Mardi 25 décembre 2012

0 km

Fès

N 34°03,638' W 4°57,951'

194 m

Jour 87 – Fès

Barth : Quelques coups de marteaux dans le mur de la chambre d’à côté me tirent du lit à une heure plus que raisonnable, mais au moment de sortir de la chambre je remarque que la porte est entrouverte avec la clé sur la serrure à l’intérieur… Sans doute Fanch dormant encore, qui aura oublié de refermer hier soir. Je rencontre le receptionniste dans le couloir, qui m’informe fébrilement que mon ami François, avec la bicyclette, est parti et m’attend au café à côté. Bien. Donc si je comprends bien le mec qui dormait sur l’autre lit quand je suis sorti, ce n’était pas Fanch ?… Petit moment de doute au moment de secouer le sac de couchage, mais d’où j’ai l’immense soulagement de voir emmerger Fanch en chair et en os. Je comprends dans la même fraction de seconde que mon ami François qui m’attend au café à côté, c’est Fanchic, à qui on a envoyé l’adresse de notre hôtel la veille après avoir appris qu’il était à Fès également !

Notre cadeau de Noël est donc au rendez-vous ! Mais il s’en est fallu de peu. Le réceptionniste n’avait pas compris que Fanchic allait prendre un café pour revenir à l’hôtel plus tard et nous qui pensions que Fanchic était déjà en train de pédaler dans la montagne…

Les retrouvailles ont lieu dans un café de la medina, d’où nous assistons à notre première pluie marocaine. Un véritable déluge s’abbat sur la ville et les ruelles se transforment en torrents de boue et d’ordures. Le spectacle est burlesque, entre les marchands résignés qui restent sous l’eau, les passants pressés qui équipent leurs souliers de sacs en plastiques et ceux moins pressés qui montent le camp dans tous les abris imaginables. Nous discutons un moment avec un de ces guides qui aborde les touristes partout dans la medina pour proposer une visite guidée. Mohamed est très élégant, il cible plutôt les touristes fortunés avec qui il arrive à discuter facilement grâce aux cinq langues qu’il connait sans avoir passer de temps à l’école.

Fanchic a eu le temps de repérer un peu les lieux depuis son arrivée, il sera donc notre guide pour rejoindre la ville nouvelle on nous voulons visiter une école d’informatique. Nous voilà parti pour une traversée de la medina. Il faut imaginer une immense cuvette dont j’estime le diamètre à deux ou trois kilomètres, entièrement recouvertes d’un labyrinthe de ruelles juste assez larges pour se croiser et qui serpentent entre les milliers de boutiques. A chaque croisement de ruelles, il nous faut expliquer que non nous ne cherchons pas les tanneurs, et que nous n’avons nul besoin de nous faire « bronzer la tête ». Petit à petit, notre discours s’affine pour expliquer en un temps record que nous sommes des voyageurs et pas vraiment des touristes… La recherche d’une école d’informatique démotive ainsi rapidement la plupart de nos potentiels guides.

Au bout de deux bonnes heures de marche nous finissons par trouver une école d’informatique où nous prenons vaguement rendez-vous avec un professeur travaillant sous Linux le lendemain. S’en suit un thé avec wifi suivi d’une soupe avant de retourner à l’hôtel en taxi. La fin de soirée ne s’éternise pas, juste le temps de revoir Mohamed, notre voisin de palier et fournisseur officiel de chocolats.

 

Fanch : Barth me réveil en panique, il vient de voir l’aubergiste qui lui a dit que son ami François (et oui, mon vrai nom est François) était dehors à boire un café… Barth ne comprend pas, je suis dans mon lit, je n’ai pas bouger depuis hier soir… je ne comprend non plus… C’est Fanchic ! Bien sûr. On s’habille en deux deux et hop on part à la recherche ne notre ami avant qu’il ne disparaisse. La chose semblait évidente et s’est avérée exacte, impossible trouver Fanchic. Tant pis, c’est la vie !

C’est l’heure de rentrer en communication avec ma famille, tradition oblige. Je disparaît dans un cyber, je retrouve Barth peu de temps après assit avec Fanchic et sirotant un petit thé, tranquille. Nous passerons la journée ensemble, il ne repartira de Fès que demain matin. C’est un peu notre cadeaux de noël.

A défaut de FabLab ou autres laboratoires du libre, nous décidons de frapper à la porte d’une école d’informatique dans le Nouveau Fès. Mais un immense labyrinthe nous fait obstacle: La Medina. La veille ville de Fès composée de 4800 petites ruelles plus ou moins identiques. C’est vraiment impressionnant, impossible de se repérer à quoi que ce soit. L’attention glisse, le regard s’accroche à ce qu’il peut mais rien y fait, l’orientation n’est pas possible. Après plusieurs demandes d’explications, nous arrive tout de même à sortir du bazar, du blizzard devrais-dire et là, c’est l’Europe qui se présente devant nous, la Nouvelle Ville. La partie n’est toujours pas gagné car les numérotations des rues reste difficile à repérer. Nous continuons notre recherche, ça fait peut être deux heures que l’on marche à présent. Enfin nous trouvons ce qu’on cherche, nous obtenons un rendez-vous demain à 18h avec avec un professeur de l’école d’informatique ETIGE de Fès, affaire a suivre.