peu de gens parlent espagnol ou français.

Avant que le soleil ne se couche, nous sortons de la ville et trouvons refuge dans une oliveraie, pour changer ! Je termine le montage des derniers haïkus pendant que Fanchic prépare le repas et que Fanch tente en vain de réparer sa tente dont un des arceaux s’est brisé net… La mouise…! Heureusement il fait sec et nous sommes abrités du vent derrière une maison, mais il va falloir trouver une solution rapidement. Une fois couchés, les chiens commencent à aboyer, en guise de berceuse…

Fanch : Les mêmes questions reviennent inlassablement… rouler ou travailler, avancer ou se poser. Néanmoins, si j’ai encore ce sentiment frustrant de ne pas faire les choses à fond, l’organisation s’améliore et aujourd’hui nous sommes parvenus à atteindre notre objectif. Les 50 kilomètres ont (quasiment) étés atteins, une belle mise à jour du site à été effectuée et trois haïku sortent assemblés du logiciel de montage.

Le paysage évolue, nous roulons sur une plaine aride. Les eucalyptus cèdent leur place aux buissons de cactus. Un mince filet d’eau coule dans le lit d’une rivière et la poussière voile mes souvenirs de la glaise gluante des oliveraies andalouses. Nous déployons nos panneaux solaires pour la première fois pour les fixer sur nos vélos, je me coiffe de mon turban violet qui auparavant servait d’écharpe. Il est 10h, le soleil est au rendez vous. Enfin, le vent de la descente ne me glace plus la peau.

Nous ne passons pas inaperçus avec nos bécanes, chargés comme des mulets. Chaque pose est l’occasion d’un sourire, d’un dialogue (plus ou moins compréhensible), d’un coup de klaxon. Les Marocain nous accueil à bras ouverts.

L’un des arceaux de ma tente a déjà rendu l’âme, comment ne pas être énervé, hein!.. Ma tentative de réparation « système D » a échoué… Mais la toiture de fortune se tient malgré tout et étant donné les conditions climatiques du moment, je ne me fais pas trop de souci pour ce soir.

Fanchic : Les premières questions d’eau se posent. Et ouais en bons européens que nous sommes nous suspectons nos estomacs de ne pas supporter l’eau du robinet. Du coup il nous faut acheter de l’eau minéral, c’est pas compliqué y en a partout, mais c’est cher, logique. Il nous faut aussi prendre de l’eau du robinet pour la toilette, la lessive, la vaisselle. On va apprendre à rationner, en fait simplement à ne pas gaspiller. Déjà la vaisselle se règle avec 1,5 L d’eau, qui dit mieux. La toilette et la lessive je sais pas, ce sont des passes-temps que je délaisse…