Lundi 25 mai 2015

0 km

Atölye Istanbul, Istanbul, Turquie

N 41°01,858' E 28°58,786'

36 m

Jour 879 – Big city life

Fanch : Faites comme chez vous, c’est une des premières paroles qu’a prononcé notre hôte Funda avant de nous laisser la garde de son petit cocon. Ce n’est pas la première fois que nous sommes accueillis de la sorte mais croyez moi, c’est toujours aussi incroyable de se retrouver face à une tel générosité. Si nous avons profité de la journée d’hier pour honorer le confort d’un appartement en nous- reposant, nous reprenons aujourd’hui le travail avec la mise à jour du carnet de bord et l’écriture de quelques e-mails histoire d’en savoir un peu plus sur le programme des prochains jours.

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Samedi 23 Mai, pour l’heure, rien n’est vraiment défini mais dans cette ville située au carrefour des civilisations, débordante d’énergie et d’initiatives culturelles, il va falloir s’organiser pour être efficaces. Nous avons tout d’abord rendez-vous au cœur d’Istanbul, sur la tumultueuse place de Taksim avec Giorgio Caione, l’un des membres actifs du collectif  PASAJ avec qui nous avions établi contact par mail plusieurs jours auparavant.

« PASAJ est une initiative d’artistes basés à Istanbul. Il fonctionne grâce à deux artistes, deux opérateurs culturels et un curateur. PASAJ ne possède pas d’activité commerciale mais offre une alternative aux systèmes commerciaux du monde de l’art – ce qui n’est certes pas compétitif, mais sincère et ouvert, c’est un espace où l’on partage le savoir-faire. A PASAJ le pouvoir appartient à l’artiste. PASAJ accueille des projets socialement engagés et participatifs, connectés aux pratiques d’artistes locaux et internationaux. Il met l’accent sur la valeur de l’expérience (…) » Traduction française du texte de présentation de PASAJ

Autant dire que la découverte – via internet – de ce lieu avait attiré notre attention. Et nous ne sommes pas déçus de ce rendez-vous puisque Giorgio, non content de nous offrir les locaux du collectif en guise d’hébergement, nous propose de participer à l’édition 2015 du festival Italien Studi Aperti dont le thème de cette année fait écho à la démarche de Geocyclab : Social Utopia. Il nous mettra par la suite en contact avec quelques membres de son réseau susceptibles de nous aider dans notre projet. Pour une rencontre, c’est une belle rencontre.

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Si la superficie d’Istanbul (qui compte 22 million d’habitants) est difficilement concevable, il semblerait que la vie culturelle se concentre principalement autour de Taksim-Beşiktaş et cela fait bien notre affaire puisque qu’après dix minutes de marche, nous arrivons à la Galerie Block Art Space que nous avions également contacté auparavant. L’emploi du temps de cet autre collectif artistique s’avère déjà chargé, et si sommes très bien accueillis, il n’y a pour le moment rien d’envisageable dans un court terme. Allez un petit dernier avant de rejoindre Funda notre hôte pour un moment détente. Il nous reste une heure pour visiter Atölye İstanbul (Prononcer Atelier Istanbul) avec qui nous avions aussi partagé quelques mails. Les locaux de ce co-working-makerspace (à la fois bureau et espace où l’on conçoit et développe des projets ensemble) sont supposés être fermés en fin de semaine mais la chance est avec nous et Burşa, architecte-plasticienne (qui fait des heures sup’) abandonne pour quelques minutes son établi pour nous présenter les lieux… Là non plus, rien n’est encore sûr pour le moment mais avec cette petite introduction nous restons sur notre faim. C’est décidé, nous reviendrons lundi.

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Le lendemain, après un incroyable petit déjeuner à la turc (oui, nous sommes chouchouté), nous quittons définitivement le confort de l’appartement de Funda. L’heure n’est pas aux adieux puisqu’il est clair que nous nous reverrons au cours des jours à venir. Geocyclab installe donc son atelier chez PASAJ et nous pouvons désormais inscrire notre nom sur la longue liste des PASAJISTs hébergés par le collectif d’artistes. Giorgio nous remet les clés sans fioritures et après une courte discussion (le temps de programmer une présentation du projet), s’en retourne à ses activités. Nous nous retrouvons seuls dans ce studio-atelier situé à Tarlabasi, quartier ou l’histoire résiste encore à l’embourgeoisement et au touriste-business (ce qui ne durera pas, la ville d’Istanbul à en effet entrepris de rénover cette zone et déjà expulsé une moitié de ses occupants) Souvent décrit comme l’un des plus pauvres mais aussi l’un des plus socialement riche de la mégalopole, il est principalement investi par les minorités culturelles, gitans en voix de sédentarisation, par les immigrés ou réfugiés kurdes ou arméniens. Pour résumer, c’est un parfait lieu de vie, de rencontre, d’observation et de travail situé à 10 min à pied du centre et d’Atölye Istambul!

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Une nouvelle journée de travail débute en ce lundi 25 mai, au « bureau » ce matin puis chez Atölye Istambul en début d’après midi où nous rencontrons Ezgi, qui fut et sera notre principale interlocutrice. Nous programmons une présentation de Geocyclab et discutons d’une série d’interviews susceptible d’apporter à notre enquête sur les Objets Libres de nouveaux points de vue sur le monde du libre et du partage. En résumé, Istanbul, c’est beaucoup de choses à voir, à faire, à vivre, à raconter et notre séjour dans les parages s’annonce intense! La suite au prochain épisode…