Samedi 7 février 2015

0 km

Pushkar

N 26°29,394' E 74°33,167'

494 m

Jour 772 – Dans la fièvre de Pushkar

Barth : Comme des touristes en Inde, nous prenons racine dans l’ambiance survoltée de Pushkar, petite cité sacrée et touristique où Fanch a pu se refaire une santé grâce à la cuisine un peu moins locale que celle que nous croisons sur la route. Un petit hôtel pas cher et à l’écart du centre ville bruyant, quelques adresses pour se restaurer, et les petites montagnes qui surplombent la ville pour déconnecter rapidement, les conditions sont requises pour pouvoir se concentrer un peu sur l’avenir un peu flou de Geocyclab.

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Car, malgré le plaisir d’avoir retrouvé le pédalage dans le décor magnifique du Rajasthan, quelque chose n’est pas comme avant. Nous n’avançons plus, nous tournons désormais en rond… La décision fut longue à prendre et nous venons finalement d’acheter nos billets d’avion, direction la Georgie dans un mois. La traversée du Pakistan et de L’Iran n’est donc plus au programme et nous avons un peu de mal pour le moment à nous réjouir de ce choix frustrant qui va fermer la page asiatique de notre voyage de manière un peu brutale. Mais la raison l’a emporté cette fois-ci. Il y a la sécurité tout d’abord, qui ne semble pas garantie au Pakistan et qui rend l’obtention d’éventuels visas un peu trop aléatoire. Il restait alors l’option de prendre un vol pour l’Iran, mais là aussi le coût et la complexité de l’obtention de visas nous a découragé, dans la mesure où en arrivant à Téhéran, la plus grosse partie du pays aurait été dans notre dos… Même si ça fait du bien d’avoir les billets en main, de savoir enfin à quelle sauce nous allons être mangés dans les mois qui viennent, je sens que ces deux immenses pays vont nous laisser une sensation de vide, de trou, de rupture spatio-culturelle, pour des raisons politiques qu’il n’est pas évident d’accepter.

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Alors il nous reste un mois pour profiter de l’Inde, en pédalant un peu certainement, en restant disponibles aussi en cas de retour d’un des lieux de la culture du Libre que nous avions contacté depuis Lucknow, et en prenant le temps de remettre un peu d’ordre dans l’atelier, de trier les affaires qui ne servent plus, de nettoyer nos pauvres montures qui gardent encore la poussière Birmane collée à la moiteur malaisienne précédente.. Bref, de préparer la dernière ligne droite de notre aventure qui depuis la Georgie va nous faire traverser la Turquie d’est en ouest, jusqu’aux portes de l’Europe que nous devrions atteindre au début de l’été. La sensation est étrange de se retrouver si proches du retour. Lla pause hivernale que nous venons de faire nous a laissé le temps de mesurer un peu les deux années qui viennent de s’écouler, et de réaliser qu’il allait bientôt falloir se pencher sérieusement sur l’organisation du retour. Car si Geocyclab c’est trois ans de voyage, ce fut aussi deux ans de préparation en amont, et sans doute un ou deux ans de production au retour. Cette errance rajasthanaise tombe donc plutôt bien, pour commencer à poser les grandes lignes de cette troisième phase de Geocyclab : la restitution !

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Roxana nous a rejoint pour souffler un peu aussi après une intense visite de Jaisalmer, et Pushkar va certainement nous garder quelques jours encore, tant il est vrai qu’on ne s’y plait pas trop mal, et quitte à nous glisser un peu dans la peau des backpackers qui affluent de toutes parts avec la sortie de l’hiver. La saison des mariages bas son plein, les processions n’en finissent pas de maintenir la pression dans les rues de la ville, à grands coups de « Shiva Brash Band » et de feux d’artifices. Nous avons trouvé une chose que nous avons toujours été surpris de ne pas trouver plus tôt sur notre route : l’omniprésence de la musique ! Traditionnelle, rituelle, dans les temples, dans les maisons, dans la rue, le jour comme la nuit ! La culture millénaire des gitans Kalbelias est incroyablement vivante, et la manière dont elle rencontre et s’adapte à la culture souvent urbaine et moderne des touristes venus des quatre coins du monde est un spectacle assez fascinant…

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Bon, je vous laisse, il est l’heure d’aller dîner sur les bords du lac sacré, en prenant soin de ne pas marcher sur la queue d’un de ces chiens-rats diabétiques qui grouillent sur le sol graisseux de la ruelle des marchands de pâtisseries que nous devons traverser…

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