Lundi 22 juin 2015

35 km

Sevlievo, Bulgarie

N 43°02,920' E 25°05,157'

278 m

Jour 907 – Route Bulgare

Fanch : Nous voilà sur l’asphalte bulgare, en formation quatuor. Notre objectif est simple, rouler vers le nord, traverser la Bulgarie et ses collines pour rejoindre le Danube. Nous nous enfonçons donc à pas de loup dans les Balkans sans trop savoir à quelle sauces nous allons être mangés.

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La fin du printemps recouvre le paysage d’une verdure chatoyante et nous respirons toute sortes de pollens a plein poumons. Les odeurs de pin et de lavande nous envahissent et je m’étonne de ce changement bienfaisant, presque brutal qui nous projette hors des champs de béton que nous avions côtoyé un peu plus tôt, côté turque. La 55 est une route étroite, peu fréquentée et nous offre de larges plages de silence. Elle traverse quelques villages muets, figés, oubliés par les croissances économiques et démographiques. Les morts sont d’ailleur parfois d’avantage présents que les vivants, tradition oblige, ici les affichettes funèbres inondent les murs des petits bourgs. On en colle une première pour annoncer les obsèques d’un nouveau défunt puis une deuxième, troisième, quatrième pour honorer sa mémoire. Visiblement, une fois collées elles restent à leurs places, attendant l’effondrement des murs pour disparaître à jamais. Les jours de pluie, c’est une coutume qui ajoute un certain charme au centres villes.

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Si nous entrons dans l’Europe administrative nous revenons aussi dans l’ex URSS et retrouvons dans l’architecture des bâtiments publiques les lignes rigides du style soviétique. De manière général l’atmosphère bulgare fait écho à ce que nous avions découvert en Géorgie, tant au niveau paysage et urbanisation que dans nos conversation de bords de route, distantes mais avec le sourire. A oui, L’alphabet bulgare est basé sur le système cyrillique, c’est sympa, dépaysant, ça sonne bien mais aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, ce n’est pas très pratique pour communiquer avec les locaux.

À défaut de communiquer, j’observe le vide des villages, ces longues minutes avant qu’une voiture n’entre dans mon champs auditif, un vieillard qui s’avance pour réclamer une clope, deux mômes qui tracent en vélo une courbe illogique savourant leurs premiers jours de vacances, j’observe le silence de la campagne bulgare, un quotidien ordinaire qui finalement nous raproche encore un peu plus de la maison.

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Enfin, globalement, excepté quelques jours de pluie et un relief marqué, notre évolution se déroule sans encombre et l’ambiance quatuor donne à nos bivouacs des allures de vacances entre potes. Roxana s’adapte petit à petit au rythme du cyclo-voyageur, Sam nous innonde de bonne humeur, fidèle à lui même. Quand à Geocyclab, nous continuons nos exercices quotidiens mais après l’épisode intense d’Istanbul, la motivation retombe et nous ne sommes pas au summum de notre créativité. Disons que nous consacrons le reste de notre énergie à la route et à la préparation psychologique d’un retour éminent. La porte de la Bulgarie fût celle d’une nouvelle étape qui nous pousse à la réflexion, c’est certain.

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Enfin bref, après 5 jours de route, une fête de la musique dans le silence d’un dimanche pluvieux, un bivouac au bord d’un lac, deux autres au bords d’une rivières, 3 centrales électriques au charbon, une chaîne de montagne et des kilos de pinces oreilles, nous débarquons tout les quatre dans les hauteurs de Sevlievo, dans la maison de Stanimir et Zoya, un jeune couple de Warmshower – vélocyclistes activistes adeptes du système D… Mais ça, on vous en parle dans le prochain numéro!

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