Lundi 31 décembre 2012

0 km

Fès

N 34°03,570' W 4°57,910'

287 m

Jour 93 – Fès

Fanch :   Après une courte ballade dans la médina et un tanjia chez Mohamed, nous faisons route en direction du jardin Majorelle. A notre grande surprise (ce n’est qu’après coup que je conçois que nous avons étés vraiment naïfs), l’entrée est payante et relativement chère: 50 dirhams par personne. 50 dirhams ça équivaut à environs 5 euros, ce n’est pas excessif mais voici un petit aperçu de ce que ça vaut ici:
50 dirams =

  • 10 bissaras.
  • 50 pains.
  • 10 kilos de clémentine.
  • 1 nuit dans un petit hôtel.
  • 3 paquets de clopes.

Force est de constater que la plupart des visiteurs de ce splendide jardin (il faut l’avouer tout de même) sont des touristes en grande majorité occidentaux. Enfin, pas vraiment de dépaysement ici mais un calme au senteurs de chlorophylle et dans une ville animée comme l’est Marrakech, c’est loin d’être désagréable.

Petit problème d’organisation de la part de l’hôtel, il n’y à plus de chambres disponibles (quelque chose de ce genre en tout cas) alors que nous avions réservés. Le réceptionniste nous mène vers un logement voisin et une dame nous remet les clés. Ce soir nous fêterons la nouvelles année dans un riad pour nous tout seul, une suite royale pour nous mettre à l’abri des tumultes urbains en ce soir de réveillon.
J’ai une petite pensée (et oui, ça m’arrive!) pour les potes, la famille et tout ceux qui fêtent 2013 en ce moment, même si je me sens bien loin de tout cela. Alors je vous souhaite une belle année à toutes et à tous. Plein de bonheur pour celle-ci et pour les autres à venir.

Barth : Bye bye 2012 ! Quelle année ! La fin d’un compte à rebours de deux ans et les premiers mois intenses de l’aventure Geocyclab. A Fès, le dernier jour de l’année n’a pas l’air d’émouvoir plus que ça. La nouvelle année va remplacer la précédente sans que sans que la palpitation incessante de la médina ne s’en trouve perturbée. Je savoure ce culte du temps présent, si éloigné des pompeuses échéances qui caractérisent cette période de l’année chez nous.

Sur l’immense écran télévisé qui trône à la terrasse du café, quand ce n’est pas le foot, National Géographique ou le dernier film d’action américain qui passe, ce sont les informations d’Aljazeera qui tournent en boucle. Des images de guerre que je devine en provenance de Syrie et qui font vraiment partie du décor ici. Je me rends compte que je suis plus grand chose à l’actualité du monde depuis notre départ…

Je crois que cette fois-ci les guides qui tentaient leur chance les premiers jours ont laché l’affaire. Nous nous saluons avec courtoisie aux croisements des ruelles et pouvons avoir une conversation normale sans que ça débouche forcément sur une offre commerciale… Mais il n’y a pas que les guides qui m’abordent, souvent la vue de mon appareil photo sert de prétexte à une accroche. Comme ces deux là qui se présentaient l’un l’autre comme voleur et fou. Ils me parlent de trafic, de prison, d’expulsion de France tout en rigolant et en précisant qu’au Maroc on aime parler pour rire ! Y a t’il du vrai dans tout ça ou seulement le fantasme synthétique d’une culture télévisuelle à la bad boys ? Ils m’auront bien fait marrer en tout cas..!

Je ne saisis pas bien l’importance de la fin de l’année pour les marocains. J’ai bien remarqué une surproduction de gateaux à la crême et croisé un père Noël, mais je m’attendais tout de même à une autre ambiance dans les rues, à un peu de musique ou tout autre signe d’une ambiance festive… Mais non, comme tous les soirs, la medina retombe dans sa torpeur nocturne après la dernière prière. Tout ceci manque cruellement de cotillons et de serpentins ! Mais je ne m’en plains pas…