Mercredi 18 mars 2015

0 km

CCA, Tbilissi

N 41°42,389' E 44°47,827'

439 m

Jour 811 – De l’art et du temps de cochon…

Fanch : Nous arrivons dans le bourg sous une pluie froide et triste. Après bientôt deux ans, nous retrouvons sans réjouissance particulière l’atmosphère d’un dimanche pluvieux. Mais nous ne tardons pas à découvrir le chantier d’Art House ou une équipée de jeunes gens au caractère dynamique gratte à coups de spatules un papier peint démodé depuis déjà dix ans. On nous offre une tasse de thé pour nous réchauffer et prolongeons notre discussion avec Tamuna qui nous fait part plus en détail des intentions et du fonctionnement de la maison.

Tamuna et Toko

Tamuna et Toko

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Nous sommes à Bolnissi, chef lieu de la région de Kvemo Kartli, située à une bonne heure de bus au sud de Tbilissi. Tamuna que nous avions rencontré à la suite de notre conférence au CCA de Tbilissi nous avait invité à découvrir les lieux. Elle, Toco, Giorgi et les autres travaillent sur un projet de résidence d’artiste et sur un espace d’exposition ouvert à toute type discipline (pourvu qu’elle soit créative) espérant ainsi sortir les arts actuels de la capitale.

À l’image du Centre d’Art Contemporain de Tbilissi, la jeune structure ne profite pas du support de l’état. D’après ce que j’ai compris, le ministère de la culture géorgien se montre plus généreux envers les structures qui s’attachent à conserver -dans un état végétatif- les traditions populaires. La culture d’aujourd’hui se résumerait donc au maintient de la culture d’hier… (Comment ne pas faire le rapprochement avec le bien triste déclin de l’effervescence artistique française, jour après jour, année après année pour de soi-distante restrictions budgétaires.)

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Mais nos amis géorgiens n’ont visiblement pas l’intention d’attendre les encouragements du gouvernement pour passer à l’action. D’un côté, ils ont entrepris la rénovation de la maison de Toco qui à terme devrait pouvoir accueillir une quinzaine d’artistes en résidence. De l’autre ils ont passé un accord avec la municipalité de Bonlissi pour réaménager une ancienne discothèques en un lieu d’expérimentation artistique, de rencontre et d’exposition. Ces dernière années, l’imposant bâtiment au parois de verre fut laissée pour ruine et investit les ivrognes et casseurs de vitre, autant dire qu’il y a tout à faire. Mais face à l’ampleur des travaux, il y a une équipe déterminée dont la force réside sans aucun doute dans la conviction que culture est un organe vital de la société.

Nous mettons la main à la pâte, symboliquement étant donné le peu de temps dont nous disposons. Mais c’est une façon comme une autre de communiquer notre soutient à cet initiative et d’engager un début de collaboration. On verra ce qui se passera par la suite mais d’une part et d’autre, les intentions sont là.

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Lundi matin, un duo de journalistes travaillant pour une émission culturelle de GDS TV fait leur apparition dans la pièce commune de la résidence. Si les médias intéressent au sujet (et à notre présence), c’est probablement bon signe. C’est donc sous l’œil intimidant de la caméra que se terminera notre excursion Bolnissienne, mais que ce soit dans un futur proche ou lointain, nous remettrons les pieds dans la villa pour l’art de Bolnissi.

Et voilà le résultat, en géorgien dans le texte !
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Barth : Malgré la météo exécrable, cette petite virée à Bolnisi nous a un peu aéré et nous voilà prêt à affronter le bouquet final de l’exposition de notre Roland. A l’approche de la soirée de vernissage qui clôture la résidence de notre ami, la pression monte et notre aide semble la bienvenue pour boucler les dernières installations prévues. Il s’agit surtout de construire une table suspendue en bambous et sacs de toile, qui servira à présenter le festin de kinkalis que notre ami prépare entre la finition de quelques sculptures et l’entretien quotidien du mini-jardin sur bouse d’éléphant.

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Le jour J arrive finalement, la longue table circulaire trouve enfin sa place alors que les premiers convives commencent à arriver et les verres de chacha à se remplir. Le premier sur place est Nodar, un vieux bonhomme venu à vélo sous la pluie depuis la Karéti à une bonne centaine de kilomètres de là, avec dans ses bagages quelques bouteilles de cognac et un fromage à réveiller les morts qui marquent le début de la fête. Quelques kinkalis plus tard, les polyphonies commencent à animer la galerie et l’ambiance se réchauffe jusqu’à l’heure tardive de la fermeture qui nous permet enfin de nous écraser sur nos paillasses, ivres de fatigue et de chacha…

Nodar

Nodar

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Le petit déjeuner du lendemain prend toute la matinée, le temps de chasser la gueule de bois à coups de cafés et de kinkalis frits, jusqu’à la visite de Dato, un ami de Roland chanteur professionnel qui nous apprend rapidement quelques mélodies pour notre plus grand plaisir ! Après quoi il faut commencer à démonter, décrocher et ranger le champ de bataille qui a dévasté la galerie du CCAT.

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