Mardi 9 juin 2015

0 km

Kocatepe, Istanbul, Turquie

N 41°02,760' E 28°53,776'

97 m

Jour 894 – Prolongations…

Fanch : Notre sédentarisation se prolonge et comme Barth l’a précédemment fait remarquer, les jours se suivent sans que nous ayons le temps de les voir défiler. Nous sommes tombés dans un « network », bien réel celui là, tissé à la manière d’une toile d’araignée dont le centre se trouve à 5 minute à pied de Tarlabashi (notre quartier). Une fois pris au piège, il s’avère difficile d’en sortir tant la richesse du tissu culturel de l’ancienne Byzance interpelle notre curiosité. Quand j’y pense, il y a deux semaines à peine, nous ne connaissions rien ni personne ici et sur une dizaine de courriers envoyés, trois associations nous avaient fait savoir qu’elles seraient intéressées pour nous rencontrer sans rien programmer de particulier. Et nous voilà obligés de tenir à jour un agenda pour optimiser, puis finalement prolonger notre séjour dans la fourmilière Istanbul.

Gabi et Busra

Gabi et Busra

Serçe

Serçe

Mercredi 3 Juin. Nous continuons notre série d’interviews sur Atölye Istanbul avec d’abord Erke puis avec Bursa, architecte-maker qui nous propose de tourner la séquence dans un lieu qu’elle affectionne particulièrement, plus traditionnel qu’un espace de Co-working mais qui rivalise de savoir-faire. Nous la suivons dans un quartier de Beyoglü oublié par les touristes ou abonde les façades modestes de petits ateliers d’artisans. Nous enjambant les escaliers de l’un d’entre eux où Bursa nous présente aux deux frères Gabi et Serçe, aux deux « metal master » nous ouvrant par la même la porte à une autre facette de son univers créatif. Nous plongeons l’espace d’un instant dans les traditions des compagnons qui pour répondre à leur inventivité unent aussi d’un bon nombre de systèmes D. Silence, ça tourne! Vous en saurez plus lors de la publication du portrait d’Atölye Istanbul.

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Jeudi 4 juin. Nous préparons notre QG à recevoir le public et transformons le salon en espace de projection. Et c’est en fin d’àprès-midi que nous entamons la présentation de Geocyclab devant une bonne vingtaine de curieux, artistes, cyclistes activistes et autres amateurs du « Do It Yourself ». Là encore, nous sommes ravis de constater que notre « tactique » porte ses fruits puisque différents univers et intérêts viennent à se croiser autour de Geocyclab. Cette présentation fut aussi l’occasion de rencontrer la quasi totalité de l’équipe de PASAJ.

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Vendredi 5 juin. L’orage à fait son putsch, le climat estival s’est retranché pour céder sa place à la grisaille. Ca tombe bien puisque nous n’avons pas d’obligation. Nous travaillons donc « à domicile » aujourd’hui en nous offrant quelques moments détente. J’en profite pour regarder un documentaire de Brian Knappenberger intitulé « Internet’s Own Boy », biographie du hacker, écrivain et militant Aaron Swarz. Un film au sujet du combat de ce jeune développeur pour faire valoir les valeurs du partage de la connaissance… Je conseille vivement. Bref, Bursa nous rejoint ce soir pour résoudre quelques détails techniques d’une de ses installations cinétiques, les méninges s’activent de nouveau.

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Samedi 6 Juin. Après un rendez-vous skype productif avec nos amis d’asso CRIC (Quimper), nous avons arrêté une date pour notre retour à Quimper. Je pense ne pas prendre trop de risque en la dévoilant: Comming back, 26 septembre 2015. Nous sommes en train de définir quelle sera la nature de l’événement mais nous avons d’ors et déjà une certitude, ça va être la fête et on espère vous compter parmi nous! Grâce à cette échéance, entamer une ébauche de rétroplanning devient possible, nous commençons donc à contacter quelques associations du Libre sur notre itinéraire français.

Dimanche 7 Juin. C’est le jour des élections parlementaires et pour faire simple, la démocratie du pays est l’enjeu principal de ce jour. Notre ami Giorgio avait évoqué l’idée d’un repas avec l’ensemble des PASAJists qui faute de candidats s’est résumé en un barbecue entre expatriés proche du collectif d’artistes. Plus qu’une réunion gustative (nous n’avions pas mangé de viande de cette qualité depuis… Très longtemps) c’est un moment de rencontre et de détente dans un petit jardin isolé de la tension croissante qui plane sur Istanbul.

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Lundi 8 juin. Nous traversons le Bosphore pour un petit retour en Asie. Non, ce n’est pas pour fuir l’Europe mais pour tirer le portrait d’Osman et de Bager, fondateurs d’Iskele47 , un makerspace ou l’ultra-créativitée est de rigueur tant au niveau de leur production que du fonctionnement interne du collectif. « Wahou », c’est le premier mot qui me vient à la bouche en passant le seuil de la porte et découvrant le terrain de jeu de nos interlocuteurs. Nous passons une demi journée dans cet espace de travail dédié à l’Open Hardware, aux nouveaux médias de communication, aux licences alternatives. Puis nous rentrons au QG par voie maritime, juste avant que le soleil ne tombe, la tête pleine de rêves est de projets. Tarlabaşı, jusque tard dans la nuit, le son des pétards résonnent dans les ruelles étroites de ce quartier peuplé de minorités ethniques. En effet, Le HDP a passé la barre des 10% fatidiques mettant en difficulté les conservateurs actuellement au pouvoir. Ici, c’est la fête, la tension baisse d’un cran pour laisser place à l’espoir.

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Mardi 9 Juin. C’est maintenant officiel, Roxana, notre amie mexicaine va nous suivre sur un bout de notre traversée européenne puisque qu’elle vient d’investir dans une monture à deux roues. Ce qui n’est toujours pas officiel en revanche, c’est le jour du départ d’Istanbul et la manière dont nous allons nous extraire de la mégalopole (vélo, bateau, train?). Aynur de Geo magazine nous rejoint au QG pour régler quelques détails concernant l’article qui paraîtra dans l’édition de juillet, en turc bien évidemment. Puis, Funda qui arrive à l’appartement suivie de près par Xavier, globe trotteur avec qui nous avions travaillé chez BIJI BIJI et qui a emprunté exactement le même itinéraire pour gagner les portes de l’Europe… En auto-stop! L’heure est aux retrouvailles mais aussi aux adieux puisque nous ne reverrons certainement pas Funda avant un bon moment. Güle güle Funda et encore une fois, merci pour ton aide précieuse.

La suite au prochaine épisode…