Laboratoire de recherche sur les «Objets libres»
GeocyclabRubriqueAu fil de notre expédition, nous entreprenons un travail de recherche et de reflexion autour des notions de Système D, d’Open Source et d’Objet libre que nous pourrons découvrir et expérimenter directement sur le terrain.
En adoptant une posture d’artistes/chercheurs, nous utiliserons notre atelier/laboratoire mobile pour référencer, décrire, et diffuser librement les plans de dispositifs de facture artisanale susceptibles d’améliorer le quotidien de chacun.
L’univers du libre
La révolution numérique conjuguée aux différentes crises économiques, voit l’émergence d’une pensée du « libre » qui s’exprime essentiellement par l’apparition des licences libres (Open Source, Open Data, Creative Commons, GNU GPL, Copyleft) et des champs de création qui en découlent : culture libre, art libre, œuvre libre, logiciel libre, musique libre matériel libre…
Le « libre » implique une diffusion gratuite du (ou des) savoir(s) permettant la production d’outils réels ou virtuels, ce qui remet sérieusement en question le principe de la propriété intellectuelle. Il en découle l’émergence d’un nouveau modèle économique basé sur le partage des connaissances, et qui commence à s’appliquer à la production matérielle d’objets.
L’apparition de ces Objets libres (RepRap, Arduino, OScar, Openmoko, OSWash…) se révèle être une alternative à l’industrie de masse, aux technologies périssables causées par l’usure volontaire et prématurée des produits (obsolescence programmée) et devient par son accessibilité de plus en plus poussée, un gain en autonomie pour chacun.
Appréhender le matériel ou l’Objet libre, c’est appréhender la possibilité de devenir sa propre usine, son propre fabricant d’objets, en se libérant des contraintes de la production en masse, de la sur-consommation, de la distribution, de la publicité, de l’avant et après vente… Tout ceci attire notre attention dans le cadre de notre voyage et constitue notre principal thème de recherches.
Collection d’objets libres
Les Objets libres existent depuis bien longtemps partout dans le monde sous la forme de Systèmes D, et ne demandent qu’à être diffusés et partagés pour obtenir leur statut de « libre ». Vouloir rendre libre des Systèmes D en les partageant, nécessite un travail de collecte, d’analyse, de description et de diffusion Open Source des données collectées.
Cette quête (ou enquête) au fil du voyage est pour nous une façon de comprendre les besoins réels des personnes rencontrées sur notre route, de nous immerger dans leur quotidien en mettant de coté nos repères culturels. Mettre un objet en question entre les habitants du monde et nous permet « d’impartialiser » cette relation…
Une édition web sera réalisée durant le voyage, diffusée sur ce site sous la forme d’une publication régulière de plans, photos et vidéos des Systèmes D et Objets libres que nous rencontrerons. A notre retour de voyage, cette collection d’objets libres sera publiée sous la forme d’une ou plusieurs éditions, et viendra nourrir différents projets d’expositions, de workshops…
La finalité de ce travail étant le partage, le libre accès et la gratuité des données, l’internaute devient ainsi libre de télécharger, d’utiliser, de copier, d’imprimer, de distribuer, d’étudier, de partager, de changer et d’améliorer un dispositif sans payer de droit de licence, à condition d’en faire un usage non-commercial.
Exemple de « Système D / Objet libre » : un brûleur à alcool pressurisé


Le laboratoire mobile
Pour mener à bien notre recherche sur les objet libres, nous avons imaginé un laboratoire mobile intégré à nos vélos dont voici une première version :
Des outils libres
Ordinateur :
Sur le terrain, notre ordinateur de bord sera équipé d’une version Ubuntu de Linux, le fameux système d’exploitation Open Source qui nous permettra d’utiliser divers logiciels libres (Gimp pour le traitement d’images, Blender pour l’animation et la 3D…).
Logiciels :
Pour pour aller plus loin, il nous paraît judicieux d’installer ce même Linux sur deux clés USB bootables (amorçables en traduction française). Ce type d’installation permet de lancer notre version personnalisée d’Unbuntu sur n’importe quel ordinateur sans risquer d’endommager les données pré-existantes. Nous pourrons ainsi travailler sur d’autres ordinateurs, et surtout nous serons en mesure de partager avec les intéressés un réel outil de travail Open Source.
Site Web :
D’autre part, nous avons choisi de construire notre site avec un outil Open Source qui a fait ses preuves : WordPress. L’utilisation de cet outil puissant, simple à utiliser et gratuit est un paramètre important pour assurer la diffusion régulière de nos recherches, et une occasion supplémentaire de promouvoir un outil libre.
Centrale électronique :
Pour donner aux Objets libres une réelle place dans notre quotidien de voyageurs, nous allons concevoir un boîtier de commandes électronique fonctionnant grâce au système libre Arduino, et permettant de contrôler une grande quantité de capteurs ou machines.
Ce système se compose d’une carte Arduino, d’un shield GPS + SD (mémoire) et d’un Gadget shield, qui une fois assemblés forment une espèce de « sandwich numérico-électronique Open Source » capable d’interagir avec le monde réel.



Ce dispositif s’installe dans un boitier étanche positionné à l’arrière du vélo, à proximité de la batterie qui l’alimente continuellement en électricité (via le port USB).
Pour plus de polyvalence, ce boitier est amovible afin de pouvoir l’utiliser lors de diverses installations, performances, ou à l’occasion d’ateliers.
Quel sont les intérêts de partir avec un système embarqué Arduino ?
- Un (peu) plus de sécurité avec la programmation d’une alarme antivol pour nos vélo ou d’un générateur d’ultrason pour éloigner les chiens dangereux.
- Un outil de travail avec l’enregistrement automatique de données à intervalles précises (position géographique , vitesse, altitude, température, date et heure) afin d’établir plusieurs types relevés. S’il est relier à un appareil photo numérique, la prise et la numérotation automatique de photos(ex: une photo par kilomètre).
- Un peu de confort, avec la programmation de la charge de nos différentes batteries ou de l’éclairage de nos vélos et du campement.


