Mercredi 18 février 2015

85 km

Udaipur

N 24°34,885' E 73°40,942'

643 m

Jour 783 – La route d’Udaipur

Fanch : Ces cinq derniers jours de route furent plus intenses que nous ne l’aurions imaginé. Avec premièrement des contraintes climatologiques qui ne font pas dans la dentelle. Rappelons que le Rajasthan dispose d’un climat aride et donc que le soleil s’en donne à cœur joie, le vent sec fait de même mais souffle vers le nord alors que nous pédalons vers le sud. Évidemment, la poussière et le sable tourbillonnent, s’invitent un peu partout (jusque dans les chapatits) et viennent se coller à la moiteur de la sueur… Le relief -sans qui les paysages ne serait pas splendides à ce point- ne nous facilite pas la tâche. Même si le réseaux routier indien est bien entretenu et plutôt bien tracé, les collines ne nous épargnent pas et rouler sur une pente longue de 40 km avec un vent de face, sous un soleil de plombs n’a rien d’une partie de plaisir.

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Le premier jour de route nous a fait sortir de Pushkar en douceur, dans un paysage majestueux, croisant troupeaux de bétail et dromadaires avant de nous mener chez Panallal qui nous accueillera pour la nuit dans la cour de la maison familiale. Nous arrivons au village de Kalesera alors que la saison des noces bât son plein et bien évidemment l’un des membres de la famille de notre hôte se marie ce soir (nous ne savons pas vraiment qui au juste)… Après avoir fait trois fois le tour du pâté de maisons et serré d’innombrables mains, nous participerons aux noces comme la quasi-totalité du village.

Les traditions ont la vie dure et le Rajasthan n’est bien sûr pas épargné… La musique acoustique qui auparavant accompagnait toute cérémonie a cédé sa place à la puissance des amplificateurs électriques. Autrefois, les percussions déambulaient dans les ruelles invitant le voisinage à se joindre aux festivités. Ce soir, un mur de son monté à l’arrière d’un pickup expulse exagérément du décibel pop bollywoodien transformant le défilé en micro techno-parade. Mais si l’on en croit l’enthousiasme général, plus c’est fort, mieux c’est, et de fil en aiguille nous comprendrons que malgré une musique qui souffre de l’arrivée de la technologie, la dance elle, reste le moyen d’expression favoris des rajasthanais.
Enfin bref, il nous reste plus de 250 kilomètres avant Udaipur et ne pouvons pas dépenser toute notre énergie ici, Panallal peine à nous comprendre mais accepte de nous raccompagner jusqu’à nos sacs de couchages.

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Nous quittons notre hôte et sa famille après une énième ballade dans les ruelles de Kalesera et d’interminables adieux. La chaleur est déjà pesante quand, quelques kilomètres plus loin alors que nous cherchions un petit coin pour souffler cinq minutes, l’impensable se produit. Après 11500 bornes sans une seule crevaison, la chance se retourne contre nous. Nos quatre pneus sont à plat et nous comptabiliserons pas moins d’une quinzaine de perforations… La faute à… un petit arbuste aux aiguilles acérées et quinze mètres sur une mauvaise voie, quinze crevaisons…

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Le stock de rustine en à pris une claque et nous n’avons guère d’autre options que d’en fabriquer quelques une à l’aide de la chambre à air de rechange que je me trimbale depuis deux ans alors qu’elle n’est pas adaptée (je viens de m’en rendre compte, sourire jaune)… Ben oui, c’était notre première, et on vient de perdre deux heures à remettre tout en ordre. Histoire de couronner le tout, on se plante de route, il fallait prendre à gauche… Vingt bornes pour rien, j’ai pourtant constaté que le soleil était dans notre dos ! Enfin bref, il n’est pas toujours facile (même avec un GPS) de s’orienter dans ce dédale de pistes et de petites routes… La bonne nouvelle de cette mauvaise journée, c’est la rencontre et le bivouac avec Philip, un jeune cycliste allemand qui est venu se perdre dans la région pour son premier cyclovoyage. Il nous offrira quelques rustines et des petits poids crus en échange de quelques anecdotes tirées de notre longue épopée. Ce soir, nous dormirons à la belle étoile, sur le toit d’un petit temple sans être dérangé… Ce sera probablement notre meilleur bivouac indien.

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Nous avons perdu pas mal de temps hier et la décision de récupérer l’axe principal fait l’unanimité. En quittant le réseau secondaire, nous quittons aussi le charme de l’isolement (tout est relatif, nous restons en Inde tout de même) et le reste du chemin se fera sur une nationale en travaux, parmi les semi-remorques chargés d’imposants blocs de marbre, les voitures et autres deux-roues à moteur. Nous évoluons dans un paysage de collines amputées, où la poussière et le bruit ne laissent pas de répit.

320 bornes depuis Pushkar… Udaipur se faisait attendre mais nous y voilà, avec finalement un jour d’avance tant nous étions pressés de quitter l’ambiance National NH58. En attendant d’en savoir un peu plus ce qu’Udaipur nous réserve nous avons tout deux besoin d’un petit jour ou deux repos… On vous raconte la suite bientôt!

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