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Trois ans autour du monde en vélos couchés

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Le voyage est avant tout un choix de vie. Le choix de vivre une aventure et d’écouter notre désir de découverte, d’expériences, de rencontres et de partage.

C’est dans cet état d’esprit que nous entreprenons de faire un tour du monde en vélos couchés, avec une autonomie matérielle et un équipement spécialisé afin de réaliser différentes recherches et expérimentations.

L’idée du voyage

Depuis bien longtemps, nous désirons l’un comme l’autre, ressentir, éprouver physiquement notre planète et ses paysages, rencontrer ses habitants et goûter leurs cultures. Le voyage nous a été proposé par notre éducation et nous faisons le choix de l’expérimenter aujourd’hui.

En tant qu’artistes, nous aspirons à questionner le monde et notre relation entretenue avec lui. La mobilité comme contexte créatif est la voie que nous choisissons d’emprunter, pour qu’à chaque virage s’annonce une découverte inattendue, un nouveau questionnement susceptible d’être développé, détourné et partagé. Le voyage se trouve donc au cœur de notre démarche.

En provoquant des épisodes d’isolement par rapport à notre culture, nos repères ou nos préjugés, nous laissons alors plus de place à l’influence d’un lieu, d’une situation, d’un comportement, d’un objet ou d’un événement.

Le nomadisme est générateur d’idées, il induit le goût prononcé de la surprise, de l’étonnement et de l’improvisation. Un des objectifs du voyage est donc de nous mettre en situation de création spontanée, afin que chacune de nos interventions devienne un atelier/laboratoire où l’on travaille, réfléchit, pense « sous influence ».

Trois années en vélos couchés

Le vélo accorde plus d’autonomie que la marche à pied, particulièrement en ce qui concerne le volume de bagages pouvant être transportés. En comparaison avec une solution motorisée, il est silencieux, écologique, économique, et sa vitesse modérée permet de rester attentif aux événements extérieurs, facilitant ainsi les rencontres et échanges humains.
Le choix des vélos couchés permet également une plus grande attention, puisqu’ils orientent naturellement le regard vers l’horizon… (Vous trouverez plus de détails sur le choix de nos vélos dans la rubrique « matériel »)

Prendre du temps pour être à l’écoute de notre environnement et de notre corps sont pour nous, les conditions sine qua non afin d’appréhender les différents changements et évolutions culturels au fil des kilomètres. C’est pour cette raison que nous nous donnons trois années pour réaliser ce périple. Dans ce contexte, le vélo est un moyen de changer notre rapport au temps, de prendre la mesure du monde kilomètre après kilomètre et de s’initier progressivement aux différentes cultures que nous allons croiser.

Partir pour une si longue durée implique aussi une rupture avec notre mode de vie actuel, un éloignement des proches, la mise en attente de certains projets, l’abandon de dépendances matérielles ou affectives… Mais, c’est en ce point paradoxal que réside la raison de ce choix, car ce temps est l’élément essentiel pour une approche de notre monde à échelle humaine.

Changer de mode de vie

Le voyage est aussi une aspiration concrète à changer de mode de vie. Si partir implique de quitter un mode de vie familier, un confort matériel, des habitudes, il s’agit aussi et surtout d’en inventer un nouveau. Compter l’eau, l’energie électrique, la nourriture (source d’énergie mécanique pour faire avancer nos vélos), s’adapter à des contraintes variables, parfois extrêmes… Autant de comportements nouveaux qu’il nous faudra appréhender et perfectionner. De cette préoccupation découle notre principal axe de recherche : le Système D.

Dans un monde qui semble saturé de problèmes globaux, nous faisons le pari qu’il existe autant de solutions locales, qui gagneraient à être connues, diffusées et appliquées. En tant que voyageurs, nous serons directement confrontés, à notre échelle, à des questions en lien avec les principaux enjeux planétaires qui se posent aujourd’hui, telles que la gestion de l’eau, de l’énergie, le respect de la biodiversité, la mise en place d’un mode de vie durable…

Cette expérience quotidienne n’aura de véritable sens que si elle est partagée. Nous publierons donc régulièrement sur ce site le témoignage de nos rencontres, de nos découvertes et de nos réflexions.
Comme acteurs et premiers témoins de cette aventure, nous nous faisons un devoir de la rendre accessible à celles et ceux qui partagent notre curiosité et qui voudraient suivre les mêmes pistes.

A notre retour, nous envisageons toutes les formes possibles pour diffuser nos recherches à un public le plus large possible. Les photographies, dessins et réflexions écrites que nous allons ramener pourraient prendre la forme d’une édition. Nous pensons également réaliser un (ou plusieurs) documentaire(s) vidéo sur notre aventure, nos interventions artistiques, et nos recherches. Les images et sons captés, les pistes de travail dégagées, viendront alimenter de futurs projets d’expositions, de workshops ou autres ateliers de création.