Lundi 9 mars 2015

0 km

Old Tbilisi

N 41°41,613' E 44°48,394'

430 m

Jour 802 – Le grand saut

Fanch : Nous avons quitté les rives du lac d’Udaipur avec en guise de souvenir les séquences du Checkpoint 012 que vous avez à l’heure d’aujourd’hui certainement déjà découvert. Ces deux semaines furent consacrées aux préparatifs de la Géorgie, au boulot et à la réflexion plutôt qu’à l’exploration en profondeur des méandres de la citée blanche. Quelques balades et rencontres sont tout de même venues ponctuer les sessions de travail mais dans ces sentiers balisés, notre goût pour l’aventure n’a pas été sollicité, c’est pour cette raison que je ne m’attarde pas à décrire l’ambiance du lieu.

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Une nuit de train plus loin, nous voici – téléportés – sur les larges boulevards rectilignes du Nouveau Delhi. Il est sept heures ce matin, les klaxons se taisent, le monstre dort encore alors que traversons d’une traite son territoire.

Loin du Rajasthan, New Delhi, capitale nouvelle d’un ancien monde est habitée par une folie qui ne nous dépayse plus. Elle est peut-être là notre transition – à défaut des trois mille kilomètres qui nous séparent de notre prochaine destination – inscrite en lettres lumineuses sur les devantures des chaînes de fast-food et sur les bandes réfléchissantes des avenues. Les Milles et Unes Nuits disparaissent brutalement derrière les barbelés des ambassades, le coton coloré des turbans cède sa place à la soie des cravates grises. Et notre aventure asiatique s’arrête en même temps que notre dernier coup de pédale, ici devant l’appartement de Laurent (ami de Julien qui nous avait hébergé à Jakarta).

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Il nous a laissé les clés de son studio alors même que nous ne l’avons jamais rencontré. En voici un bel exemple d’hospitalité ! Laurent, ce petit article est aussi l’occasion de t’envoyer nos chaleureux remerciements en espérant trouver l’occasion de te renvoyer la pareille un jour !

Barth profite de ce confort pour éditer le checkpoint alors que je règle les derniers points d’interrogation administratifs avant de quitter l’Asie. Dans la foulée, je consacre une journée au shopping car il est grand temps d’acheter de nouveaux pneus et un peu de matériel de rechange pour les vélos qui réclament un peu d’attention.

Puis arrive le jour J, celui de l’empaquetage des bécanes et des derniers préparatifs en vue du décollage. Étape habituellement stressante quand il s’agit d’embarquer avec deux vélos en plus des bagages autorisés. Minuit pile, tout est prêt quand le taxi arrive… La pression monte, un agent de la compagnie aérienne nous annonce que nos montures risquent de ne pas être acceptées à bord. Au final, la facture est salée mais on s’en sort plutôt bien. Quatre heures passées, après un marathon de négociations, nous voilà enfin installés dans les fauteuils d’un vol charter, direction Dubai pour un transit de trois heures sans grand intérêt.

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Nous survolons à présent l’Iran, pays que nous aurions dû traverser par la terre. J’observe le relief désertique piqué de montagnes enneigées à travers le double vitrage du hublot. C’est ce que l’Iran nous offre pour cette fois, rien de plus qu’un aperçu aplati par la perspective. Je m’endors.

Je sors de mon sommeil brusquement quand les roues de notre avion touchent la piste d’atterrissage. Dehors, le personnel de l’aéroport vêtu de vêtements d’hiver déambule dans la grisaille. Au loin, j’aperçois un sommet couvert de neige. Il fait froid, nous le savions mais il va falloir s’y habituer. Nos passeports sont tamponnés. Géorgie nous voilà.

Ce n’est qu’en sortant de l’aéroport que le changement opère. Un groupe de chauffeurs de taxis habillés de noir et coiffés de chapkas commente notre arrivée dans une langue aux intonations inconnues. L’un d’entre eux s’avance en lançant d’une voix grave un « ¿hablas espagnol? ». Quoi? Ok, on tient notre gars, du moins on a une ouverture pour négocier le tarif de la course. Traversant une banlieue, la route qui nous mènera à Tbilissi (Capitale de la Géorgie) donne le ton. Les contours rectilignes d’une architecture bétonnée parlent silencieusement de l’époque soviétique que l’on imagine révolue. Mais Les graffitis « Fuck Putin » tagués sous les ponts de la voie rapide répliquent que cette histoire n’est pas terminée. Quelques kilomètres plus loin, en pénétrant dans le centre historique de la ville, les âges s’entremêlent. Les églises et bâtisses traditionnelles côtoient les courbes asymétriques des charpentes futuriste. En somme, le paysage urbain est bavard et parle dans une langue universelle, c’est déjà ça de pris!

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On a pour le moment besoin de repos mais promis, on vous raconte la suite très bientôt !