Vendredi 04 janvier 2013

0 km

Rabat

N 34°01,465' W 6°50,353'

8 m

Jour 97 – Rabat

Barth : Je n’ai pas vraiment fermé l’oeil de la nuit, entre les moustiques et une embrouille de marocains pas discrets qui aura bien duré deux heures, mais il faut tout de même se lever à 6h30 pour aller à l’ambassade. C’est l’aube, nous sommes une trentaine de personnes à attendre devant le petit local des visas de l’ambassade de Mauritanie. Il y a les habitués, résignés, qui traversent régulièrement la Mauritanie pour rejoindre le Sénégal ou le Mali, ceux qui ont déjà tenté leur chance la veille, plus remontés d’avoir eu à prendre une chambre d’hôtel pour patienter, et il y a nous, les bleus qui découvrons les trucs et astuces de cette supercherie administrative. On s’en sortira avec deux mois supplémentaires à payer, impossible de faire commencer nos visas début mars…

Le mauvais moment est passé, il faut attendre quatorze heure pour connaître le verdict. Nous retournons vers le centre ville accompagnés de Saïd, un saharoui adorable qui tient à nous simplifier la vie. Il est de passage à Rabat pour une demande de visa pour un proche et loge chez ses cousins. Nous buvons un thé dans un immense appartement et il nous indique ensuite une auberge de jeunesse où pour le même prix que l’hôtel, nous avons la douche chaude et la wifi en prime ! Après la nuit mouvementée de la veille, c’est tout vu. Nous débarrassons donc le plancher de l’hôtel d’Alger pour poser notre camp à l’auberge, et après avoir avalé un bissara nous retournons à l’ambassade. Cette fois dans la file d’attente, nous discutons avec deux français. Le premier descend régulièrement des voitures en Afrique et a pris en stop le second, Ilsen, photographe rejoignant l’école/atelier mobile de photographie « l’atelier nomade » en Côte d’ivoire. La rencontre entre deux ateliers nomades, il fallait le faire !

Une fois les visas en poche, sans complication finalement, nous filons vers l’école d’informatique Vinci que nous avions contacté par téléphone une bonne semaine avant. Nous sommes bien reçus, mais apprenons que le hackerspace qui nous intéressait est un projet ancien qui n’a pas vraiment vu le jour… Nous rencontrons le responsable de l’espace de co-working (cantine numérique en français) que l’école héberge. Il devrait contacter quelques étudiants avec qui nous pourrions discuter un peu… Affaire à suivre.

Après cette journée bien remplie, une bonne douche à l’auberge et un dîner dans la medina avec ses occupants, deux français, un canadien, un allemand à vélo, un indonésien, un tunisien…

Fanch : Nous émergeons de notre courte nuit devant le bureau des visas de l’ambassade mauritanienne. Il est 7h30 et déjà, plusieurs dizaines de personnes attendent avec appréhension leur passage devant l’unique guichetier (l’inquisiteur) dont l’amabilité est légendaire. Naïvement, je m’attendais au tapis rouge et aux Ferrero Rocher (j’exagère un peu), ma déception est de taille quand j’entrevois le triste bureau ouvert sur la rue et ses 3 mètres carré destinés à accueillir le visiteur. Une simple fiche à remplir que nous achetons 10 dirham à 2 sénégalais nous évite de faire une heure et demi de queue afin d’obtenir le document vierge et de se retaper une deuxième et même fil d’attente un fois cette feuille ajourée. On patiente.

C’est mon tour, je m’avance timidement mais avec mon plus grand sourire espérant amadouer mon interlocuteur, je lui tend le fameux papier (toujours en souriant bien sur), il le regarde rapidement, le tourne, le retourne avant de le déposer bruyamment en tapant de la paume de sa main le vieux guichet et de me dire :

 » – C’est pas bon...
– Qu’est ce qui ne va pas?
– C’est pas bon je vous dis.
– Mais si vous ne me dites rien d’autre, je ne peux pas corriger…
– Le visa, c’est pas bon.
– Hein!?
– La date n’est pas bonne, il faut demander un visa de trois mois.
– Mais nous ne serons en Mauritanie que d’ici deux m…
– AU SUIVANT ! « 

Ok… on doit prendre un visa pour 90 jours alors que nous n’y resterons pas plus d’un mois. On paye le prix fort mais il semble que nous n’ayons guère le choix. Après plusieurs tentatives, le guichetier fini par accepter nos passeport que nous reviendrons récupérer en milieu d’après midi, tamponné, je l’espère.
Début de matinée difficile donc, mais nous rencontrons (devant l’office des visas) Saïd le sahraoui qui nous propose de fêter notre rencontre autour d’un thé, dans l’appartement familial (d’après ce que j’ai compris). Cette invitation sonne comme une trêve administrative.

Après une nouvelle heure d’attente devant l’ambassade, les passeport retournent à leur propriétaires, avec le visas mauritanien. Soulagement. On enchaîne en fonçant vers l’école supérieur d’ingénieurie informatique que nous avions contactée quinze jours auparavant. Nous y sommes très bien reçu et un enseignant responsable de l’espace de co-working nous promet d’envoyer un e-mail aux élèves de l’école afin que nous les rencontrions prochainement.
Grosse journée, pas très drôle, mais productive.