Lundi 24 décembre 2012

50 km

Hôtel Moulay Idriss

N 34°03,638' W 4°57,951'

194 m

Jour 86 – Hôtel Moulay Idriss

Fanch : Réveil en douceur ce matin. À peine levés nous suivons Hassan à l’extérieur de sa demeure pour saluer le soleil, se chamailler avec les mômes de l’ancienne coopérative et retrouver Hassane 2. À notre retour la chambre est redevenu salon et pains de semoule, huile d’olive, miel et thé à l’absinthe nous attendent pour le petit dèj. Comment est-il possible de vouloir partir de cette maison? Hein ? « venez, on va voir les colline » nous lance Hassane prime. C’est en nous montrant les vallons, juste au bout du village qu’il nous explique les raisons de sont bien être. « Ici avec des poules, des moutons, tu as à manger, de la bonne eau, du kif et les montagne. Ici on te laisse tranquille, c’est comme être libre, alors tu as tout ce qu’il faut pour être heureux ».

Bon ce coup ci on a vraiment du mal à partir mais les adieux sont simples, sans arabesques ou volutes exagérées, simples à l’image de la décoration intérieure de la petite maison, à l’image de la vie d’ici.

50 kms plus à l’ouest nous apercevons Fès, la majestueuse ville impérial qui de loin s’habille d’un bien triste nuage de poussière. C’est encore un autre Maroc que nous découvrons à présent. L’occident à fait ici son bonhomme de chemin, pour le pire et le meilleur. C’est avec surprise que nous goûtons à une autre ambiance, celle de la cité, plus bruyante, grouillante de vie. Ce soir, c’est Noël. Un Noël exotique pour nous, pas vraiment festif mais pour l’occasion, on se paye un petit hôtel et on se couche un peu plus tard que d’habitude…

Barth : Sous deux grosses couvertures de laine tissée, j’ai rattrapé en une nuit le retard de sommeil des derniers jours. La toilette du matin au soleil avec Hassan qui nous verse une théière d’eau bien chaude sur le visage me réjouit ! Je n’ai encore rien vu, car le petit déjeuner arrive. Simple, mais divin. Du pain frais, du pain dur de semoule, une assiette d »huile d’olive et une assiette de miel local. Avec bien sûr, le thé.

Malgré tous ces efforts pour nous retenir, nous voulons arriver à Fès ce soir pour être joignables en France pour Noël. Le remontage des sacoches sur les vélos se fait sous le regard de toute la famille, et en particulier du petit Mohamed, sorte de clown à roulette absolument fascinant qui nous aura bien fait marrer avec ses éclats de rires hypra-communicatifs ! C’est dur de partir, mais on se reverra Inch’Hallah ! Pour le réveillon, à Agadir où au même endroit dans quatre ans !

Et c’est reparti pour le pédalage ! 45 kms de route avec une pause déjeuner rapide, et offerte par un client, dans une station service. Nous voilà aux portes de la medina de Fès, à l’orée d’un monde parallèle… Le soleil cogne dur et la poussière de la circulation urbaine nous assaille. Deux hommes sur une moto nous abordent et nous parlent d’un petit hotel pas cher. Dans le doute on les suit, ne sachant pas du tout par où commencer, au pire ce sera le point de départ de notre recherche. Un quart d’heure plus tard, nous sommes instalés au Moulay Idriss discutant avec notre escorte, des agents du ministère du tourisme qui dans leur mission de nous garantir un séjour sans encombres, nous proposeront même un pastis, offre que nous déclinerons.

Nous sommes la veille de Noël, on pousse la folie jusqu’à investir un euro dans une douche chaude, la première depuis notre départ d’Iznajar en Andalousie ! Nous voilà prêts à changer de dimension. Nous plongeons dans la medina, bouillonnante de monde à cette heure. Nous n’irons pas très loin ce soir, il est déjà tard et nous sommes affamés et fatigués. Mais une fois le ventre plein nous passons la veillée de Noël au coin d’une théïère, à essayer de mesurer la chance qu’on a d’être là, tout en se demandant si le cadeau de Noël qui nous a été annoncé ce soir sera dans nos basquettes demain…

La soirée se termine sur la rencontre de Mohamed, dans le hall de l’hôtel. Il a notre âge, vit à Oujda, et à une fille de quatre ans sans être marié, ce qui n’est pas encore très courant au Maroc semble-t’il. Il nous offrira une poignée de chocolats au milieu d’une bonne heure de discussion, quand nous lui disons que chez nous c’est Noël. Merci encore Mohamed et bonne route !