Dimanche 30 décembre 2012

0 km

Fès

N 34°03,773' W 4°57,863'

305 m

Jour 92 – Fès

Barth : Je profite de ces jours statiques pour rattraper le retard dans les montages de vidéos et nettoyer le système de l’ordinateur en faisant quelques sauvegardes. Un programme passionnant entrecoupé d’allers et venues dans la medina en quête d’un repas, d’un thé ou d’une connexion web.

J’aime ce décalage entre mon statut officiel de touriste et mon rythme de vie ici à Fès. Un peu après Noël j’ai vu arriver plus de touristes occidentaux. Sûrement pas la foule des périodes de pointe mais bien assez pour que je commence à sentir la différence entre mon statut de voyageur nomade et celui de visiteur touristique. Et ce n’est que le début sans doute !

C’est étrange de se sentir posé dans un endroit que je ne connaissais absolument pas il y a une semaine et dans lequel j’ai mes petites habitudes aujourd’hui. Pendant que certains voyagent dans les méandres de la medina, j’y savoure une pause dans mon voyage, je me sédentarise pour quelques jours avant de reprendre le mode de vie nomade.

 

Jemaa El Fna

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Fanch : Marrakech arnaquech, on m’avait pourtant prévenu mais j’ai quelques difficultés à encaisser les coups. La place Jemaa El Fna, inévitable semble-t-il, le joyau de la ville, assume toute les caractéristiques d’un parc d’attraction pour blancs becs en mal de dépaysement. DreamLand arrosé d’une pointe de folklore Berbère. Essayant d’éviter les pièges, Cindy et moi regardons de loin le combat entre le dupe émerveillé et le trompeur malin. Le touriste se laisse charmer par le serpent sans venin et se retrouve plumé par le charmeur sans scrupules. L’excitation monte, la bataille ne cesse d’échauffer les esprit. Adeptes du pogo et autres bains de foule, vous êtes les bienvenus à condition d’ouvrir bien grand votre porte feuille, ça va de soi. Jemaa El Fna est selon moi, une réponse vulgaire à l’authenticité fantasmé des adeptes du tourisme de masse. Il nous est difficile de sortir de la cohue, l’étau se resserre aux embouchures des ruelles ce qui réduit nos chances d’échappatoire ou en tout cas, ralentissent notre progression. C’est un coup de gueule certes, mais je suis énervé, saoulé par cette machine qui me fait suffoquer.

Nous atteignons enfin les allées étroite de la médina, le calme revient, s’installe doucement. Un peu plus tard, la gentillesse et le sourire de Mohammed le vendeur de bissara et d’Isham le maroquinier nous aide à tempérer notre colère et nous rappellent qu’au Maroc comme ailleurs, il faut de tout pour faire un monde. L’épisode de Jemaa El Fna n’aura bien sur, en rien altéré le bonheur de mes retrouvailles avec Cindy.