Dimanche 16 décembre 2012

25 km

Driouch

N 34°56,781' W 3°23,500'

368 m

Jour 78 – Driouch

Fanch : Driouch, ville carrefour, village de passage. Nous y faisons halte pour synchroniser notre site. L’objectif principal est à présent de déceler une connexion fiable pour exporter nos données sur le web, puis faire les choses dans l’ordre pour espérer gagner du temps. Premier arrêt dans un café wifi, connexion pourrie, Barth tente tant bien que mal d’envoyer sur le web nos 3 derniers haïkus, tentative qui sera un échec. Gueroudj le dessinateur vient à notre rencontre et nous indique un cyber-cyber (dans un cyber-café il y a du café, ici il n’y a que des ordinateurs d’où le « cyber-cyber »). Ok, on fini notre thé et on décampe. C’est à deux pas et Gueroudj insiste pour nous y mener. C’est ouvert, Barth sort la machine à octets, branche le câble réseau, c’est encore lent mais la connexion s’avère meilleure que la précédente.

Pendant que les données chargent et que Barth mange son sandwich devant son écran, Fanchic et moi veillons sur nos montures garées devant la boutique. Quelques mômes restent nous observer, le regard à la fois curieux et timide. Un homme s’arrête pour discuter, puis un autre, encore un autre puis le premier revient, puis Gueroudj prend le relais… J’essaie de suivre les conversations (qui parfois demandent beaucoup de concentration) tout en restant attentif aux vélos. On parle de la France, du Maroc, de l’Europe et de l’Afrique et je ne suis qu’à demi surpris de constater que nos pays du nord font l’objet de beaucoup de fantasme. J’essaie, tant bien que mal, de tempérer les hardeurs de mes auditeur en leur expliquant que l’ambiance générale de la France, si elle peut convenir à certains, peut aussi déplaire à d’autres et que certes, nous avons des usines de production automobile mais la misère existe aussi chez nous. Et puis, j’avoue que je l’attendais, je reçois mon premier sermon coranique. Rien de méchant bien sur mais la discussion aurait pu ne pas avoir de fin si Gueroudj n’y avait pas mis terme en m’interpellant… Il va y en avoir d’autres mais j’aimerais simplement que celles-ci mènent vers un débat idéologique et non pas vers une propagande religieuse. Affaire à suivre.

Ah, Ça y est tout est en ligne. La nuit tombe quand nous serront une dernière fois la main de Gueroudj. Il est grand temps de sortir de Driouch pour trouver un lieu de bivouac.

Barth : Ce n’est pas facile de décoller tôt quand on a eu un peu froid la nuit, que les tentes sont mouillées par la condensation et que les premiers rayons de soleil nous offrent un moment de bien-être… Nous finissons tout de même par prendre la route, direction Driouch à une vingtaine de kilomètres afin d’y trouver une connexion internet pour la mise à jour du site. La route est toute droite, quasiment plate et la petite chaîne de montagnes que nous longeons sur la droite semble retenir les nuages du nord, coupant le ciel en deux applats bleu et gris. J’ai ma première grosse frayeur en ayant à peine le temps de voir une voiture qui doublait en contresens et qui m’effleure à quelques centimètres à une vitesse que j’estime aux alentours de 100km/h… Ça m’aprendra à regarder dans le retro !

Driouch est une ville moyenne, pas spécialement jolie mais très animée. Après quelques détours, on nous indique un café disposant d’une connexion wifi. Une fois installés avec trois thés à la menthe, je lance le chargement des trois derniers haïkus. Au bout d’une grosse heure, le chargement plante, la connexion n’est pas assez solide… Je demande si je peux me brancher directement avec un cable à la box et Gueroudj, l’homme à qui je m’adressais, m’entraine à quelques rues de là dans un petit cyber center.

Démenagement. Nous établissons notre camp devant la boutique tandis que je m’installe avec une connexion filaire cette fois-ci pour finaliser l’opération. Je passe ainsi le reste de l’après-midi devant l’écran, avec une coupure de 20 minutes pendant laquelle la boutique était fermée et un sandwich à la viande coriasse que Fanch m’amène. Je suis un peu dégouté d’avoir passé autant de temps à résoudre toutes ces histoires, au détriment de communications privées qui me tenaient à coeur… Mais la nuit arrive, nous devons quitter la ville pour trouver un coin tranquille.

Sur les hauteurs nous trouvons un bout de terrain un peu dur, à l’écart de la route, sans oliviers cette fois et loin de tous les chiens que nous entendons déjà au loin. La vue sur Driouch est imprenable mais le froid arrive vite. Une soupe de légumes presque crus car notre canstove ne fonctionne pas bien avec de l’alcool à 90, et au lit !