Jeudi 03 janvier 2013

0 km

Fnac Berbère

N 34°01,367' W 6°50,382'

10 m

Jour 96 – Fnac Berbère

Fanch : Fanchic nous devance, il part vers le sud, son visa Mauritanien en poche. Les adieux ne se prolongent pas, ils ont un air de déjà vu… et qui sait si nos chemins ne se croiserons pas une nouvelle fois, le monde est petit parait-il. Nous pourrions commencer notre séjour par une petite visite de la capitale marocaine mais il y plus urgent. C’est une journée pré-administrative qui s’annonce, il nous faut réunir les documents nécessaires aux demandes de visas mauritaniens. Demain on décolle à 7h00 pour plonger dans le grand bain, c’est notre première ambassade et d’après ce que j’ai entendu dire, l’ambiance n’y est pas hyper « funky »

Barth : C’est Fanchic qui nous réveille en tapant à la porte de notre chambre vers 8h00. Petit dèj au soleil durant lequel un retraité berbère de Tiznit nous fait la conversation, nous vantant les qualités de sa région d’origine que nous traverserons en partant vers le Sud. La troisième session d’adieux à Fanchic a lieu dans un cyber où nous prenons des nouvelles de nos potentiels couchsurfeurs… Rien de bien concret pour le moment.

C’est bizarre cette impression qu’on va se revoir dans pas longtemps Fanchic ! A Marrackech ou Essaouira, je le sens bien ! En tout cas merci pour ton boulot d’éclaireur, c’est plutôt agréable d’avoir une avant-garde qui nous repère tous les bons plans et qui attend qu’on arrive pour nous faire un rapport détaillé… Avant de redécoller à tire d’aile vers le soleil… Alors encore une fois, bonne route camarade ! Et bien vu le cyber des sénégalais, ils sont trop sympas et marrants !

La fin de la journée s’est passée dans le brouillard pour moi, coup de fatigue et coup de froid, avec le vent épuisant qui s’est levé sur la ville, je dois dormir un peu…

De Rabat, je n’ai vu que l’entrée de la ville et le petit bout de la medina qui entoure notre hôtel. Nous sommes dans la capitale économique et ça se sent. Le nombre de concessionnaires automobiles alignés le long de la nationale, d’enseignes françaises comme Carrefour, de villas ou de résidences cloturées, les routes fraichement goudronnées, le tramway… C’est bien ici que l’argent est investi en masse, sans doute au détriment du reste du Maroc, et particulièrement du sud. J’ai vraiment du mal à me dire que je ne suis pas en Europe… Déjà à Fès, l’effet était là. Mais il y avait là-bas une forme d’épaisseur dans l’identité culturelle de la ville que je devine pour le moment totalement diluée dans l’occidentalisation à Rabat. Ce n’est que le début de ce voyage, mais je suis déjà impressionné par les traces de la mondialisation culturelle et économique que j’observe…

Ce qui me touche le plus, sans doute parce que nous sommes concentrés là-dessus, c’est la présence d’internet et la façon dont on peut y accéder. Dans les villes importantes, on peut trouver des cafés avec la mention WIFI sur la vitrine et généralement une classe aisée armée de smartphones qui paye son thé au prix d’un repas. Ensuite, il y a le cyber center où généralement il est possible de connecter notre ordinateur directement sur le cable ethernet en payant le tarif horaire en vigueur, mais très compliqué d’obtenir une connexion wifi (parfois pratique et plus discret quand il s’agit juste de relever les mails ou de checker les couchsurfings depuis une tablette)… C’est souvent l’histoire d’un mec qui connaît le code d’accès mais qui est en déplacement aujourd’hui… No comment. Et pour finir, il y a ce que j’appellerais les micro-cyber, petites boutiques avec quatre ou six postes installés où on paye un peu ce qu’on veut et où le wifi est gratuit si tu as payé une connexion avant ! Pour un peu on serait presque dans une philosophie du Libre là…

Je ne suis pas totalement surpris de voir tout ça, mais je crois que ça me touche tout simplement de voir cette nouvelle culture commune qui fait partie du quotidien jusqu’au fin fond des médinas. Ici comme en France, le fossé générationnel numérique est palpable, les jeunes vivent sur Facebook sans se poser de question quand les plus anciens commencent à peine à comprendre le principe de l’interface clavier/souris/écran… Bref, je crois que je vais garder ce thème comme fil rouge dans l’écriture de ce journal de bord…