Dimanche 10 mai 2015

10 km

Port Abana, Turquie

N 41°58,767' E 34°01,427'

8 m

Jour 864 – Au-revoir highway

Barth : Au-delà de la touche de confort qu’il apporte épisodiquement aux cyclo-randonneurs de notre genre, le réseau Warmshower est définitivement un excellent moyen de faire de belles rencontres. Les deux nuits que nous avons passé chez Elif en furent un bon exemple. Plongée dans la rédaction d’une thèse de sociologie au sujet des mouvements sociaux de protestations qui ont lieu en ce moment dans les environs de Gerze, Elif a tout de même trouvé le temps de nous en apprendre un peu plus sur ses projets, ses combats et ses espoirs face aux tristes évolutions de la Turquie ces dernières années. La grande maison centenaire où elle vient de s’installer avec son mari (que nous n’avons pas rencontré) va devenir après quelques travaux de rénovation, un lieu ouvert dédié à la culture, au partage des savoirs et des connaissances. Un bel « Objet Libre » potentiel pour notre enquête, mais ce sera pour une autre fois…

Elif s'essayant au vélo couché.

Elif s’essayant au vélo couché.

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Le temps de synchroniser notre site internet et nous voilà donc de nouveau sur la route, sans Sam qui a bifurqué dans la montagne pour une virée dans le sud de la Turquie. Notre première étape est Sinop, ancienne petite cité construite à l’entrée d’une presqu’île où Diogène avait installé son tonneau en des temps reculés, mais que nous ne prenons pas le temps de visiter, fatigués par une reprise du pédalage un peu physique, entre le soleil qui tape enfin et de longues côtes qui n’en finissent pas.

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Toujours sur la côte de la mer Noire, nous quittons à présent la quatre-voies pour une petite route qui serpente entre falaises et anses avec des dénivelés de plus en plus acrobatiques. Nos montures se transforment à nouveau en brouettes à manivelle dans les grimpettes, et les descentes qui défilent trop vite ne permettent pas de trouver un rythme normal de pédalage. A chaque pause les çays s’enchaînent, la plupart du temps offerts dans le cadre d’une rencontre fugace. Malgré la beauté du paysage et le soleil qui est enfin de retour, les jours se suivent et se ressemblent un peu trop, au rythme des camionnettes braillant des slogans politiques sur fond de musique patriotique qui sillonnent la campagne en cette veille d’élections. Une ambiance étrange au final, trop sage, trop timide, trop lisse, avec l’étrange impression parfois de voyager sans surprise, sans coup de cœur, dans un pays qui en dit trop et pas assez à la fois…

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Nous atteignons ainsi Abana, un petit port aux allures méditerranéennes où après une nuit infernale perturbée par les aboiements trop proches de stupides chiens xénophobes, nous décidons de souffler un coup. L’occasion de nous faire inviter par une femme et sa mère ayant séjourné en Allemagne toutes les deux, pour un café qui se transforme en un copieux brunch accompagné d’une conversation aussi épique que sympathique en l’absence de langue commune.

Deux femmes qui nous ont offert un café copieux !

Deux femmes qui nous ont offert un café copieux !

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Demain nous quitterons la côte pour affronter la montagne, suivant les conseils de Dimitri, un cycliste français que nous avons croisé la veille et qui nous a un peu découragé de poursuivre plus avant le long de la mer. Une deuxième nuit dans le petit port d’Abana, loin des chiens cette fois-ci, et nous serons prêts à affronter les grimpettes et cols qui nous attendent ! Youpi !…

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